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LE FLAMAND

uve le vrai beau.

L'ANGLAIS

Monsieur, Rubens n'est rien à côlé de Titien : ses chairs sont des taches :

elles ne sont pas modé

ses leintes sont transp

EL moi, je vous dis «

bon, les carnations br

parence admirable de

— De grâce, interroi

lées, sa manière de peindre n'a point de solidité :

arentes comme du verre... Oh! Titien, Titien! LE FLAMAND.

ue les tableaux de Tilien sont noirs comme du charunes comme de la brique : ce n’est pas celte transtubens... ce...

npil un des auditeurs, impalienté de loules ces con-

tradiclions, de

e quel côté est la vérité? En conscience, dites-moi,

je vous prie, somme loule, quel est le peintre que l'on doit considérer comme le plus parfail modèle? »

Cette question éveilla l'attention de tout le monde; chacun voulut } répondre.

« C'est Rubens, c'est Pérugin, c'est Titien, disaient à la fois nos adversaires.— C'est Murillo, dit un Français. — Raphaël, dit un lalien. — C'est Rembrandt, dit un Hollandais.

- Pardieu, répliqua l'interlocuteur, voilà une question bien résolue ! auquel de vous me faut-il croire? »

Des faits que je viens de rapporter, voici les conséquences qui résultent, conséquences terribles, désespérantes, el qui s'opposent aux progrès des arts comme une barrière d’airain :

La première, c'est que non-seulement les individus, en général, ont une idée différente du beau dans la peinture, mais aussi les nations ; si bien qu'une chose peut être aussi méprisée. dans un pays qu'elle est admiréc dans un autre.

La seconde, &’est que n'ayant point de principes fixes sur le beau, point de règles d'après lesquelles nous puissions dire, avec la certitude de ne pointnous tromper aux veux de l'avenir : Voilà le bon, voilà le mauvais, nous

sommes, pour juger de la peinture, dans cet état de barbarie et d'igno-

rance où en serait la société s'il n'y avait point de religion, point de lois, el que chacun eût le droit de rendre soi-même la justice.

Ces conséquences en amènent encore une autre que voici :

C'est que tout jugement individuel sur les œuvres de peinture, devient, quelque ralionnel qu'il paraisse, absurde pour les uns, ridicule pour les autres, el, tout bien considéré, parfaitement inutile pour tout te monde.

0 peintres! vous lous que la erilique émeut, Jeunes artistes, écoutez : voici des réflexions qui vous feront sourire de pitié à la face de tous ceux qui vous prodigueront la louange ou le blâme, fussent-ils des savants, dés leuilletonistes, où même des peintres.

Souvenez-vous toujours :

1° Que la louange ou le blâme n’est souvent que le résultat d’une impression où d’un sentiment tout individuel, qui peut changer du jour au lendemain. Que, si cette louange ou ce blâme esl général sur vos œuvres, il ne peut l'être longtemps : la réaction, enfant du caprice et de la mode, remetlra demain sur le trône ce qu'hier elle a jeté dans la poussière.

2 Qu'il y a des millions d'hommes qui habitent l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre, avec des idées sur la peinture, aussi différentes, aussi con-

traire

s entre elles, que le sont leurs modes, leurs mœurs, et les pays qui les ont vus naître.

3° Que si tous ces hommes faisaient des feuilletons sur votre compte, vous en auriez au moins, selon toute probabilité, quelques milliers d'une opinion contraire à celle de vos admirateurs ou de vos critiques.

Après ces simples réflexions, que devient le jugement d'un seul homme ? Quel feuilleltoniste, critique où admirateur, ne ressemble alors à un atome parmi les atomes, à une goutte d’eau perdue dans la mer?

« Mais que voulez-vous done, me dira-t-on, vous qui allez aussi porter un jugement sur les œuvres exposées au salon ? »

\ cela je réponds que, semblable à Lant de milliers d'autres qui s'avisent de parler de peinture, ma manière de voir est toute individuelle, et que je n'y tiens pas plus que chacun ne tient à la sienne; que, vu la diversité d'opinions sur le beau en peinture, j'ai sur cette matière une opinion aussi, dont personne n'a pas plus le droit de me blâmer, que je n'ai le droit de blâmer celle des autres, el qu'entin j'ai le droit, aussi bien que les poètes,

les savants et les feuilletonistes. de porter mon jugement sur un tableau.

Ainsi que lant d'autres, me voilà done assis dans mon tribunal. prêt à condamner où à absoudre, n'ayant comme appuis de mes jugements ni code,

ni lois. En face de moi, sont les artistes assis sur leurs bancs, qui, écoutant

leur sentence, prétendent avec raison qu'aucun artiele de loi ne peut

les condamner, et qu'ils me jugeront aussi, moi. qui viens les juger, Je

vois plus loin la foule des spectateurs qui, avec les mêmes raisons qu

les peintres, prélendent aussi qu'eux seuls sout les véritables juges en peinture.

