A MADAME
C'est sans doute une menace, et qui étonneroit un plus résolu que moi; mais tant que vous me menacerez de la sorte, j'avoue que je ne saurois vous craindre, et je serai assez hardi pour me trouver après dîner où vous commandez, quelque malheur qui m'en puisse arriver. Je sais bien que votre logis n'est pas un lieu de sûreté pour moi , et que sous l'ombre de l'amitié que vous me faites l'honneur de me promettre, il n'y a personne aujourd'hui de qui je doive craindre tant de mal que de vous ; mais au moins souvenez-vous, s'il vous plaît, de ne me laisser pas souffrir trop longtemps. Si vous voulez devenir bonne, comme vous dites, commencez à l'être en celle occasion. Et sans mentir, l'obéissance aveugle que je vous rends vous y
' ^fss. deConrart, p. i85.
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oblige eu quelque sorte , et la Irauchise avec laquelle vous voyez que je me remets entre vos mains. Quoique je connoisse bien à quoi vous nie destinez, je veux néanmoins rendre contente, tant qu'il me sera possible, la personne que vous désirez qui le soit à mes dépens, et je vous promets que je tiendrai son affection secrète, et sans en tirer aucune vanité; mais je ne sais si je me pourrai taire de votre confidence.