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CHAMBRE DES REPRESENTANTS

Séance du 17 avril 1866.

« Heureux le jeune artiste, ami des vrais principes, s'il naît dans un temps » où les encouragements sont donnés par le bon goût, mais s’il naît dans

| L À il CRÉDITS AU DÉPARTEMENT DE L'INTÉRIEUR POUR DÉPENSES RELATIVES AU LEGS À L'ÉTAT | | | DES OEUVRES ARTISTIQUES DE M. WIERTZ.

| À E ©! D ; | EXPOSE DES MOTIFS N } \ PREMIÈRE PARTIE À \ LEGS. — DÉLIVRANCE.

‘4 | N Messieurs, | | | Le 18 juin dernier, mourait dans l'atelier que l'État lui avait fait con- | l struire, un artiste dont toute l'existence fut consacrée au culte de l'art. Dès } 1 . . , . . . . , .

| \ | sa jeunesse, il écrivait ces lignes, qui peuvent résumer sa vie : F | { » un sièele où le mécanisme est préféré à l'expression et où l'invention et | | ee HR d : | | » la composition ne sont considérées que comme peu importantes, alors il | F » doit céder au courant, ou avoir le courage d’imiter le grand Poussin, de | | » peindre pour la postérité, et, lutlant continuellement contre le mauvais | " | » goût, rester toujours pauvre, mais devenir grand artiste. » |

(l | «. : 5 x 5 NOT :

K | 1 Ces aspirations ne lardèrent pas à se formuler en une ligne de conduite |

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que l'artiste exposa à plusieurs reprises, notamment dans sa correspondance avec le Département de l'Intérieur : Ne point vendre ses ouvrages, afin de pouvoir les perfectionner sans cesse, et, à la fin de sa carrière, laisser à son pays tous ceux qu'il jugerait dignes de figurer dans un musée de l'État. à

En 1851, le Gouvernement, qui avait encouragé les débuts de l'artiste el pris une part active à ses premiers travaux, s’associa directement à ses projets, en lui élevant un atelier en rapport avec les dimensions de ses œuvres.

Par les conventions du 2 juillet 1850 et du 1° septembre 1853, conclues entre l'honorable M. Ch. Rogier, ministre de l'intérieur, et M. Wiertz, le Gouvernement mettait à la disposition de l'artiste une somme de 64,000 fr., destinée à l'achat d'un terrain et à la construction d'un atelier, dont l'État serait propriétaire et dont l'artiste aurait la jouissance, sa vie durant.

L'artiste, de son côté, cédait à l'État six de ses principales œuvres et s'engageait à revêtir de fresques les murs de l'atelier, à la condition expresse que : « ces Lableauæ, ainsi que ceux dont il pourrait ultérieurement » disposer en faveur du Gouvernement, demeureraient invariablement fixés » aux murs de l'atelier, qui deviendrait ainsi un musée de l'État. »

Enfin, la rue appelée alors la rue du Remorqueur et qui porte aujourd'hui le nom de l'artiste, ayant été décrétée, le Gouvernement, déterminé par les avantages considérables que l'État trouverait dans l'annexion d’un terrain situé entre le jardin de l'atelier et la rue nouvelle, alloua à l'artiste, par la convention du 4° février 1861, une somme de 23,000 francs, à l'effet d’acquérir ce terrain, au nom de l'État, et, moyennant ce, l'artiste lui céda un septième tableau, aux mêmes conditions que les autres.

Il résulte de ces conventions que la situation de l'État, au décès de M. Wiertz, était celle-ci :

L'État restait propriétaire du terrain, du bâtiment et de sept tableaux :

4° Le Combat d'Homère, ou le Patrocle, 90 La Chûte des anges,

3 Le Triomphe du Christ,

4° Le Christ au tombeau,

5e Eve,

6° Satan,

Te Le Phare du Golgotha.

Il avait, en outre, à réclamer les fresques dont l'artiste s'était engagé à revêtir les murs de l'atelier, par sa lettre du 27 octobre 1852 et par les conventions des 4° septembre 1853 et 1% février 1861.

De son côté, le Gouvernement restait obligé de laisser ces œuvres et

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toutes celles dont l’artiste aurait pu disposer en sa faveur, invariablement fixées aux murs de l'atelier et d'en faire un musée de l'État.

En dehors des engagements respectifs dont il vient d’être parlé, nous avons à rappeler que toule la carrière de l’éminent artiste révèle chez lui la pensée de tout sacrifier au culte de son art, pour léguer à sa patrie celles de ses œuvres qu'il jugerait dignes d'elle. Aussi M. Ch. Potvin, institué son légataire universel, s’est empressé de déclarer au Gouvernement que c’est cette pensée qu’il a reçu mission d'exécuter ; que chaque fois que M. Wiertz lui a parlé de ses volontés dernières, tant après qu'avant son testament du 17 juin 1865, il lui a formellement exprimé sa volonté que son œuvre artistique fût remise à l'État belge et qu'il l'a chargé de faire la délivrance de ce legs, en y apposant certaines conditions indiquées ci-après. M. Potvin se considère done comme obligé de respecter et d'exécuter cette volonté, comme si elle avait élé exprimée dans un testament régulier.

D'un autre côté, cette déclaration de M. Potvin est confirmée par un écrit, auquel il ne manque que la date pour constituer un testament valable. Cet écrit, dont l'existence est constatée dans l'inventaire dressé le 29 juillet 1865, par M° Martha, notaire à Bruxelles, est coneu en ces termes :

« Je fais don à l'État de tous mes tableaux. Je désire qu'ils restent fixés » aux murs de l'atelier. »

(Signé) WiErtz.

En présence de l'offre de délivrance de ce legs, faite par M. Potvin, plusieurs points devaient attirer l'attention du Gouvernement et, dans la longue instruction que nous avons ouverte à ce sujet, nous n'avons négligé aucun moyen de nous éclairer sur les intérêts de l'État.

Ces points consistent :

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