‹ ŒuvresChapitre 88 sur 186 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ÉTABLISSEMENT DE l'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT.

IjA religion chrétienne, en paroissant au monde, appela à son berceau des bergers et des rois, et leurs hommages, les premiers qu'elle ait reçus, annoncèrent à l'univers qu'elle venoit régler les familles et les Etats, l'homme privé et l'homme public.

La constitution de la société, même politique, commença avec la constitution de la société religieuse, parce que les vrais rapports des personnes qui composent la société humaine (à la fois intellectuelle et physique,) lurent établis et déclarés. La souveraineté ah solue sur l'univers fut attribuée à celui dont la volonté doit être /dite sur la terre comme aux doux ; le pouvoir généra] dans la société fui

donné à celui qui dit de lui-même : l'ont pou-

>j(i TRAITK Dî MITWSTERE PUBLIC,

voir m'a été donné au ciel et sur la terre > et qui appelle les chefs des nations ses premiers ministres pour faire le bien , minister in bonum; le ministère fut consacré par ces paroles, qui conviennent aux ministres de toute société : Que celui qui voudra être le 'plus grand d'entre vous ne soit que le ministre des autres , et que celui qui voudra être le premier entre les autres ne soit que leur serviteur. Enfin , l'état de sujet, qui est l'enfant ou la personne /bible de la société, fut ennobli par ces paroles de la vérité éternelle : Laissez les petits s'approcher de moi y parce que tout , dans la société , pouvoir et ministres y même politiques, n'est établi que pour conduire les hommes le plus près possible de la vérité et du bonheur.

Les commencemens du christianisme furent loi blés en apparence, comme les commencemens de tout ce qui est destiné à une longue durée. Ses progrès, quoique rapides, furent long-temps obscurs, et ce germe chétif et imperceptible étendoit de profondes racines , avant de jeter au loin ces rameaux qui dévoient couvrir la terre de leur ombre.

L'idolâtrie, chassée du plus grand nombre

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