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NOTE REMISE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES, SUR SA DEMANDE (1)
| dans le règne minéral, les matériaux nécessaires à leur ation.
,e: animaux se Sc ABiS sont ou de végétaux, ou d’autres chaux été eux-mêmes n nourris de MAR en sorte Sur les matières
ù Ja estition. la putréfaction et és combustion rendent ement à l’air de l'atmosphère et au règne minéral les prin-
roblème de la perpétuité de la vie à la surface de la terre. x premiers forment l’unique objet des travaux de la physioerne. Quant au troisième, c’est-à-dire, pour me servir des de Lavoisier, le retour perpétuel à l’air de l’atmosphère et au
naustrite. Une copie de cette Note est conservée aux Archives Nationales. Elle ée, au moment du Centenaire de Pasteur, dans le Bulletin de l'Institut Pasteur, n° 14, 31 juillet 1928, p. n87.
vas (J.-B.). (Notes de l'Édition.)
n ŒUVRES DE PASTEUR
l’éclairer par des expériences directes que j'ai appliqué depuis long-
temps mes efforts, heureux d’y avoir porté déjà quelques lumières, ainsi que j'essaierai de vous le faire apprécier tout à l'heure. Je désire
auparavant, Monsieur le Ministre, vous donner jusqu’à un certain
point la mesure de l'intérêt de ces travaux.
Nous savons que les matières extraites des végétaux fermentent, lorsqu'elles sont abandonnées à elles-mêmes, et disparaissent peu à peu au contact de l'air. Nous savons que les cadavres des animaux se putréfient et que bientôt après il ne reste plus que leurs squelettes. Ces destructions de la matière organique morte sont une des nécessités de la perpétuité de la vie. Si les débris des végétaux qui ont cessé de vivre, si les animaux morts n'étaient pas détruits, la surface de la terre serait encombrée de matière organique, et la vie deviendrait impossible, parce que le cercle de transformation dont j'empruntais tout à l'heure l'expression à Lavoisier ne pourrait se fermer. En d’autres termes, lorsque dans un être vivant les mouvements intestins
que réglaient les lois de la vie viennent à s'arrêter, l’œuvre de la.
mort ne fait que commencer. Il faut, pour qu’elle s'achève, que la matière organique du cadavre quel qu’il soit, animal ou végétal, fasse retour à la simplicité des combinaisons minérales. Il faut que la fibrine de nos muscles, l’albumine de notre sang, la gélatine de nos os, Purée .de nos urines, le ligneux des végétaux, le sucre de leurs fruits, la
fécule de leurs graines... se réduisent peu à peu à l’état d'eau, d’ammoniaque et d'acide carbonique, afin que les principes élémen-
taires de ces matières organiques complexes puissent être repris par les plantes, élaborés de nouveau, et servir d’aliments à de nouveaux êtres semblables à ceux qui leur ont donné naissance, et ainsi nt suite perpétuellement pendant toute la durée des siècles.
Comment s'opèrent toutes ces transformations ? Voilà le problème, qui se subdivise en une foule d’autres pleins d'intérêt et d'avenir, à la solution duquel j’oserais prétendre. J’y ai déjà consacré six années du travail le plus assidu, et il me semble que je puis ajouter avec confiance que mes premiers résultats laissent entrevoir dès à présent la loi la plus générale de cet ordre de phénomènes. J'arrive, en effet, à cette conclusion que la destruction des matières organiques est due principalement à la multiplication d’êtres organisés microscopiques, jouissant de propriétés spéciales de désassociation des matières organiques complexes, ou de combustion lente et de fixation d'oxygène, propriétés qui font de ces êtres les agents les plus actifs de ce retour nécessaire à l'atmosphère de tout ce qui a eu vie, dont je parlais tout à l'heure.
