‹ Œuvres littérairesChapitre 180 sur 262 · DE LA BEAUTÉ EN PEINTURE · texte numérisé non relu

DE LA BEAUTÉ EN PEINTURE

Expliquer les véritables causes qui constituent la beauté a toujours été chose dificile. Nous avons vu des philosonhes, des physiciens, établir là dessus les théories les plus contradictoires. Parmi les diverses opinions émises sur l'origine du sentiment du beau, peut-être pourrions-nous admettre celle-ci : que nos sens, ayant sans cesse besoin dune certaine excitation, d'un certain plaisir, nous qualifions de beau, d’agréable, ce qui remplit le mieux ce but, — En supposant que ce soit un

besoin de notre orge

nisation que la recherche constante de ce qui plait, soit aux yeux, Soit à l’ouje, il n'est pas moins diflicile d'expliquer pourquoi une chose plait, pourquoi elle ne plait pas. L'éducation, les circonstances de la vie, le pass où l'on vit, la mode, tout enfin modifie nos goûts et notre façon de juger et d'apprécier les choses. A mesure que nous avançons dans la vie, nos goûts changent et S'éloignent, pour ainsi dire, de la nature. Si nous considérons l'enfant pris à cet àge où ni l'habitude ni la conversation n'ont encore formé le jugement, nous le verrons donner le nom de

beau aux choses qui auront frappé ses organes dans les simples conditions que la nature exige pour produire le plaisir. Ainsi, des couleurs vives et brillantes, le son bruyant du tambour, celui de la trompette sont, pour les € l'enf il vive un peu éloigné du commerce des hommes

nes encore vierges de gée, que plus tard , il gardera presque toujours ces idées de la beauté. Aussi voyons-nous les habitants de la campagne, qui ne sont, à vrai dire, que de £

fant, des choses belles et agréables. Si son éducation est nés

ands enfants en matière de goût, éprouver à peu près les mêmes sensations que l'enfant à l'aspect de tout ce qui ébranle fortement les organes. L'idée que nous avous de la heauté est donc relative. Sans l'habitude que nous avons de nous en servir, je ne sais, par exemple, si nous trouverions le vin ou les liqueurs des choses bonnes la fumée du tabac un parfum délicieux, le café une boisson agréable.

Ces lignes, d'une rédaction beaucoup plus ancienne, sont écrites sur une feuille volante

Les rèoles de la langue et l'orthographe amèénent-elles de la monotonie dans les œuvres littéraires? Les règles de la perspective, la justesse des proportions amènent-elles de la monotonie dans les tableaux ?

On s'imagine que la règle fixe amènera des résultats toujours semblables.

Erreur !

IL y a aussi la règle qui prescrit la variété.

Donnons ici une idée des moyens par lesquels nous cherchons les règles fixes. L'exemple suivant est d'une simplicité telle que

nous espérons être facilement compris.

Voiei un vase destiné à contenir de l'eau :

Je veux savoir quelle sera sa forme irrévocable, relativement 4

son emploi.

Je procède de la manière suivante :

Pourquoi ce vase a-t-il cette forme?

[1 Pourquoi la partie inférieure n est-elle pas faute UK A

de cette manière :

Parce que, sans pied, le vase ne se maintiendrait point en

équilibre.

Pourquoi place-t-on, à la partie supérieure, cette f saillie qu'on nomme anse? Ée

Parce que, sans ce moyen, le vase serait difficile à porter.

Pourquoi lanse n'est-elle pas

faite de cette mamiere :

Parce que, par son voids, elle renverserait le vase.

CIN Fr : , : D Pourquoi ne pas placer l’anse de cette autre façon : =

Parce que, porté par cette anse, le vase ne pourrait contenir le liquide.

Pourquoi Panse n'a-t-elle point cette proportion :

Parce qu'il serait impossible d'y introduire les doigts de la main.

manière :

’ » . A > fl m'est prouvé que l’anse doit être faite de cette 5)

Et le fond du pot, de cette façon : K

Done, le vase doit être fait de la manière indiquée dans le premier dessin.

C’est ainsi que, dans un tableau, chaque objet doit être examiné par des raisons incontestables, doit être déterminé dans sa forme et sa couleur.

Les lois qui fixent l’anse et le fond du pot dans leur forme sont les lois de l’équilibre. !

Mais les divers objets d'un tableau, mais la figure humaine, par exemple, par quelles lois en déterminer les contours?

C'est la question que, naturellement, on doit poser ici ‘

* Ce fragment, inachevé, s'arrête là.

Page 1