DU TOME VII
« De la vie des hommes qui ont marqué leur passage d’un trait de > durable, recueillons pieusement pour l’enseignement de la 1 té jusqu'aux moindres paroles, aux moindres actes PEORReS à connaître les aiguillons de leur grande âme. »
Nous nous sommes inspiré de ces paroles de Pasteur. La moindre I sée, le moindre mot de lui, publiés ou notés dans ses Cahiers et | s d’être retenus, ont été reproduits dans ses Œuvres. Nous Le: rien omis, afin que fussent connus dans leur vérité les idées les sentiments de Pasteur. Ainsi auront été rassemblés, en ces sept imes, tout ce qu’il a écrit, sauf ses lettres, la plupart d’ordre intime, | 3e leur place dans une autre publication.
Hs six premiers tomes des Œuvres de Pasteur sont le témoignage la magnifique ordonnance de la pensée de Pasteur, depuis les ux sur la dissymétrie moléculaire jusqu'aux recherches sur la laxie de la rage.
s ce septième et dernier tome, nous avons réuni des pages tifiques et littéraires, presque toutes en dehors du cadre des cherches que Pasteur poursuivait (!).
Pasteur était, en science, curieux de tout. Pour ne pas s’écarter de route qu’il s'était tracée, il lui fallait une sévère discipline, mais ait-il pas entraîné avec passion vers l'étude de la transformation la matière organique par les microorganismes ?
Les notes, publiées ou inédites, que l’on a pu retrouver de lui, les sujets les plus divers, n’ont été, dans sa vie scientifique, que ‘épisodes, mais combien révélateurs de sa façon de se saisir d’un
" M. Cependant nous avons inséré dans ce volume quelques pages sur les sujets des tomes précédents, pages inédites que nous avons trouvées récemment dans les papiers de Pasteur.
vi ŒUVRES DE.PASTEUR
sujet! « Il éclaire tout ce qu’il touche », disait un de ses maîtres. Il ordonne sa pensée selon un mode toujours simple. Il aime la précision. Il étudie les moindres détails parce qu’ils lui semblent pouvoir donner l'explication de l’ensemble. Son jugement est toujours sain. Son imagination est sans cesse en éveil. Sa pensée atteint parfois des profondeurs qui nous donnent le vertige. Il a la prescience de l’avenir scientifique. Ses discours, ses articles, ses pages littéraires sont d’une élévation morale et, en même temps, d’une puissance de style que l’on ne trouve que dans les écrits des hommes supérieurs. Dans sa pensée et dans son âme, tout est vérité et droiture. Il a l’aversion du désordre dans les mœurs comme dans les esprits. Il aime la discipline dans la vie sociale comme dans l’expérimentation. Il est un homme de tradition. Autant il est révolutionnaire en science, autant il respecte certaines conventions qu’il estime utiles à la cohésion morale d’une nation. Le scepticisme et l'ironie lui sont étrangers, car en lui rien n’ést artificiel. Il est tout d’un bloc. Ce qui domine dans ses écrits, c’est l'enthousiasme : à la fin de sa vie il est ardent, passionné, comme il l'était à trente ans.
A lire ces pages, on aime davantage Pasteur parce qu’on le sent toujours sincère. Il est vrai dans son amour envers son père. Il est vrai dans son dévouement envers ses maîtres. Il est vrai dans son ardeur patriotique. Il est vrai dans son désir de soulager la souffrance. Il est toujours profondément humain.
Les siècles passeront, mais son œuvre demeurera. Et, comme un écho de ses propres paroles, les hommes diront : « Telle celle de Lavoisier et de Newton et des rares génies qu’il est permis de leur comparer, elle restera toujours jeune. Certains détails pourront vieillir, comme des formes et des modes d’un autre temps; mais le fond, la méthode constituent un de ces grands aspects de l’esprit humain dont les années augmentent éncore la majesté. C’est dans ces modèles achevés qu’il faut contempler, pour la comprendre, la marche de la pensée déchirant les voiles de l'inconnu. »
PASTEUR VALLERY-RADOT
= COMMUNICATIONS OTES SCIENTIFIQUES :