‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 21 sur 151 · A MONSEIGNEUR LE DUC DE LA TRÉMOUILLE · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE DUC DE LA TRÉMOUILLE

Monseigneur, j'ai trouvé moyen de multiplier vos bienfaits, et de faire que vous me pourrez donner encore une chanoinie. M"^^ la duchesse d'Aiguillon, touchée peut-être par votre exemple, a voulu m'obliger comme vous, et mon neveu, que vous avez fait chanoine de Laval, a été fait par elle grand vicaire de Notre-Dame : moyennant quoi, il s'est résolu de résigner son bénéfice de Laval à un autre de mes neveux, s'il apprend que vous l'ayez agréable. J'espère, monseigneur, qu'avec la même bonté que vous m'avez fait la première grâce, vous m'accorderez cette seconde, et il vous a plu de m'obliger si généreusement, que j'espère que vous me témoignerez en ce rencontre la continuation de votre bonne volonté. Ce dernier neveu, en faveur duquel je vous fais cette supplication très-humble, est bachelier de Sorbonne, assez savant et fort studieux. De sorte que selon que je connois votre goût, et que je sais que vous faites cas des gens de lettres, je crois que dans la solitude de la campagne, celui-ci pourra servir quelquefois à votre entretien quand vous voudrez relâcher votre esprit. Pour moi, monseigneur, il n'y a rien que je désire tant que d'avoir de nouvelles obligations à une personne que j'honore et (|ue je l'especte autant que vous ;

AU DUC f)K LA TKKMOIILLK (1646). 'X)

et je souhailerois de bon cœur que tous les biens que la fortune me voudra faire, ne me vinssent jamais que par vos mains. Si je suis reconnoissanl, ou non, de ceux que j'ai déjà reçus de vous, je ne le dirai pas. Toute la cour vous le pourra dire, n'y ayant plus personne qui ne sache la bonté et la libéralité avec laquelle il vous a plu de m'obliger, et la profession publique que je fais en toutes sortes d'occasions d'être, monseigneur, votre, etc.

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