En présence d'une elle confusion, el voulant donner à mes jugements les raisons que je érois les pius jastes, je sens la nécessité d'établir comme base les principes sur lesquels je puisse fonder mes observations.

Mon opinion là-dessus sera une opinion comme une autre, approuvée €l combattue mille fois par autant de milliers d'opinions de toute espèce, el qui, si elle paraît juste dans un temps, paraîtra fausse dans un aulre.

Selon moi, le moyen le plus sûr d'apprécier le mérite des œuvres de peinture, serait d'établir un parallèle entre ces mêmes œuvres et celles des

crands maîtres qui ont obtenu, pendant des siècles, les suffrages les plus

constants et les plus unanimes *. Si nous n'avons aueune idée fixe sur le beau, n'est-il pas raisonnable, au milieu de celte divergence d'opinions, de nous en rapporter à ce qui a été le plus généralement approuve? « L'antique et constante admiration que l'on a loujours eue pour un ouvrage, « dil Boileau, est une preuve sûre et infaillible qu'on le doit admirer. » Ce que Boileau disait à propos des éerivains, peut fort bien, ce me semble, s'ap-

pliquer aux arts en général.

Je n'hésite done pas à poser en principe : 4° que les ouvrages des pein-

tres qui ont été le plus unanimement admirés des siècles peuvent être considérés comme des modèles du beau; 2° que, si ees ouvrages peuvent êlre considérés comme tels, on doit raisonnablement conelure que les œuvres qui en approcheut le plus sont aussi celles qui doivent être rantes parmi les productions d'un mérite supérieur.

Ces deux principes posés, il me reste maintenant à nommer les maitres qui vont me servir de Lerme de comparaison. D'après les recherches

les plus consciencieuses sur les succès qu'obtinrent Lour à lour el à

“A va deux ans. à l'époque de l'exposition d'Anvers, j'avais soumis au ministre un projet qui avait pour but de ramener nos peintres vers les grands principes de Par. Ce projet consistait à placer, au milieu de nos expositions, les fableaux des plus grands ialires et d'ouvrir mème des concours où les ariistes enssent été appelés à lutter contre ces maitres, en laissant à la postérité le soin de prononcer son jugement.

Gette idée, qui dut sourire à fout artiste qui aime la gloire, à fout homme qui sent ce que peut une aussi noble émulation, était adressée à un minis{re, Elle ne pouvait man-

quer d'être rejetée : ces hommes-l sentent-ils des choses aussi peu matérielles ?

Je vieus d'apprendre que le journal Le Globe, dans son feuilleton du fi septembre, a donné ce projet comme sien. On le voit, ee journal à peu de mémoire. En attendant, puisse mon idée se réaliser un jour! (Note de l'auteur).

ette lettre

articles el fragments

uministre fienve dans le présent volnme; on la brouvera sons ln rubrique ; Premier

diverses époques les peintres dont nous connaissons l'histoire, il est cer- Lin que ceux qui emportent le plus grand nombre de sufrages sont : Raphaël, Rubens, Michel-A

Cest done aux ouvrages de ces hommes immortels que je vais comparer

Titieu, Rembrandt, Gérard-Dow, le Lorrain.

sans cesse les lableaux du Salon. Suivant la tâche que je me suis imposée, je me bornerai à signaler ce qui approchera le plus des beautés de ces maîtres, el je garderai le plus complet silence sur ce qui s'en éloianera. de ne chercherai nullement à exprimer mes sentiments personnels ni sur les défauts, ui sur les moyens de les corriger, chaque artiste étant à même de sentir son côté l'aible Loutes les lois qu'il voudra bien supposer ses œuvres placées à côté de celles des maitres. Je dois ajouter que, autant que possible, je comparerai aux ouvrages exposés les tableaux des de dessin que de couleur, d'expression que de clair-obseur, seront compa-

Maîtres qui y sont analogues. Ainsi, les œuvres qui annoncent plus

rces aux ouvrages de Raphaël ; celles qui montreront une tendance vers les compositions fougueuses, les effets de couleur et de lumière, trouveront leurs modèles dans les ouvrages de Tilien, de Rubens, de iembrandt, ele, Il est bon de fa

e observer ici que je ne regarderai comme un l'Approchement vers les maîtres aucune œuvre pasliche, mais bien ce qui se soutiencra à côté des modèles par une juste observation des mêmes principes qui consliluent la beauté de ces chefs-d'œuvre.

Je commence mon examen par le {ableau qui occupe le fond de la salle

et, poursuivant à gauche jusqu'au bout de la galerie qui s'étend au delà des objets de sculpture, je reviens par la droite au point d'où je suis parti. Que le lecteur se rappelle sans cesse que, dans chaque tableau que je vais

ST Re.

citer, je n'indiquerai que les parties qui approchent le plus des œuvres des grands maîtres.

M. Navez.

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