‹ Œuvres littérairesChapitre 178 sur 262 · DES RÈGLES DU BEAU · texte numérisé non relu

DES RÈGLES DU BEAU

Le beau ne peut avoir de règles. — Il est impossible, dit-on, d'établir des règles fixes sur le beau. —Chaeun sent différemment

le beau, dit-on encore, donc impossible d'établir des règles. Sans qu'un seul homme se soit avisé, depuis des siècles que cela se répète, de réfléchir un instant sur les causes qui produisent en nous le sentiment du plaisir dû à l'aspect de certaine forme, de certaines couleurs.

A ces objections nous répondons :

Î n’est point d'effet sans cause; tout a des lois dans la nature.

Cette seule réflexion eût dû arrêter court ceux qui affirment, avec une sorte d'entêtement, que le beau est une chose qui se sent et ne peut s'expliquer.

Voici ce qui prouve encore que l’on peut établir des règles sur le beau :

Y a-t-il deux choses, dans la nature, parfaitement égales de couleur où de forme? — Non. — Donc, il y a toujours une chose préférable à l'autre.

Le beau n'a point de règles, parce que personne n'a songé à en établir. Chacun sent différemment le beau, parce que l'on est bien forcé d'apporter ses appréciations individuelles là où l'enscignement nous manque.

L'appréciation du beau est une science qu'on ne possède point d'instinet ; c'est une science qui doit être enseignée.

Le Nègre ne trouve beau que le Nègre, le Chinois que le

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