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huissier, devaient jeter plus d'une fois l'artiste dans une exaspération dont les lignes suivantes, tracées de sa main, donneront une idée :

« Vivant dans l'intimité de l'artiste, qu'il me soit permis, Monsieur, » de vous prévenir que la violence n'amènera aucun résultat; au con- » traire. Qui connaît Wiertz sait qu'aucune puissance humaine ne peut » le forcer à agir contrairement à ce qui touche à ses principes, à ce » qui fait son bonheur et sa gloire.

» L'artiste a destiné à la flamme toutes ses œuvres, si elles ne peuvent » recevoir la dernière main. Or, je vous dis ceci confidentiellement » À la première apparition de l'huissier, la Chute des Anges tombera » dans le néant, et la ville de Liége, ou plutôt ceux qui la représentent » auront la gloire d'avoir amené ce résultat.

» L'homme qui se sent pour les méchants une haine profonde, homme » dont toute autorité, tout despotisme, toute pression gonfle le cœur » d'une rage toujours prête à éclater, l'homme, enfin, qui pour punir » un ennemi, quelque grand, quelque puissant qu'il soit, ferait le sacri- » fice de sa vie; cet homme, quand on le traite sans violence, sans » contrainte, est doux comme l'agneau. Ah! Monsieur, quelle malheu- » reuse idée de lui avoir envoyé un huissier! »

Ce n'est pas que Wiertz se refusàt à remplacer le tableau offert à la ville de Liége; il sy était engagé dans un de ses contrats avec l'État belge, et il n'avait pas cessé de répandre gratuitement ses productions. L'église de Tilborg et l'église Saint-Joseph avaient reçu des toiles presqu'aussi grandes, et, à chaque occasion, Wiertz, malgré sa maladie, malgré son manque de ressources, prêtait son pinceau à des actes de bienfaisance ou de patriotisme.

Cependant, Wiertz souffrait. L’obstacle qui limita la fécondité de la seconde phase de ses travaux fut une maladie mal définie, qu'il appelle une lassitude perpétuelle, soit que des ateliers humides et le va et vient continuel sur l'immense échelle dont il se servait pour peindre ses grandes toiles lui eussent donné ce mal, soit que ses recherches chimiques pour son procédé eussent infiltré dans son sang un lent poison.

Wiertz était robuste (1) ; il avait été sobre toute sa vie, en toute chose, sauf au travail. Ce mal le tracassait plutôt qu'il ne le menaçait. Mais ces souffrances sans danger lui causaient des ennuis sans trêve : elles

(1) L’autopsie, nécessaire à l'embaumement, a constaté une forte constitution sans aucune lésion organique.

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l'empéchaient de produire. I Sirritait de ce qu'un rien vint suspendre ses projets et paralyser son activité physique, en lui laissant tont son Sénie artistique. [I lutta dix ans contre ces maux, s'adressant à tous les médecins, ayant recours à tous les systèmes. Sa pauvreté volontaire l'avait fait passer pour misanthrope, sa maladie insaisissable le fit passer pour hypocondre. Il a décrit lui-même cette maladie, qui éclate au sortir d’un concert où il était resté debout et qui se traduit d'abord par des palpitations. I la montre résistantà tous les efforts : ni les promenades ni la gymnastique n'y font rien. L'artiste devient un gymnaste fort et habile : la lassitude augmente. Repos absolu pendant des mois entiers, nourriture fortifiante : lassitude toujours ! Le malade quitte Liége, vient habiter Bruxelles: la nourriture est changée, les habitudes sont changées: la maladie reste immuable. Il passe successivement par toutes les conjectures, par toutes les terreurs. € On lui suppose tour à tour, dit-il, une maladie du cœur, une maladie de la moëlle épinière, un rhumatisme, une maladie du foie, de la rate, des reins, ete. » Il Sirrite; des paroles de découragement lui échappent. « Le malade ne demande point de remède à sa maladie: seulement, il en demande la cause. » Ce qui le navre, cest l'idée des œuvres qu'il a conçues et qu'il prévoit ne pouvoir exécuter. « Ma carrière n'était pas encore commencée; une maladie impossible à guérir est la seule cause de mon désespoir. »

Une fois, ce dut être dans une nuit d'insomnie, il croit avoir trouvé cette cause. Il écrit :

« Je crois avoir découvert enfin le secret de mon affreuse maladie :

» L'empoisonnement !

