DEP
tout ce qui mérite d'y être observé. Qu'un peintre, un musicien, un architecte s'avisent de porter un jugement sur Homère ou Virgile, quels reproches ne se croira-t-on pas en droit de leur adresser?
Dépourvu des talents nécessaires à l'accomplissement de ce travail, si j'ai la témérité de l'entreprendre, c'est que, plein d'une juste admiration pour le grand maitre dont j'ai étudié les secrets pendant vingt ans, je crois qu'apprécier les beautés qui brillent dans ses ouvrages est le plus bel éloge, le seul qui soit digne de lui.
Faire un éloge n'est pas chose facile : on s'expose au reproche de louer quand même, et de taire tout ce qui eut diminuer la gloire de son héros. Ce que l'on va lire est moins un éloge que l'expression d'une conviction profonde, le cri d'une conscience qui s'élève contre les injustes critiques de l'ignorance ou de la mauvaise foi.
Quoi! Rubens, aujourd'hui si connu, si populaire, at-il )esoin qu'on le loue? La voix des siècles l’a proclamé le
lus grand peintre du monde!
L'admiration, tel est le sentiment qu'inspirent désor-mais les œuvres de Rubens; mais cet instinct général
suffit-1l à sa gloire, si souvent contestée? Pénétrons plus loin; soulevons le voile qui cache aux yeux de la foule les secrets du maitre; cherchons à montrer quelquesuns de ces ressorts habiles, de ces rouages savants que lui seul à connus, et Rubens apparaîtra, dans la théorie comme dans la pratique, pour le savant qui l'admire comme pour le vulgaire qu'il émeut, l'artiste phénomène, le géant de l’art.
Afin de mettre, autant qu'il nous est possible, de la
clarté dans ce que nous allons dire, posons une méthode.