DE LA SOLIDITÉ ET DR LADITE
On ne Sentend généralement point sur le mot solidité.
De bonnes gens Simaginent qu'une peinture doit être solide au point de résister à tous les choes, à tous les frottements possibles.
Un quidam, un jour, me fit cette question : + Votre peinture mate est-elle solide? — Oui, répondis-je, autant qu'il est nécessaire à la peinture de Fêtre, — Voyons, continua-t-1l en fouillant dans sa poche :
voyons si elle résisté aux frottements du canif, — À quoi bon? dis-je vivement, — Eh mais! ne serait-ce pas une preuve de solidité? — Pardon, monsieur,
on entend par solidité la résistance d'une chose placée dans les conditions ordinaires, à l'abri de ce qui peut endommager, Quand un tableau est en place, quelles chconstances pouvez-vous prévoir qui puissent amener sur sa surface des lames de canif? — Et l'humidité,
monsieur, l'eau, la pluie? si la pluie tombait dessus? — Une pluie même n'y ferait pas de mal. — Et l'essence, monsieur, l'essence de térébenthine? — Ah pardon ! C’est vrai! il tombe si souvent des averses d'essence de térébenthine! -
La solidité est suflisante dès qu'elle est en rapport avec les dangers auxquels l'objet est exposé. Quelle toile résisterait à la hache ou à la torche? Ce que l'on doit exiger d'une peinture à ce point de vue, c'est qu'elle résiste à l'humidité; qu'elle soit facile à nettoyer sans Saltérer; qu'elle ne soit pas exposée aux changements de teintes, et enfin qu'elle puisse facilement être déplacée et restaurée, dans les cas de danger les plus imprévus.
Notre procédé réunit tous ces avantages.
On s'imagine généralement que le vernis est nécessaire à la durée; c'est une erreur.
Le vernis, empâté jusqu'au luisant comme dans la peinture à l'huile, est plutôt un superflu d'adhérence nuisible. Sous cette croûte, l'évaporation des huiles devient difficile et amène inévitablement le jaunissement. De plus, la surface luisante se gerce, tombe en éclats, et c'en est fait de la peinture.
Notre procédé n'a aucun accident de cé genre à redouter. Convenablement conservé par des moyens simples et faciles, déjà indiqués, nous ne prévoyons pas de cause possible à sa destruction. La matière colorante n'a pas besoin d'une forte dose d'adhérence pour résister au temps. Chaque molécule de couleur est semblable à la brique dans une muraille : un peu de mortier suffit à la fixer fortement. Qu'est-il besoin de plâtrage où de vernis, et qu'ajoutent-ils À la olidité? L'un et l'autre se gercent et tombent en écailles.
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Pour la muraille au moins, la brique reste en place «1 l'œuvre de l'architecte est conservée; mais le pltragc d'un tableau à l'huile entraine dans sa chute l'œuvre du peintre.
Si lon objectait la fragilité de la toile, je répondrais que la peinture à l'huile emploie aussi la toile, Dira-t-on qu'une toile préparée résiste mieux au temps et à l'humidité? qu'à cela ne tienne! on peut se servir dune toile préparée et peindre à la peinture mate sur le côté opposé. L'imperméabilité de la toile est facile à obtenir, du reste; l'industrie moderne ne manque pas de movens pour cela, Le caoutchoue, le sulfate de cuivre, les corps oras, etc, appliqués sur la toile où sur le mur, peuvent les garantir de toute atteinte nuisible. En outre, la toile que nous emplovons peut être tendue sur chassis et placée à distance d'un mur menacé d'humidité,
On parle encore quelquefois de la solidité des fresques anciennes, de leur résistance au erand air. Je doute fort qu'on puisse citer beaucoup de ces peintures qui se soient conservées dune manière satisfaisante. Nous avons dit ailleurs l'état dans lequel se trouvent bien des fresques, quoique convenablement abritées.
Sachons gré à Michel-Ange, à Vinci, à Raphaël et à la plupart des grands maîtres d'Italie de m'avoir point exposé leurs fresques en plein vent.
Quoiqu'il soit très-rarc que l'on place des travaux Sérieux à ciel ouvert, nous avons pensé au moyen de faire l'application du procédé à l'extérieur des édifices. Il suflira pour cela d'observer un certain mode de placement que nous indiquerons dans un prochain travail ”.
L'auteur n'a pas fait ce travail,
Faut-il résumer les qualités qui recommandent notre procédé? les voici” :
Possibilité de peindre sur toute matière, dans toutes les dimensions et dans tous les jours:
Emploi facile de toute matière colorante ;
Étonnante facilité dans l'application des couleurs, rapidité d'exécution, qui est à la peinture à l'huile ce que li presse est à la plume;
Cunme de couleurs plus étendue qu'à l'huile;
Mat parfait, chose tant cherchée;
Soldité plus grande qu'à l'huile, durée plus longue.
Point de jaunissement, ni de gercures, ni d'écailles:
La plus orande facilité de sauvetage, en cas de danser,
La fresque ordinaire n'est pas propre aux coloristes: la peinture mate leur prête de puissantes ressources,
Qu'on ne SV méprenne pas cependant; le procédé est facile, mais il ne suppléera pas au talent. Tout le monde peut inventer une peinture sans luisant ; il n'appartient qu'à l'artiste de bien employer un procédé quelconque. Les charlatans qui se figureraient qu'il suffit de connaitre le secret pour faire de la peinture mate, seront étonnés d'apprendre que les bons résultats dépendent du mécauisme de la brosse,
Un dernier mot :
Le miroitement est une sorte de barbarisme resté dans
la peinture. Il est étrange de le voir subsister et réoncr | Ù £
* Tout ce qui suit est exfrait de notes détachées,
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| 4 VW # mt Li — 2 — L : Coédu Le Î encore. Nous croyons fermement que tout procédé qui en . est entaché sera abandonné dans un avenir prochain. Lei Nous sommes loin de prétendre que ce sera en faveur de \| 4 {l “ » 0 a ÿ | notre procédé, MAIS nous osOnS aflirmer que ce sera au La | profit d'une peinture mate quelconque. Le jour où l'on pe | reconnaitra qu'il est possible de peindre sans luisant, le
Le | jour où l'on sera certain de trouver dans le mat, la il vigueur, l'éclat et la solidité, ce jour-là sera le dernier Rai jour de la peinture miroitante.
| de le Nous voudrions que des hommes de talent en fissent l'épreuve, mais l'épreuve avec bonne volonté. | $
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