» L'empoisonnement, entendez-vous, nest pas étranger à mon mal. » L'empoisonnement par absorption. Je viens d'en acquérir la conviction.

» Nerions pas et ne rions plus! C'est pour avoir ri trop longtemps » que des médecins nonchalants n'ont plongé dans un abime..…. »

À chaque crise, l'artiste se croyait perdu pour son art, À chaque vépit, il se hâtait de produire. Il eût voulu ne pas perdre une minute, ne plus être astreint à faire des portraits pour la soupe. Le modique prix d'entrée de son atelier ne lui suffisait pas. Dès qu'il eût annoncé son procédé dans une brochure, il pensa à le mettre dans le domaine public, moyennant une indemnité : IL pourrait ainsi être tout entier à son art. Le gouvernement accueillit l'idée une première fois, en 1860 (1). I

(1) Lettres du ministre à Wiertz, du 29 novembre 1859 et du 24 février 1860, ete,

s'agissait d'une somme de 30,000 fr. Mais une commission Sen mèla, voulut connaître le secret de l'artiste, ct rien n'aboutit.

En 1863, la Chambre des représentants ouvre une longue discussion sur la fresque et la peinture murale où monumentale. Ce fut un espoir pour l'artiste, inventeur de la fresque flamande, Ayéc quelle attention, avec quel intérêt il suit le AZoniteur belge ct l'annote, Mais que de choses tristes à noter! À chaque page, il écrit d'un doigt fiévreux, en marge du Moniteur : Faux, niais. — Voilà comme on juge l& peinture. — A. *** me sait pas ce que c'est que le style. — C'est ridicule. — Quelle condition pour la grande peinture ! — Les Flamands n'aimaient point la fresque, parce qu'ils n'avaient pus un procédé qui pût remplacer la peinture à l'huile. — IL faut le dire une bonne fois : lu peinture murale n'est pas la plus élevée; la peinture la plus élevée est celle qui est le plus libre d'obéir aux conditions de l'art.

Cependant, on discutait des avantages et des inconvénients de la fresque. Ne va-t-on pas faire au moins mention de son procédé? [gnorerait-on qu'il existe? Le ministre de l'intérieur parla longtemps; il signala les inconvénients de peindre à l'huile sur la muraille où de suspendre, en les inclinant, des tableaux à l'huile dans les monuments publics, et il ne dit pas un mot de Wicrtz. Zqnorance complète ! écrit l'artiste.

Les procédés qu'on emploie sont-ils bons? se demande le ministre. « À cela je ne puis répondre qu'une chose, cest qu'on emploie en » Belgique les procédés qu'on emploie dans les pays étrangers. » Le ministre ne savait-il pas que son propre département avait acquis déjà une œuvre de Wiertz d'après un procédé qui ne Semployait pas à l'étranger, et que l'achat de ce procédé nouveau avait été décidé en principe ?

Tous les orateurs firent comme le ministre. On feint d'ignorer, écrit Wiertz.

Un seul représentant (1), l'ancien ministre qui avait négocié avec Wiertz, ne pouvait garder le silence :

« Cet artiste se dit l'inventeur d'un procédé nouveau, dit M. Rogier, » et je ne pense pas, avec l'honorable M. D... que, hors du procédé à » l'huile, tous les autres procédés sont exécrables. I se dit Finventeur » d'un procédé nouveau qui donnerait beaucoup plus de fixité à la

A M. Rogier, alors ministre des affaires étrangères.

fl | !

