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L'art du peintre se divise en quatre parties principales : l'invention, la composition, le dessin, 1e coloris.
Établir un parallèle entre les œuvres des grands maitres est le plus sûr moyen de les apprécier à leur juste valeur.
Dans chacune de ces parties de l’art, nous allons donc comparer le talent du grand peintre aux maîtres les plus illustres.
C'est une sorte de lutte à laquelle nous voulons faire assister le lecteur.
De même que, dans les champs troyens, le plus robuste guerrier combattait tour à tour les plus redoutables adversaires, ainsi nous verrons notre héros lutter corps À Corps, pour ainsi dire, avec tout ce que l’art compte d'athlètes les plus fameux.
Michel-Ange, Raphaël, Titien, Corrége paraîtront successivement dans la lice. Le fougueux Michel-Ange va devenir l'antagoniste de Rubens, sous le rapport de l'invention et de la composition; le divin Raphaël, sous celui du dessin et de l'expression; le vigoureux et har-monieux Titien lui disputera la palme du coloris; enfin, Corrége, Rembrandt, Velasquez, Veronèse soutiendront la partie du clair-obseur et tout ce qui tient aux moyens pratiques de lart.
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CE
[ Avant de donner le signal de la lutte, quelques mots encore : à Fexemple d'Homère, la généalogie du héros,
}; avant le combat.
{ Pierre-Paul Rubens naquit d'une famille noble,
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en 1571.
Deux villes se disputent le orand peintre : Cologne se
vante d'avoir donné le jour à l'enfant, Anvers d'avoir donné naissance au grand homme.
Gloire à la ville d'Anvers!
C'est au sein de cette cité illustre que Rubens fit ses premières études; il se distingua d'abord avec tant de succès dans les lettres qu'on put lui présager une brillante
carrière.
| Son rang, son éducation le firent bientôt placer en qualité de page chez la comtesse de Lalaing; mais un \ penchant irrésistible l'entraïnait vers la peinture. Ce ne l fut qu'après les plus vives instances qu'il obtint de sa mère la permission de se livrer tout entier à son art. Il | devint l'élève de Van Ort, ensuite d'Otto Venius, peintre fort estimé de ce temps-là.
Quelques années suffirent pour mettre Rubens à même
d'aller étudier en Italie les chefs-d'œuvre de l'antique et des grands maîtres. Sa réputation se répandit bientôt dans ce pays. Son talent, sa qualité de gentilhomme du duc de Mantoue lui donnèrent accès partout. Il fit à Rome plusieurs ouvrages pour le pape et les cardinaux.
Après sept années d'étude dans la terre classique des beaux-arts, une douleur profonde vint frapper tout à coup le cœur de Rubens. Il apprend que sa mère est dangereusement malade ; il abandonne ses travaux, arrive dans sa patrie : sa mère avait cessé de vivre!
Rubens fut longtemps inconsolable; enfermé dans l'abbaye de Saint-Michel d'Anvers, il se livra tout entier à son affliction. Ce ne fut qu'après de longs mois de cette douloureuse retraite que l'amour de l'art reprit accès sur son cœur et qu'il songea à revoir l'Italie.
L'archidue Albert et l'infante Isabelle, sentant combien le grand artiste honorait sa patrie, firent de vains efforts pour le retenir.
Quand il revint, indépendant par son talent et par sa fortune, recherché dans toutes les cours de l'Europe, son cénie l'avait placé si haut qu'il put servir son pays dans les affaires publiques autant qu'il l'illustrait par son art. Chargé par l'Infante d'une importante mission, il se rend à la cour d'Espagne, y prépare des bases solides à ses négociations, passe en Angleterre pour achever l'œuvre et conclut la paix entre des deux puissances rivales, qui le comblent d'honneur.
Son ambassade en Hollande, en vue de réconcilier les provinces du Nord et du Midi, fut moins heureuse pour son pays, mais non moins glorieuse pour l'artiste.
Il est peu d'hommes dont la vie ait été si laborteuse. Le génie qui créa près de 1,500 ouvrages fut en même
temps chargé de différentes négociations avec les Pro-