A MADAME [dE SAINTOT
(lucdite.)
Je ne vous écrirai point pour aujourd'hui, et je vous
' Var. Mo'e d'Aiguillon (C. ) : car c'esl chez elle à Ruel que se faisait la partie.
' Mis. de Conrart, in-4, t. XIV, p^ 480.
avertis que vous n'aurez plus de mes lettres, si vous ne m'en envoyez des vôtres. Je les aime trop depuis quelque temps pour m'en pouvoir passer, et à cette heure que vous avez la réputation de bien écrire , il vous faut résoudre à la maintenir et à n'être plus paresseuse. Vous devriez bien avoir la bonté de m'écrire un mot aujourd'hui, après la méchanceté que vous me fîtes hier, et vous êtes, ce me semble, obligée de me consoler dans les alarmes où vous devez croire que je suis. Vous me pourrez contenter assez aisément, puisque je ne demande de vous que du papier, et si vous recevez les offres que vous a faites M'^® de Bourbon , vous n'en serez pas quitte à si bon compte. Toutefois , à le bien considérer, je demande davantage que cet autre là ne feroit; et pour ceux qui s'y connoissenl fort bien, je vous assure, madame, que vos lettres valent mieux que vos prières. Au reste, si l'avarice ne vous retient, vous ne devez pas refuser ce qui se présente à vous ; c'est sans doute un homme de mérite et de grand prix, s'il y en a en France ; mais si vous aimez vos pendants d'oreille, n'écoutez rien de tout cela, et tenez-vous en à moi, si vous voulez le bon marché.