» peinture à fresque, à la peinture murale. Que lon visite, au surplus, » son atelier, et lon verra que cet artiste remarquable ne méprise pas » la peinture murale, la peinture monumentale. »

Wiertz fait écrire aussitôt à M. Rogier, — la minute de la lettre est de sa main. — Après l'avoir remercié de sa bienveillance et s'être

plaint d'une parole légère sur ses caprices, il ajoute avec amertume : « I est malheureux, pour l'art, que vous n'ayez pas en cela (son » procédé) la confiance qu'inspire une invention allemande ou française !

» On s'est lamenté des heures entières sur l'absence d'un procédé de

» fresque convenable, et pas un mot sur l'invention de notre artiste!

» On a cité des étrangers, on a cité Flandrin. Ah! Monsieur, citer

» Flandrin à ce propos! Soixante-dix voix (1) avaient à défendre une » thèse et pas une n'a trouvé l'argument le plus fort pour la soutenir! » C'est impardonnable !... »

La Chambre avait tenu cette discussion jusqu'aux derniers jours de février. Le mois de mars et surtout les mois d'avril et de mai furent remplis de crise pour la santé de l'artiste (2).

I fallut que l'exposition au salon du Louvre, l'année suivante, d'un tableau peint sur pierre au wasser-glass, par M. Michel Echter, de Munich, et la publication d'un mémoire du docteur Fuchs sur la siéréochromie, remissent cette question vitale à l'ordre du jour de l'étranger, pour que Wiertz eût le courage de laisser offrir encore son procédé au gouvernement de son pays.

En 186% donc, les négociations furent reprises (3); l'artiste ne demandait qu'une rente viagère de 3,000 fr., rien que pour remplacer le produit de ses portraits. Tout échoua encore sous les commissions académiques; l'artiste, blessé, a laissé des notes sévères sur le rapport qui lui fut communiqué. Elles finissent ainsi :

« Je plains sincèrement les gouvernements qui veulent le bien. »

C'est le 20 avril 1865 que ce rapport fut communiqué à l'artiste. Si le gouvernement avait accepté ses offres, quand ce n'eût été que pour donner au peintre les moyens de ne plus rien produire que pour son musée, c'est-à-dire pour le pays, l'artiste n'eût pas joui de sa

pension viagère plus de deux mois ! De banales dificultés l'ont empêché

(1) 77 voix votérent l'allocation demandée en faveur de la peinture murale. (2) Journal de sa maladie, par Wiertz.

(5) Lettre de M. Ch. P. au ministre, suivie d’un projet de contrat.

d'avoir cette satisfaction dernière de vulgariser lui-même son secret.

Plus d’une fois, le moyen de tirer parti de son procédé lui avait été offert. Il n'avait jamais voulu le vendre. Il aurait voulu « le livrer gra- » tuitement. » Un jour, cependant, désespérant d'obtenir rien de son pays, il songea à s'adresser à l'étranger. En 1857, la grande-duchesse Marie de Russie avait visité son atelier et avait particulièrement entretenu l'artiste de son invention (1). Après l'échec de ses négociations, Wiertz se mit à écrire à la grande-duchesse; il voulait lui envoyer sa brochure et il lui disait ;

« Jusqu'à ce jour, j'avais espéré de mon pays l'achat de mon inven- » tion; mais la peinture monumentale en Belgique est peu cultivée et je » dois renoncer au plaisir de voir ma patrie faire la première l'applica- » tion de ma méthode. »

Mais l'artiste se ravisa, hésita, recula, et finit par ne pas envoyer sa lettre. Il préférait léguer à son pays son invention avec son musée.

Ces ennuis, les exaspérations qui s'en suivaient, rendaient plus fréquentes les migraines ou les névralgies intestinales de l'artiste. Cest dans une de ces crises que se voyant réduit à faire encore des portraits et se sentant empêché par sa mauvaise santé de produire autre chose, il écrivit cette lettre sans date, empreinte d'un profond désespoir :

« Fatigué d'une maladie qui dure depuis plus de 45 années, je vois que Je serai forcé de rester à la préface de mon œuvre. Quand je m’entends louer sur ce que j'ai fait, j'éprouve une tristesse profonde ; je compare mes œuvres à celles qui devaient les suivre. Hélas ! quelle destinée est la mienne! Le ciel m'avait donné tout ce qu'il faut pour atteindre les plus hauts sommets ; une seule chose me manque : la santé.

