EINTURE MODERNE VERS LES GRANDS PRINCIPES DE L'ART
Dans une brochure que j'ai publiée en 1844, j'ai déjà examiné celte question. On n'a point compris mon idée : peut-être at-on fait semblant de ne point la comprendre.
Le meilleur moyen, le seul peut-être de diriger les peintres dans une bonne voie, ce serait de placor au milieu de nos expositions les œuvres des grands maîtres.
Bien des gens ont objecté qu'il y avait, pour le peintre, un vain orgueil à placer ses œuvres à côté de celles des grands hommes.
A cela j'ai répondu :
I n°y à point d'orgueil à chercher à établir un parallèle entre ses propres
Lravaux el ecux des peintres les plus renommés; mais il y a de la vanité, el
ir pe
beaucoup, à reculer devant un tel parallèle; c'est l'amour-propre, la seu crainte d'une comparaison exposant les défauts à la critique et compro meltant la part de réputation acquise, qui fail prendre à la plupart des peintres le parli modeste d'éviter Loute comparaison.
Quelques personnes ont eru que ma méthode devait faire tomber dans
pastiehe.
Évidemment ces personnes ne m'ont point compris. Quand j'ai dit: Placez vos œuvres à côté de celles des grands maîtres, je
n'ai pas voulu dire : Imitez leur manière, leurs défauts; mais : Cherchez à vous pénétrer de leurs principes, à vous élever à la hauteur de leur talent.
Des feuilletonistes ont prétendu que le peintre devait faire des comparaisons de mémoire, c'est-à-dire rapprocher dans leur esprit les choses qu'ils ont vues de celles qu'ils voient. Poue répondre à eette observalion, j'en appelle à l'expérience des peintres, sur la différence qui existe entre les comparaisons failes de mémoire et celles qui se font en présence de
lableaux côte à côte placés.