‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 33 sur 151 · A MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR

Monseigneur, quand vous seriez sorti de Paris pour une occasion qui vous eut été agréable et qui eût importé à vos plaisirs ou à votre gloire, je crois que je n'eusse pas laissé d'en être marri, et de m'opposer en cela à vos intérêts. Mais votre éloignement ayant eu une cause si malheureuse et si étrange que celle qu'il a, je puis dire qu'il ne pouvoit rien arriver qui m'affligeât davantage, et que la fortune ne pouvoit rien faire qui me parût plus injuste ni plus difficile à souffrir. Puisque cela a ici troublé les plaisirs de tout le monde, et que ce désastre a été sensible à tant de gens qui vous sont moins obligés que moi, je pense, monseigneur, que vous me faites bien l'honneur de ne douter pas que je n'en aie tout le ressentiment que je dois, et qu'il nest pas besoin que je vous l'écrivisse pour vous le faire croire. Néanmoins j-ai cru qu'il éloit de mon devoir de vous en rendre ce témoignage, et il m'a semblé que je recevrois quelque soulagement , de vous assurer qu'il n'y a personne au

' J'ai rejeté exprès à la fin de la correspondance unecouple de lettres, dont je n'ai pu découvrir ni la dale, ni les destinataires ; néanmoins je croirais celle-ci adressée au cardinal de la Valette, à l'occasion de la disgrâce de son frère aîné, condamné à mort par contumace, en 1638. Elle est transcrite sur lacopie deConrart, p. 796.

(i8 LETTRES DE VOITURE.

monde qui prenne plus de part à vos plaisirs, ni qui soit plus véritablement que moi votre, etc.

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