XXIV. — Lutte homérique
1855. — P. mate. H. 6,10. L. 8,90.
Sujet créé, Ceci est un peu de tout ce que nous raconte Homère. Lutte des dieux et des hommes; combats formidables où les armes volent en éclats, où les membres humains sont fauchés comme la faible tige des blés.
Fougue, feu, emportement pittoresque.
Composition habile; effet harmonieux.
(1) L'artiste en a laissé un essai sur une toile de moindre dimension.
Quand on demande à M. Wicrtz pourquoi il fait des figures de 20 à 30 pieds, il répond : « Pourquoi d'autres font-ils des figures de trois pouces? En effet, les dimensions que prend le premier sont-elles moins vraies que celles qu'adoptent les autres? Assurément non. Les figures de grande dimension paraissent dans un grand local à la mesure de la nature. Les figures de trois pouces, à quelque distance qu'on les place, restent éternellement fausses dans la dimension. — Mais, dit-on encore, à la distance, on voit aussi la nature petite. — Oui, mais dans le lointain, voit-on la nature avec les détails qu'on est habitué de prodiguer dans les petits tableaux ? »
XXV, — La Liseuse de romans.
(Intérieur des cabinets.)
1855. — Huile. H. 1,2
L'invention est une des principales parties de l'art. Sans invention une œuvre de peinture vous laisse froid.
Une belle jeune fille lisant un roman peut être le sujet d'un joli tableau que l'on admire, puis, que l'on passe; mais faire que ce sujet si simple vous surprenne, vous électrise, vous attache, il faut pour cela de l'invention, prendre les choses par le côté imprévu, saillant, pittoresque, le côté caractéristique enfin, où la forme, la couleur, l'expression, la vérité se montrent dans un jour tel, que vous êtes cloué devant l'œuvre et forcé de l'admirer, il faut pour cela de l'invention.
Remarquer le modelé, la difficulté vaincue des raccourcis, la vérité des objets en perspective, la réflexion dans le miroir, l'ingénieuse idée du démon fournissant des volumes.