Jai démontré que l’atmosphère au sein de laquelle nous vivons ie sans cesse les germes de ces êtres microscopiques, toujours
à se multiplier au sein de la matière morte, afin d’y accomplir le
nce, tantôt la matière organique se gazéifie par fermentation, l'oxygène de l’air se fixe sur elle, en proportions considérables, opère peu à peu la combustion complète.
aire toucher du doigt, pour ainsi dire, l’un des nombreux phénoqui se rattachent à la loi universelle de mort et de destruction les êtres vivants.
nécessité, que ces milliards de ue de sucre font pet fassent retour à l’air de A 6 a) L'homme qui utilise
le par l’acte de sa respiration que la combustion complète de ses incalculables de sucre n’en éxisterait pas moins. Car, je te, il est dans les lois de la permanence de la vie à la surface de re que tout ce qui a fait partie d’un végétal et d’un animal soit t, et se transforme en substances gazeuses volatiles et miné-
els sont donc les procédés à l’aide desquels la nature peut > ces quantités prodigieuses de matière sucrée que l’organisme al élabore chaque année? Dès qu’une portion quelconque d’un jus ré est abandonnée à elle-même, l'air y apporte le germe d’un petit
végétal mycodermique qui s’y propage avec une facilité remarquable, et corrélativement à sa vie et à sa multiplication le sucre se transforme en alcool et en acide carbonique. Ce petit végétal est l’un des
nombreux ferments organisés du sucre. Nous voyons que dans cette
première phase des phénomènes le sucre commence déjà pour une part à faire retour à l'air, puisque l’un des principes de sa décomposition est le gaz acide carbonique. Mais il reste l’alcool qui doit étre détruit à son tour. Or, j'ai établi récemment avec une entière certitude que l’alcool se détruit sous l'influence d’un végétal microscopique
différent du précédent, dont le germe est également apporté par l'air
dans le nouveau liquide alcoolique et que ce végétal jouit de la propriété très remarquable de fixer l'oxygène de l’air sur l'alcool pour en faire de l’acide acétique; puis, si l’action de ce végétal microscopique se continue, l'oxydation dont il est l'agent nécessaire se portant sur l'acide acétique lui-même transforme entièrement cet acide en eau et
en acide carbonique, qui sont les termes extrêmes de la destruction
du sucre et de son retour intégral à l'air de l’atmosphère. De petits êtres microscopiques sont les agents cachés de ce phénomène naturel, grâce aux propriétés admirables que Dieu leur a départies.
Je n'ai pas besoin d’ajouter qu’en arrêtant la combustion du sucre au terme alcool, et la combustion de l’alcool au terme acide acétique, l’industrie de l’homme a créé le vin, la bière... le vinaigre.
Et voyez ici, Monsieur le Ministre, comme la science pure, dans
ce qu’elle a de plus élevé, ne peut avancer d’un pas sans faire profiter
tôt ou tard les applications industrielles de ses précieux résultats. En étudiant, en effet, la suite des phénomènes dont je viens de parler, au point de vue exclusif de leur cause première et des agents mystérieux qui la déterminent, j'ai reconnu deux principes nouveaux dans tous les liquides fermentés, l’acide succinique et la glycérine qui entrent, par exemple, pour le vin, dans la proportion considérable de 8 à 9 grammes par litre. Ce fait n’avait même pas été soupçonné jusqu'à ce jour, et, pour le dire en passant et ajouter un trait de plus à la fécondité des applications de la science pure, cette circonstance
rendait impossible la fabrication artificielle du vin à l’époque de la
maladie de la vigne, époque à laquelle l'Empereur dans sa haute sollicitude songea, dit-on, à remplacer le vin naturel qui faisait défaut par un vin artificiel composé des mêmes principes. On aurait pu assurément répondre au vœu de l'Empereur par la préparation d’une boisson qui eût offert des ressemblances avec le vin, mais à laquelle aurait manqué forcément, puisqu'on ignorait leur présence dans le vin naturel, environ 7 à 8 grammes de glycérine par litre; et, comme la