‹ ŒuvresChapitre 32 sur 186 · DE LA SOCIÉTÉ POLITIQUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA SOCIÉTÉ POLITIQUE EN GÉNÉRAL

La. société de Dieu et des hommes , ou la religion , est universelle; elle peut et doit comprendre les hommes de tous les temps et de tous les lieux, parce que des rapports d'intelligence, ou des intelligences en rapport, n'occupant ni lieu, ni temps (i), peuvent toutes se réunir dans une pensée générale et une aflection semblable. Mais la société des hommes entre eux, en considérant les êtres sous des rapports physiques» ne peut être que locale et temporaire , parce qu'à cause* des lois des corps l'action physique est nécessairement limitée à un temps, à un lieu, et à un nombre déterminé.

(i) Espace et temps ><>nl des idées de même nature:

de là vii-iii qu'on dit indifféremment à la distance d'une

heure ou d'une lieue, l'espace <l'un jour ou .le dix toises. Eêpttci esi contiguïté, fanpj est continuité; l'un <•! l autre sont êuecetêion.

Cette société , qu'on appelle politique , pour la distinguer de la société religieuse , est plus ou moins étendue ; elle est domestique ou publique , famille ou Etat.

Ces deux états , domestique ou public de société , ont une constitution semblable , formée de trois personnes domestiques ou publiques : d'un pouvoir, émané de la souveraineté de Dieu; d'une autorité subordonnée ou d'un ministère par le moyen de qui le pouvoir, dans la famille, reproduit et conserve l'individu, et dans l'Etat, conserve et même multiplie et fait prospérer les familles; enfin d'un sujet qui, dans la famille et dans l'Etat , est conservé par le pouvoir (a).

Ces deux états, domestique ou public, de société ont une administration semblable, domestique aussi ou publique, et qui consiste, pour l'une et pour l'autre, dans la direction des personnes et le soin des propriétés (b).

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