OUTRE
UN
te
amour, ambition, plaisir, honneur, ete.,
adressez-lui hardiment cette apostrophe :
«Je vous défie de me prouver ce que vous avancez. »
Le diable à trouvé moyen de tout embrouiller dans le monde ; ce moyen, le voici :
Il nous à placé à tous des lunettes invisibles sur le nez; à celui-ci des luneltes roug jaunes.
S, à celui-là des lunettes noires, à cel autre des lunettes
Les mêmes objets se voient en rouge, en noir, en jaune, se voient de Loutes les couleurs.
De là naissent, dans les arts, ces Opinions si diverses: de là, les indécisions, les Lâtonnements ; de là, cette éternelle confusion dans l'appréciation
du beau.
La diversité de nos idées est un éternel obstacle à l'accomplissement des grandes choses.
Pourquoi le malin esprit nous permel-il de rester parfaitement d'accord sur de certaines vérités ?
Le lemps qui passe, la faim qui nous poursuit, la mort qui nous attend sont d'affreuses vérités que tout le monde reconnaît sans discussion.
Chose singulière! toute vérité tenant du chiffre est incontestable. Ainsi, vous me dites : « Le beau, c'est le laid; » mais vous n'osez me dire : « Deux et deux ne font point quatre, »
Nos différentes manières de voir, les discussions qui en sont les conséquences sont une des choses les plus plaisantes d'ici-bas.
Nous voyons parmi les hommes, même les plus sages, des discussions acharnées, interminables ; la raison en es que ces hommes sages oublient de réfléchir à ceci :
Il est une foule de choses diversement définies dans la pensée de chacun, une foule de choses dont nos goûts, nos penchants, nos passions enfin sont les seuls appréciateurs.
On ne peut prouver à un homme qu'il ne sent pas ce qu'il sent, ne voit pas ce qu'il voit, n'entend pas ce qu'il entend.
Pascal, dans son Art de persuader, dit : « Accordez-vous sur la définition des termes avant de discuter. »
Quoique les règles de Pascal soient très-connues, il n’est peut-être pas hors de propos d'en rappeler ici quelques-unes.