‹ ŒuvresChapitre 101 sur 186 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

dit saint Paul à un évêque ; et le divin fondateur de la religion refuse lui-même de juger dans la société politique , et défend à ses apôtres d'y combattre avec les armes séculières.

Mais le clergé, immortel, sédentaire, n'aliénant jamais, acquit beaucoup plus de liefs que la noblesse, bien moins constituée que le clergé (et c'éloit la faute de l'autorité), n'acquit de dîmes ecclésiastiques. Jl y avoit peu de grands bénéfices en France, et même ailleurs , qui n'eussent des fiefs dans leur dotation, et du moins en France il y avoit peu de dîmes inféodées dans les provinces du midi. Cette interversion de propriétés et de devoirs existoft encore en France; mais L'abus étoil senti : c'est ce qui faisoit que le clergé vendoit de préférence les fiefs, lorsqu'il lui étoit permis d'aliéner de ses propriétés , ou qu'il y étoil forcé, comme lors du rachat de François I '. et que les tribunaux civils ne inaintenon ut les laïques dans la jouissance des dîmes ecclcsias tiques, qu'autant que leur possession remontoit à une époque reculée, et qui étoit, je crois.

celle du second concile de Latran , en ii.'W). dont le second canon condamne les laïques qui prennent les dîmes à leur profit.

La proportion des richesses , et par conséquent de force qui devoit exister entre les deux ordres chargés du ministère public sur le même territoire , en fut dérangée. Le clergé devint opulent, et la noblesse indigente, et il en résulta, dans l'un, le dégoût chez les plus riches de leurs fonctions ; dans l'autre, l'impossibilité aux plus pauvres de remplir les leurs. Ces deux motifs s'aperçurent bien distinctement dans le remède que l'autorité religieuse et l'autorité politique cherchèrent, presque dans le même espace de cent ans, à porter au mal; remède, ou plutôt palliatif, qui, parfaitement semblable dans l'une et dans l'autre société, ne prouve que mieux le lien qui les unit et leur intime analogie : je veux parler de l'institution d'une milice non propriétaire dans l'Eglise et dans l'Etat, ou des religieux mendians et des troupes soldées.

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