‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 71 sur 151 · I.RTTRES AMOIREUSKS. Î · texte numérisé non relu

I.RTTRES AMOIREUSKS. Î

couleurs dans toutes les peintures pour représenter celle que la tristesse m'avoit donnée, et je ne vois pas «piMI y eût apparence de peindre au vif un liomme (jui éloit plus que demi mort. Vous en eussiez trouve un autre que celui que vous aviez vu si content auprès de vous; et si Ton m'eut bien peint, vous ne m'eussiez pas reconnu ; car à moi-môme je n'élois pas reconnoissable, et à peine pouvois-je passer pour une mauvaise copie de celui que j'étois il y a quelque temps. Mais j'espère que bientôt vous me verrez plus riant et plus gai : car je commence à me rasséréner le visage, et si le peintre n'y oublie rien, vous y verrez une espérance de vous aller trouver bientôt après mon portrait. Disposez-vous aussi de me recevoir plus gaiement, et que les recommandations de la demoiselle au bon esprit ne vous en empêchent pas, si vous jouissez encore du vôtre. Je ne lui envoyai pas mes baise-mains, mais je vous renvoyai ceux qu'elle m'avoit faits par trois différentes personnes; et je ne l'eusse pas entrepris, si je n'eusse craint de vous offenser, en retenant quelque chose d'elle. Encore en eussiez-vous été avertie, si je n'eusse eu peur de vous ennuyer un quart d'heure par un fâcheux ressouvenir comme celui-là ; et la même considération qui vous a empêchée de me dire cette autre nouvelle , que j'ai sue d'ailleurs, m'a fait taire de celle-ci. Mais puisque nous savons tout l'un de l'autre, et que le mauvais démon qui nous sépare veut encore nous rendre présentes toutes celles de nos actions qui nous peuvent offenser, je vous prie , trompons sa malice , et le prévenons en cela, f.os choses auront un tout autre visage, quand n. 10

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nous les saurons par nous-mêmes, ot pour moi je vous jure qu'il no m'échappera jamais rien qui en apparence vous puisse fâcher, dont aussitôt je ne me confesse à vous. Promettez-moi le même, je vous prie, et me dites comment vous avez pu savoir que j'eusse fait des recommandations à personne, et par quel chemin vous avez trouvé celui qui m'avoit appris les nouvelles dont je me suis plaint à vous : car, sans mentir, j'en suis en peine. Pour moi, je crois que vous avez quelque génie auprès de moi , qui vous donne avis de ce qui s'y passe; mais puisqu'il vous dit tout, demandez-lui si je vous aime, et qu'il vous dise combien de fois je soupire tous les jours pour vous.

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