» Que diriez-vous, mon ami, si tout-à-coup un musée trois fois grand comme le mien se présentait à votre imagination, si l'œuvre la moins importante de ce musée l’emportait sur tout ce que j'ai créé jusqu'ici, dans les angoisses de mon affreuse maladie? Que diriez-vous si tout cela, qui n'existe point, pouvait cependant exister ? Comprenez-vous maintenant ma douleur? Je me sens assez fort aujourd'hui pour m'élever bien haut dans les arts, et je suis forcé, comme par une main de fer, de me contenir dans le repos! Oh! si je pouvais me cacher à moi-même ou mourir inconnu dans un pays lointain! (2) »

Cetie maladie irritait l'artiste; on eût dit d’un lion sous la piqüre d'un

(1) Écho de Bruxelles du 25 août 1857.

(2) Minute d’une lettre, sans date et sans nom de destinataire.

moucheron. Mais elle m'inquiétait personne et elle lui avait laissé assez de temps pour remplir son musée, Elle venait de lui laisser un répit de quelques mois, et il songeait plus sérieusement que jamais à se bâtir un nouvel atelier; Fun des plus beaux jours de sa vie fut celui où il s'entetint de ce projet, chez lui, avee un haut fonctionnaire du gouvernement (1), lui montrant dans son jardin l'emplacement le plus favorable et se laissant aller à son rêve partagé.

Ce fut son dernier beau jour. Un anthrax, dont personne ne prévit la gravité et qui devint tout-à-coup charbonneux, l'emporta presque subitement le 18 juin 1865. Il avait 59 ans.

Un ami a raconté sur sa tombe sa dernière entrevue avec l'artiste :

« Je me rappellerai toujours ses dernières paroles. Il soufrait; un hoquet opiniàtre secouait par moment sa forte poitrine; mais sa puissance de volonté el de pensée élail entière. It venait de me confier des instructions dernières. Il me dit :

» — Ce n'est rien pour l'humanité qu'un homme qui tombe. Mais quand on est soi-même en cause, c’est chos

grave de se trouver en face de celle terrible énigme de la mort. »

Nous avions lu quelquefois ensemble les grandes paroles de Socrate rapportées par Platon; je les lui répétai :

« — Wierlz. ne savez-vous pas que nous avons une âme immortelle*? »

Il se prit à rêver; puis, après un accès de souffrance :

«— D'où peuvent me venir ces sottes maladies, dit-il, moi qui n'ai jamais commis un seul excès ?

» — Vous vous êtes sacrifié à volre art, mon ami », lui dis-je. — Et pour détourner sa pensée de l’idée de la mort, j'ajoutai : « Mais votre tempérament a résisté à de plus fortes secousses, et vous avez encore bien des chefsd'œuvre à faire.

sert mon im facilement des misères humaines.

» — À quoi me

palion à présent? dit-il. On se détache

» — Vous me l'avez répété souvent, lui dis-je, quelque sphère élevée que nous supposions, quelque parfaite que puisse être une race ou une intelligence, partout où il y a un être pensant et sentant, il v a cetle manifestation supérieure de la pensée et du sentiment qu'on nomme l'art.

» — C'est vrai, dit-il ; Dieu même serait incomplet s’il n’était pas artiste.

» Ce fut le dernier mot de celte conversation dernière. Nous nous serràmes la main pour la dernière fois. Deux jours après, la Belgique et l'art moderne avaient à pleurer la mort d'un homme de génie. »

(1) M, Ed, Stevens, secrétaire-général du ministère de l'intérieur.

La mort de Wiertz fut une perte pour la Belgique. Plusieurs artistes et littérateurs prirent le deuil; le Cercle artistique de Bruxelles arbora, Jusqu'après les obsèques, au balcon de la Maison du Roi, un drapeau voilé d'un crêpe funèbre.

