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RÈGLES NÉCESSAIRES POUR LES AXIOMES

Ne formuler en axiomes que des choses parfaitement évidentes. RÈGLE NÉCESSAIRE POUR LES DÉMONSTRATIONS.

Prouver Loutes les propositions, en n'employant à leurs preuves que des axiomes très-évidents par eux-mêmes ou des propositions déjà démontrées ou accordées.

N'abuser jamais de l'équivoque des termes, et pour cela ne manquer jamais de leur substituer au moins mentalement les définitions qui les restreignent et les expliquent.

Ces règles de Pascal, une fois présentes à la pensée, quel dialecticien habile pourrait nous tromper ? Que deviendraient les équivoques, les termes obscurs, les définitions absurdes, Pascal à la main!

L'esprit sans défiance se laisse facilement tromper.

On demandait à Thucydide s’il était plus fort à la lutte que Périclès :

« La chose serait difficile, répondit-il, car, lorsque je l'ai jeté à terre, il persuade à ceux qui nous regardent qu'il n'est pas tombé, et j'ai Lort. »

Un orateur ou un écrivain sait, quand il lui plaît, prouver tout ce qu'il veut, en se plaçant au point de vue de ses propres définitions.

Si la définition du mot héroïsme est pour vous ce qu'est pour moi la définition du mot folie, vous me prouverez qu'un héros n'est pas un homme sensé.

Si la définition du mot richesse est pour vous ce qu'est pour moi la défi-*

nition du mot superfluilé, vous me prouverez que la richesse est nuisible à notre existence.

Si la définition du mot beau esl pour vous ce qu'est pour moi la définition du mot laid, vous me prouverez que ce qui me charme par sa beauté est chose affreuse et repoussante.

On peut tout prouver,

Tout !

On ne peut rien prouver,

Rien!

D'une.

ee

RE —T = f

5 me, R F dép

Je vous prouve que deux et deux font quatre, c'est bien : mais, pour peu que vous Soyez opiniâlre dans la discussion, vous évoquez le Système pyrrhonien el vous dites :

« Prouvez-moi que deux et quatre existent.

« Prouvez-moi que lout ee qui nous environne existe. Prouvez-moi que J'exisle, prouvez-moi que vous existez. »

On peut tout prouver, tout! On ne peut rien prouver, rien! Je le répète. Cet axiome est connu de tout le monde. Nous voyons cependant des hommes d'esprit monter à une tribune avec celle innocente pensée qu'ils pourront sans difficultés convaincre leurs adversaires.

Si deux magiciens cherchaient à se surprendre lun l’autre au moyen des mêmes secrels, que dirions-nous

Nos héros de tribune sont iniliés aux mêmes mystères, el pourtant ces messieurs savent se regarder sans rire !

D'honneur, les augures romains élaient moins naïfs! Avant loule discussion, je voudrais que l’on fit un examen ainsi coneu : La discussion est-elle à finale possible ou non? Si elle est à finale possible, discutons.

Si elle est à finale impossible, ne diseutons point.

Il est peu de diseussions où la mauvaise foi, l'amour-propre el les ruses oraloires ne jouent un très-grand rôle.

Souvent aussi la plupart des discussions finissent par ces paroles :

— «Je Soutiens, monsieur, que j'ai parfailement raison : je vous l'ai prouvé.

— El moi, monsieur, je soutiens que vous avez parfaitement Lort : je vous l'ai prouvé. »

Parfois, de part et d'autre, les adversaires se portent des défis gigantesques.

Mais qu'en sôrt-il souvent ?

Du vent.

Celle indifférence, cette mollesse, celle lâcheté, avec laquelle les hommes en général abandonnent une discussion. n'est-elle pas nuisible aux progrès des lumières

Je voudrais que tous les hommes convaincus missent le plus grand acharnement à prouver ce qu'ils ont avancé, sans jamais se laisser décourager, soit par des difficultés matérielles, soil par l'éloquence où l'opiniilrelé d'adversaires entêt

S'il ne faut qu'un grain de sable d'une certaine nuance pour prouver la vérité de votre assertion, allez le chercher, fül-ce même au fond de la mer,

Jai été souvent témoin des discussions les plus animées, el voici ce que Jai remarqué

Les hommes qui emploient les ruses oratoires l'emportent presque tou- Jours sur ceux qui ne les connaissent point.

Pour obvier à ect inconvénient, je dirai aux viclimes de ces ruses : « Appelez à votre secours une parole exercée qui soit en cette circonstance comme votre avocal. »

Mais voici qui est infiniment meilleur : un moyen simple, facile, commode, à l'usage de ceux qui aiment à discuter. Ce moyen rend les parties égales au point de vue de l'attaque et de la défense, anéantit les sublilités ‘des beaux parleurs et fait arriver promptement à la découverte de la vérité.

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