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SUR UN FAIT DE GUÉRISON DE FIÈVRES INTERMITTENTES

A l’occasion de la Note que vient de lire M. le D' Guéneau de Mussy (?), et dans laquelle il a rappelé les travaux considérables accomplis dans ces dernières années en Angleterre sur la fièvre

typhoïde, je prie l’Académie de me permettre de lui signaler un fait de

guérison de fièvres intermittentes, dont j'ai été le témoin dans les circonstances suivantes : |

Un jeune homme que je connais tout particulièrement souffrait de fièvres intermittentes depuis l’automne de l’année dernière; les accès

étaient devenus fort inquiétants. Au mois de juin dernier, ils se pro-

duisaient régulièrement tous les trois jours. Le sulfate de quinine ayant été impuissant à faire disparaître le mal, je dis un jour à ce jeune homme : Vous pourriez peut-être essayer des injections sous-cutanées

à l’acide phénique ; j’ai vu dans le courant de cette semaine M. le

D' Déclat, qui prétend guérir facilement par ce moyen toutes les fièvres intermittentes (#). Ce jeune homme alla trouver le D' Déclat qui lui fit successivement, du 20 juin au 2 juillet, onze injections de C gouttes chacune, soit d'acide phénique à 2 1/2 pour 100, soit de phénate d’ammoniaque au même titre. :

L'accès du 6 juillet ne revint pas et depuis lors le malade va très bien et n’a plus eu le moindre accès de fièvre. Les injections ont toutes été faites sur le ventre et de côté, à droite ou à gauche.

1. Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 28 novembre 1876, 2 sér., V, p. 1112-

2. Guéneau DE Mussy. Étude historique et critique sur l’étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde. Zbid., p. 1110-1112.

8. DécLar. Traité de l'acide phénique. Paris (2 éd.), 1874, in-16. (Notes de l'Édition.)

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Le jeune homme dont je parle ayant été chasser en Sologne penles dernières vacances trouva dans la maison qu’il habitait deux

Les accès revenaient pour chacun d’eux tous les jours vers Pour le mari, qui était le plus malade et alité, la fièvre durait six emanes: ; pour la ce ge depuis MES jours un

quée par le dernier accès chez son mari; le lendemain, l'accès ne revint pas, et depuis lors la fièvre n’a pas reparu ; elle est

nt complétement guérie.

| OBSERVATIONS (1) PROPOS DE LA NATURE ET DE LA CONTAGION DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE|

demande seulement la permission de faire remarquer, en ayant : des observations qui me sont personnelles, que les maladies ptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 15 janvier 1877, LXXXIV,

izauv. Note sur la question de la mature et de la contagion de la maladie dite fièvre 1bid., p. 101-106. (Note de l'Édition.)

les plus contagieuses et les plus infectieuses peuvent ne pas être considérées comme telles par des hommes éminents, tant que les causes de ces maladies sont inconnues.

Avant mes recherches sur la pébrine et la flacherie des vers à soie, on admettait que‘la maladie des vers à soie n’était ni contagieuse (propagation au contact), ni infectieuse (propagation à distance), mais qu'elle était éminemment épidémique. J'ai démontré, au contraire, que la maladie était tout à la fois contagieuse et infectieuse au plus haut degré, et nullement épidémique, dans le sens qu'on donnait à cette expression; car il devint bientôt relativement facile d’élever et de maintenir sains des vers issus de graines saines, dans les départements de grande culture qui passaient pour les plus infectés.

C’est précisément sur la connaissance de la contagion et de l’infection que j'ai fondé les méthodes pratiques qui ont contribué à relever l’industrie séricicole et dont l’application se répand de plus en plus.

Il en sera de même, on peut l’espérer, de la fièvre typhoïde. La connaissance de sa cause rendra compte et de la facilité avec laquelle elle se propage dans certaines circonstances et de la difliculté de sa contagion dans d’autres. Nul doute également que la connaissance de cette cause ne nous éclaire pleinement sur les moyens préventifs de cette terrible affection. C’est déjà l’opinion fortement motivée de divers médecins, de William Budd principalement et de M. Guéneau de Mussy, dont j'ai eu l'honneur de présenter un récent opuscule sur ce sujet à l’Académie (1).

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