AU DOCTEUR D U C II A S T E L !■ T
OMMENT? C'est pour de bon que vous nous dites ça, père Maujeu ?. . .
Vous, un ancien de la Commune ! . . .
La prochaine fois, quand on donnera le coup de torchon de la fin pour le triomphe de la Sociale, vous ne marcheriez plus avec les camarades ! Vous ne tireriez plus sur les pantalons garance et sur la rousse!... Et pourquoi donc ça? »
Le père Maujeu, ouvrier vieilli avant l'âge, — une tête hérissée de barbe et de cheveux gris, mais avec des yeux de brave homme, —
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secoua sur son pouce la cendre de sa pipe, regarda bien en face les deux jeunes camarades établis avec lui dans l'arrière-salle du cabaret, vida son verre et répondit :
« Pourquoi?... Eh bien! écoutez -moi ça, jeunes gens, et profitez-en, si vous pouvez... Pendant le Siège et pendant la Commune, vous le savez, j'étais dans un bataillon de Belleville. J'avais vingt-cinq ans, la cervelle chaude ; j'étais garçon, je ne dépendais de personne, et je voulais chasser les Prussiens et sauver la République... Attention, voilà qu'on capitule et que les monarchos conspirent à Versailles... Vive la Commune, qui nous paie trente sous par jour et qui nous laisse nos flingots!... Le jour de la grande sortie, nous allons jusqu'à Rueil, avec Flourens. Mais là, les gendarmes du petit Thiers nous accueillent par un feu de salve; et, par derrière, le Mont-Valérien nous couvrait d'obus... Nous apprenons que notre chef vient d'être tué. On se débande. Sauve qui peut!... Moi, je me jette dans une petite rue. Mais un gendarme m'a vu tourner l'angle et me poursuit. Nous étions seuls dans la venelle. Je me retourne. Il me couchait en joue. Je fais un bond de côté : il me manque... A mon tour! Et, pan ! je lui flanque mon coup de fusil à bout portant. Il lâche son arme, porte les deux