A MADAME ÛÉ SAIXTOT
[A Paris, .... 1636.]
Je suis au désespoir de ne pouvoir me promener avec vous. Mais madame la Princesse et M"'<^de La Trémouille' me commandèrent hier d'aller à Ruel avec
* Il demanda à M^^e je Rambouillet comment il éloit fait; elle fit la d«'8ciiplion qu'il mil iii (T.).
* Mss. de Courari, p. 513.
^ Belle-mère de M"^*" la Princesse.
A MADAME UË SAINTOT (1636). 203
elles. Puisque vous vous promenez tous les jours, faitès*nioi, demain ou après dema'n, l'honneur que vous m'offrez à celte heure. En récompense je vous laissérai disposer" de moi comme il vous plaira. Vous n'en sauriez pas user plus librement qUé vous faites, de n^e donner de la sorte à qui il vous plaît. Il faut que vous gardiez quelque chose d'excellent pour vous, puisque vous faites de ces présents à vos amies; mais si elles sont belles comme vous dites, laissez-moi seul à une d'elles et ne me mettez point en deux. Si je m'y pouvois mettre, je le ferois à cette heure, pour aller à Ruel, et pour allir avec vous, et je vous assure que vous auriez la meilleure part. L'avis que vous m'avez donné fera q' e je m'ennuierai avec M™<^ [la Princesse], M''*^ [de La Trémouille'] et M"e [de Hamboui'-letJ. Faites, s'il vous plaît, des compliments bien passionnés pour moi aux dames à qui vous m'avez donné. Je voudrois que ^jme [clLpijiay] en fût une : car, sans mentir, je la trouvai l'autre jour bien à mon gré. Mais voyez, je vous prie, le pouvoir que vous avez sur moi. Quoique je ne les connoisse point, je sons déjà quelque inclination pour elles, et bien que je n'aie jamais aimé deux personnes à la fois, je vois bien que je ferai tout ce que vous voudrez.