‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 32 sur 151 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

[A Paris, le .... i647.]

Vous ne me pouvez pas mieux témoigner la bonne assiette oîi est votre âme, qu'en m'écrivant une lettre comme celle que je viens de recevoir'. Elle semble puisée medio de fonte leporum, tant elle est agréable, et il est aisé de voir que cela part d'un esprit serein et d'une source tranquille. En vérité, monseigneur, rien ne vous pouvoit faire tant d'honneur dans mon esprit que de voir qu'en l'état où sont vos affaires, vous sachiez rire de la sorte. Cela s'appelle/rwi Diis iratis, et fortunœ minaci mandare laqueum. Vous souvient-il du temps que vous lui bâtissiez un temple en six beaux vers? Vous êtes bien revenu de cette idolâtrie, et vous vous savez bien moquer d'elle à cette heure. Je crois pourtant que pour ce coup elle

' Cette lettre ne se trouve pas &ur ia copie de Conrarl.

ne VOUS fera que des menaces. Ceux qui connoissent la cour disent que l'on ne voudra pas s'exposer à l'envie que l'on encourroit en traitant mal un homme qui, au jugement de tout le monde, a bien mérité de la France. M^*^ de Longueville m'a fait l'honneur de me montrer la lettre que vous lui avez écrite. Je l'ai trouvée belle, belle parfaitement. Sans mentir, monseigneur, de tous les beaux esprits, de tous ceux qui artem tractant musicam, il n'y en a point qui l'entende si bien que vous. Je suis ravi que

mes vers ne vous aient pas déplu '

Je reçois, au reste, votre deferbuisse ^ Mon Térence n'est pas si correct que le vôtre, ni moi si correct que vous. Mais pourquoi voulez-vous que je vous écrive désormais une fois le mois? Ne vous suffit-il pas d'être servi par quartier? Employez-moi donc à quelque chose pour vos affaires et me donnez malièrp de vous entretenir. Autrement, mes lettres n'auront que la peau et les os. Elles seront sèches et courtes. Je vous obéirai néanmoins, et quand je ne le ferois pas pour tant d'obligations que je vous ai, je le ferois pour votre parenthèse de M. Voiture d'Amiens. Ego enim (exisiimes lied quod lubet ) vnirifice capior facetiis. Moriar, si prœter te quemqiiam habeo, in quo

' UÉpUre à M. le Prince qu'il lui avait envoyée. Voyez la iellre précédente.

' Sans doute d'Avaux avait fait cette correction au passage de Térence, cité par Voilure, dans la lettre qui précède (voyez p. 63) :

Sperabamjam de fer visse.,...

En effet, les éditions de Térence portent également defervisse et et deferbuis9€.

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