‹ Œuvres littérairesChapitre 179 sur 262 · PER · texte numérisé non relu

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est qu'il manque à ces peuples l'enseignement du beau.

Chinois Tout l'univers, un jour, reconnaîtra les règles de la beauté, comme il reconnaît déjà celles de la géométrie et de la perspective. Avant les lois sur la justice, chacun comprenait la justice à sa manière. En ces temps barbares, ne devait-on pas dire aussi Chacun sent différemment ce qu’on appelle justice; done, il est impossible d'établir des loïs sur la justice ? » Avant de juger par les règles, nous jugeons par le sentiment. Jai vu une peinture antique représentant un bloc

carré ainsi dessiné

C'était de la perspective de sentiment.

Aujourd'hui, nous disons encore le sentiment du dessin, le sentiment de la couleur. C’est un reste de barbarie. Il n'est pas rare de voir un peintre tracer les contours d'une tête telle que celle-ci :

et vous dire : Voilà comme je comprends une belle tête

de Vénus, voilà comme je sens la beauté parfaite.

Quand vous connaîtrez les rèoles du beau, comme

| La

1 is vous connaissez celles de la perspective, quand vous

: | bic connaîtrez les pourquoi, les comment en vertu desquels ; fl cette tête n’est pas belle et ne peut être celle d'une Vénus, vous +1] comprendrez alors que votre instinct, votre caprice, votre fan-

taisie doit céder à une saine logique et ne peut s’opposer à des raisons basées sur des lois immuables.

| Ces lois existent, ces lois subsisteront tant que nos sens resteront dans les conditions prescrites par la nature.

Cette logique est tout le secret

des grands maîtres dans le choix

des formes qui constituent le beau. NS \ Expliquer le pourquoi, c'est fixer la K règle. J\

Voiei une jambe de la Vénus de Médicis. Mille contours peuvent

être rapprochés de celui de l'ar-

tiste rec. Pourquoi l’habile seulpteur a-t-il choisi la ligne qu'il nous a laissée? Pourquoi le savant ci- JL 4 ; AN seau n'est-il pas allé au-delà, (e \ N

est-il pas restée en deçà”?

Les nombreuses définitions du beau, données par les savants, sont restées stériles ; elles sont restées sans fruit pour l’art; pourquoi? Parce que ce ne sont point de vagues définitions qu'il faut aux artistes, maïs bien des démonstrations palpables, des contours exacts, des formes justifiées par des raisons claires, incontestables, appuyées sur des parce que répondant à tous les pourquoi possibles *.

Quand Platon a dit : Le beau est la splendeur du vræ, ce philosophe n’a rien révélé et n’a rien fait pour l’art. Il devait ajouter à sa définition la démonstration ; il devait prendre un crayon, tracer des lignes et dire : Voici ce qui exprime la splendeur, voici ce qui exprime le vrai, voici enfin ce qui exprime le beau.

Une seule phalange de Phidias nous en apprend davantage sur le beau que toutes les définitions des savants et des philosophes.

Les règles du beau, dit-on encore, amèneraient inévitablement de la monotonie dans les œuvres d'art.

Erreur!

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