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MÉDAILLE D'HONNEUR OFFERTE A M. PASTEUR

morative de ses remarquables découvertes, une Commission à été d'en surveiller l'exécution. Les travaux étant terminés, cette Coms’est rendue, le 25 juin, au domicile de M. Pasteur [à l'Ecole Norour lui remettre la médaille, œuvre de M. Des Dubois, qui rappelle

ui etc. A cette occasion, M. Dumas prononça un discours dans lequel ppela les travaux de M. Les qui n’a connu que des succès, et dont

paroles de reconnaissance pour le Maître illustre qui avait encoudirigé sa jeunesse, et de remerciements pour les collègues et coni avaient eu la pensée de lui offrir une aussi haute marque de leur

on En nnollo: L'Académie se joint par acclamation à cette propo- Dre que les deux discours soient insérés aux Comptes rendus.

Discours bE M. Dumas.

vos maîtres avaient prévu que vous en seriez l'honneur; mais nul

prévoir quels services éclatants vous étiez destiné à rendre à la

es rendus de l'Académie des sciences, séance du 26 juin 1882, XCLV, p. 1669- Paris, 1882, Gauthier-Villars, broch. de 11 p., in-8e (2 fig.). Jamin. (Note de divers }

Vos premiers travaux faisaient disparaître pour toujours du domaine de la chimie les forces occultes, en expliquant les anomalies de l'acide tartrique.

Confirmant le caractère vital de la fermentation alcoolique, vous éten-= diez cette doctrine de la chimie française aux fermentations les plus diverses et vous donniez à la fabrication du vinaigre des règles que l’industrie applique avec reconnaissance aujourd’hui.

Dans ces infiniment petits de la vie, vous découvriez un troisième règne;

celui auquel appartiennent ces êtres qui, avec toutes les prérogatives de la

vie animale, n’ont pas besoin d’air pour vivre et trouvent la chaleur qui leur

est nécessaire dans les décompositions chimiques qu ils provoquent autour.

d'eux.

L'étude approfondie des ferments vous donnait la complète explication des altérations que subissent les substances organiques : le vin, la bière, les fruits, les matières animales de toutes les espèces; vous expliqué le rôls préservatif de la chaleur appliquée à leur conservation et vous appreniez à en régler les effets d’après la température nécessaire pour déterminer la mort des ferments.

Les ferments morts n “engendrent plus de ferments.

C’est ainsi que vous étiez conduit à maintenir, dans toute r étendue des

règnes organisés, le principe fondamental qui fait A la vie de la vie et

ra repousse comme une supposition sans utilité et sans base la doctrine de la génération spontanée.

C’est ainsi que, montrant l’air comme le véhicule des germes de la plu-

part des ferments, vous appreniez à conserver sans altération les matières

les plus putrescibles en les préservant de tout rapport avec l'air impur. Appliquant cette pensée aux altérations si souvent mortelles que les

blessures et les plaies éprouvent lorsque les malades habitent les lieux conta=

minés, vous appreniez à les garantir de ce danger en entourant leurs membres.

d'air filtré, et vos préceptes, adoptés par la pratique chirurgicale, lui assurent tous les jours des succès qu’elle ignorait et donnent à ses opérations une hardiesse dont nos prédécesseurs n’ont pas eu le pressentiment.

La vaccination était une bienfaisante pratique. Vous en avez dc la théorie et élargi les applications. Vous avez appris comment d’un virus on fait un vaccin ; comment un poison mortel devient un préservatif innocent. Vos recherches sur la maladie charbonneuse et les conséquences pratiques

qui en découlent ont rendu à l’ agriculture un service dont l’ Europe sent tout

le prix. Mais ce résultat acquis, tout éclatant qu’il soit, n’est rien à côté-des applications qu'on peut attendre de la doctrine à laquelle il est dû. Vous avez fourni à la doctrine des virus une base certaine en la rattachant à la théorie des ferments ; vous avez ouvert à la médecine une ère nouvelle en prouvant que tout virus peut avoir son vacein.

Au milieu de ces admirables conquêtes de la science pure, de la philosophie naturelle et de la pratique, nous pourrions oublier qu’il est une con trée où votre nom est prononcé avec un respect particulier : c’est le pays si fortuné jadis où s'élève le ver à soie. Un mal, qui avait répandu la terreur dans toutes les familles de nos montagnes méridionales, avait fait disparaître

les belles races qu’elles avaient créées à force de soins et de sages sélections.

La ruine était complète. Aujourd’hui, grâce à vos procédés de grainage

tue, les éleveurs ont retrouvé leur sécurité, et le pays voit renaître des sources de sa richesse.

Mon cher Pasteur, votre vie n’a connu que des succès. La méthode scienue, dont vous faites un emploi si sûr, vous doit ses plus beaux triomphes. ole Normale est fière de vous compter au nombre de ses élèves ; l’Acae des sciences s’enorgueillit de vos travaux ; la France vous range parmi loires.

u moment où, de toutes parts, les témoignages de la reconnaissance e s'élèvent vers vous, l'hommage que nous venons vous offrir, au de vos admirateurs et de vos amis, pourra vous sembler digne d’une tion particulière. Il émane d’un sentiment spontané et universel, et il rve pour la postérité l’image fidèle de vos traits.

. Puissiez-vous, mon cher Pasteur, jouir longtemps de votre gloire et con- La les fruits toujours plus nombreux et plus riches de vos travaux. La e, l’agriculture, l’industrie, l'humanité vous conserveront une gratiruelle, et votre nom vivra dans leurs annales parmi les plus illustres

pur m'ont inspiré une admiration qui n’a fait que grandir maturité de mon esprit.

avez dû deviner mes sentiments, mon cher Maitre. 11 n’est pas ule circonstance importante de ma vie ou de celle de ma famille, stance heureuse ou pénible, qui vous ait trouvé absent et que n'ayez en quelque sorte bénie.

il qu'aujourd'hui encore vous êtes au premier rang dans l’expresle ces témoignages, bien excessifs suivant moi, de l'estime de inaîtres, devenus mes amis.

Et ce que vous avez fait pour moi, vous l’avez fait pour tous vos . C’est là un des traits distinctifs de votre nature. Derrière les dus, vous avez toujours envisagé la France et sa grandeur. mment vais-je faire désormais ? Jusqu'à présent les grands éloges nt enflammé mon ardeur et ne m'’avaient inspiré que l’idée de rendre digne par de nouveaux efforts ; mais ceux que vous venez adresser, au nom de l’Académie et des Sociétés savantes, sont en é au-dessus de mon courage.

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