Quelques parents et amis s'arrêtèrent à l'idée de faire embaumer l'artiste, et le conseil communal d'Ixelles prit aussitôt deux résolutions : par l'une, la rue du Remorqueur prit le nom de rue Wiertz; par l'autre, un caveau, sur une double concession de terrain, était offert gratuitement, dans le cimetière d'Ixelles, pour y recevoir les restes mortels du peintre qui avait bâti son musée sur le territoire de cette commune (1).

Wiertz avait désiré d'être inhumé dans son musée. Un ami prit aussitôt l'initiative d'exposer au ministre de l'intérieur et au conseil communal d'elles que les deux conditions exigées par la loi pour ces sortes d'inhumations ne s'opposaient pas, dans leur esprit, au vœu de l'artiste :

« En effet, la première de ces conditions est surtout exigée pour que ces inhumations ne soient pas précaires et ne restent pas exposées à toute sorte de mutations de propriété et de déplacements. Or, l'atelier de M. Wiertz étant la propriété de l'Etat, et l’article 5 de la Convention du 2 juillet 1851 entre M. Wiertz et le gouvernement stipulant que les tableaux que l'Etat possède doivent rester invariablement fixés aux murs de l'atelier qui deviendra un musée, condition qui sera bientot corroborée par de nouveaux contrats, la stabilité de cette propriété dans les mains de l'Etat et la pérennité de sa destination assurent la durée de l'inhumation sollicitée, bien mieux qu’un droit de propriété personnelle.

» La seconde condition de la loi n’a qu'un intérêt en vue : la salubrité publique. Ce grave intérêt sera entièrement sauf dans l'espèce. M. Wiertz ne sera déposé dans la tombe qu'après avoir été embaumé d'après la méthode dite égyptienne. »

Dans le cas où la loi dût être prise à la lettre, on demandait si, eu égard à la donation faite à l'État, eu égard au mérite de l'artiste, il n'y avait pas lieu de solliciter du législateur une autorisation exceptionnelle.

Ni l'une ni l'autre autorité ne crurent pouvoir accéder à cette requête ; ce qu'il fut possible d'obtenir, c'est une déclaration de M. le ministre

(1) Lettre du collège des bourgmestre et échevins à Fexécuteur testamentairé de Wiertz, 25 juin 1865.

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de l'intérieur portant que « si, plus tard, une législation nouvelle dérogeait à celle qui nous régit, le gouvernement pourrait prêter la main à l'accomplissement du vœu du grand artiste ». (Lettre du 23 juin 1865.) L'administration communale consentit de même à regarder l'inhumation à Ixelles comme provisoire : « Aussitôt que les restes de M. Wiertz

pourront être légalement transportés dans son musée où dans son

jardin, l'administration communale d'Ixelles prètera la main à l'accom-

plissement du vœu du grand artiste ». (Lettre du 5 juillet 1865.)

C'est donc à la génération nouvelle qu'appartiendra le soin de faire rentrer Wiertz dans son musée.

Le 21 juin, eurent lieu les cérémonies funèbres, au milieu d'un grand concours de population. Les coins du poële étaient tenus par le président du Cercle artistique de Bruxelles, M. Vervoort; par MM. L. Gallait, peintre, Eug. Simonis, statuaire, et Ch. Potvin, homme de lettres.

Trois discours furent prononcés sous le dais funéraire élevé entre les deux colonnes achevées qui se trouvent au milieu de la facade de latelier : l'un par le bourgmestre de Dinant, M. Wala; l'autre par M. L. Labarre, de Dinant; le troisième par M. Ch. Potvin.

Le 27 juin, l'embaumement était entièrement terminé ; il fut procédé au scellement du cercueil de l'artiste. Voici le procès-verbal de cette

cérémonie :

L'an mil huit cent soixante-cinq, le vingt-septième jour du mois de juin,

En présence de MM. Alphonse Vandenpeereboom, ministre de l'intérieur, et Charles Rogier, ministre des affaires étrangères de Belgique, et autres personnes soussignées,

Les soussignés : André Uytterhoeven, chirurgien en chef honoraire des hôpitaux de Bruxelles,

J. Bougard, ancien professeur à l’Université libre de Bruxelles,

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