X DE LA VIE ET DES OUVKAC.ES
fju'tfn jour, c'est Tallemant qui raconte ^ étant venu voir M"* de Chalais qui était auprès de M"^ de Kerveno , il en voulut conter à celle-ci qui n'avait que douze ans. M"« de Chalais Ten empêcha; mais elle Ten laissa dire tout son soûl à la cadette, qui n'en avait que sept. Ensuite elle lui dit : « Il y a encore une fille là-bas, dites lui un mot en passant. »
On le laissait dire, persuadé que cela n'avait rien de dangereux. Nous savons, sur la foi de Ménage, qu a l'hôtel de Rambouillet il n'y avait que de la galanterie et point d'amour. Ce n'est pas qu'on n'en parlât beaucoup, même on ne parlait guère d'autre chose ; mais on se contentait d'en parler. On voyageait à petites journées dans ce royaume de Tendre dont M"^ de Scudéri n'avait pas encore donné la carte, et sans aller plus loin que Tendre-sur-Estime, Tendresur-Reconnaissance ou Tendre -sur- Inclination. Rarement on se hasardait sur la mer Dangereuse. Et si quelques couples, plus hardis, avaient pénétré jusqu'aux Terres Inconnues, au contraire des autres navigateurs, ils se taisaient sur leurs découvertes^
Voiture , dans une lettre à M"" Paulet, dit, en parlant de M"^ de Rambouillet, depuis M"ie de Montausier : « Il n'y a jamais eu une dame qui ait si bien entendu la galanterie, ni si mal entendu les galants. » Il se souvenait de ce jour où, lui donnant la main pour nwnter un degré, il voulut s'émanciper de lui baiser le bras, et de \â disgrâce où il avait été pour s'être permis une telle hardiesse ; et s'il parle désormais de feux, de flèches et de cœurs navrés, chacun sait ee qu'il faut entendre là-dessous. « Vous aurez de la peine à comprendre cette énigme, écrit-il à M»^ Paulet, si vous ne vous souvenez pas que j'ai accoutumé de parler un peu d'amour dans toutes mes lettres. » Il dit ailleurs : « Après avoir écrit cette lettre, il m'a semblé qu'il y avait cinq ou six dragmes d'amour; mais il y a si longtemps que je n'en ai parlé, que je n'ai pu m'en retenir; et puis je suis si petit, que vous savez bien qu'il n'y a pas de danger en moi. » Mlle Paulet fut pendant longtemps une de ses correspon-