LIVRE II, CHAPITRE JV je
Chine, au Japon, aux Indes, à Otaïti, et chez tout peuple en société politique dont le culte est public ou politique. JV'a-t-on pas vu le sacrifice mémo sanglant de l'homme reparaître en France en 1793, à l'instant que le sacrifice mystique du christianisme a été aboli? et n'étoient-ce pas de véritables immolations à la déesse de la liberté que ces sanglantes exécutions qui se faisoient journellement aux pieds de sa statue ? Le mahométisme , pur déisme, ne sacrifie pas l'homme sur les autels*, mais il le détruit par la mutilation, par la polygamie, par la barbarie dont cette religion est la cause, car elle opprime l'homme plus encore qu'elle ne déshonore Dieu. Si le mahométisme ne sacrifie pas l'homme sur les autels, la haine religieuse qu'il inspire à ses sectateurs contre les chrétiens, les idolâtres, les juifs, n'est-elle pas une disposition constante à les sacrifier, qui très-souvent a été jusqu'aux plus cruelles exécutions?
(£) Le mahométisme a de la durée sans progrès les sectes séparées du christianisme ont eu d«B progrès sans durée. Le mahométisme cependant lait des progrès sur l'idolâtrie, plus fausse que le mahométisme, M ce qu'elle n'a pas conservé. comme lui, le dogme de l'unité de Dieu, cl qu'elle n'a aucune connoisfiance du médiateur; mais il n'en l'ait pas sur le christianisme, malgré la dure II. i
5o LEGISLATION PRIM1TIYK,
condition où se trouvent les chrétiens soumis à sa domination. Les Grecs restent fidèles au christianisme, quoique séparés delà chrétienté. Si les Turcs étoient soumis à la domination d'une puissance chrétienne, les missionnaires les gagneroient aisément au christianisme. La force de la religion chrétienne est de triompher de l'erreur orgueilleuse comme de l'ignorance stupide, du glaive des tyrans et des sophismes des faux sages, du mépris et de la pauvreté comme des honneurs et des richesses , de la corruption de ses enfans et même de celle de ses ministres , des hommes enfin et même du temps •, et parce qu'elle honore le père et la mère, le pouvoir et le ministre, elle vit longtemps sur la terre que Dieu lui a donnée.
La religion chrétienne a fini l'homme et la société , virum perfectum in mensuram œtatis plenitudinis Christi; elle a tout consommé, consummatum est, a dit en mourant son fondateur. La parole de Dieu, Jatte homme pour les hommes, a exprimé les idées de tout ce que les Juifs ne pensoient qu'en images, et n'exprimoient qu'en figure, et la raison de l'âge mûr a remplacé l'imagination foible et mobile de l'enfance.
Pour les païens, ils ne connoissoient ni Dieu, ni l'homme, ni la société, ni même la nature; ils ne connoissoient que les passions.
Leur Dieu, optimuê, maximus, ou même sa sa-