AU COMTE DE GUICEÏE
à la cour avec une lettre de recommandation pour vous de M***, a cru avoir besoin que je vous le re ommandasse, et moi qui suis vain, j'ai mieux aimé me résoudre de l'entreprendre que de lui dire que je ne l'osois faire. C'est, en vérité, monsieur, im des plus aimables hommes du monde, qui a l'âme et l'esprit faits comme vous les aimez, fort bon, fort sage, fort savant, grand théologien et grand philosophe. Il n'est pas pourtant de ceux qui méprisent les richesses, et parce qu'il est assuré qu'il en saura bien user, il ne sera pas fâché d'obtenir une abbaye, pour laquelle M^ie d'Aiguillon écrit pour lui à M. le Cardinal. Cela dépendra de son Éminence. Mais il dépendra de vous de lui faire un bon accueil, et c'est tout ce qu'il en désire. Après les choses que je vous viens dire de lui, je pense qu'il est bien inutile d'ajouter la très-humble supplication que je vous fais ici en sa faveur; et je n'en use ainsi qu'à cause qu'il le désire et que j'ai accoutumé de faire tout ce qu'il veut. Mais, monsieur, vous ayant parlé de ses intérêts, je crois que les règles de l'amitié ne me défendent pas de songer aux miens, et de vous supplier très-humblement de me faire l'honneur de m'airner toujours et de croire que je suis, votre, etc.