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SUR DES CONSERVES DE LÉGUMES VERDIS PAR LE SULFATE DE CUIVRE

fl" 16ERR Paris, le 8 février 1877.

Monsieur le Préfet,

le Procureur général près la Cour d’appel de Paris a communiqué, le obre dernier, à la Préfecture de Police, pour renseignement, une lettre : au Garde des sceaux par le sieur G..., fabricant de conserves aliment dans laquelle ce fabricant appelait l'attention du Gouvernement sur r que présente, pour la santé publique, la préparation devenue génés surtout sur la place de Paris, de conserves de légumes verdis au du sulfate de cuivre.

L été répondu, le 26 dudit mois, à M. le Procureur général, que ji ire de Police, sur des dénonciations analogues à celle du sieur G.. ter chez les fabricants de conserves qui lui étaient signalés, Les 869, des boîtes de pois et de haricots qui ont été soumises à l'examen | de salubrité, et qu'il a été constaté que ces échantillons ne contecun sel de cuivre; que des prélèvements du même genre avaient faits en 1872, 1873 et 1875, et que les résultats obtenus par les ( chimiques avaient toujours démontré l’absence de sels de cuivre s échantillons prélevés.

renseignements ayant été transmis au plaignant par M. le Procureur le sieur G... s’est présenté au 4° bureau de la 2° division et il a que la préparation des conserves alimentaires par les sels de cuivre pratiquée par la plupart des fabricants, dont il n’a pas voulu d’ailleurs les noms.

Blois, il a fait connaître qu’o ‘on trouverait des petits pois verdis par les

: Verdissage des conserves alimentaires au moyen des sels de cuivre. (Conseil

HiRibliqee et de salubrité.) Paris, 1880, Boucquin, brochure de 36 pages in-4°

ginal de ce Rapport (n° 43, de 1877), qui a été lu au Conseil dans la séance du 9 février,

> le tableau des 18 boîtes examinées, avec l'indication de leur contenu et le nom et

détaillants chez qui la Préfecture de Police les avait fait acheter à fin d'analyse. dition.) |

sels de cuivre, chez les épiciers des grands quartiers, chez les fruitiers habi-

tant le pourtour des Halles et les rues adjacentes, chez les marchands de la Halle et aux marchés de la Madeleine et Saint-Honoré..

Conformément à ces dernières indications, l'Administration de la Préfecture de Police a fait acheter, par divers inspecteurs des comestibles, des boîtes de conserves de petits pois chez un grand nombre de détaillants, soit

dans le quartier des Halles centrales, soit dans les marchés et auprès des

marchés Saint-Honoré, de la Madeleine et de La Rochefoucauld.

Chacune de ces boîtes susdites fut revêtue d’un numéro d’ordre correspondant au nom et à l’adresse du détaillant; ces boîtes sont au nombre de 18.

L'ensemble de tous ces échantillons a été renvoyé à mon examen par le Conseil de salubrité.

J'ai trouvé la présence du cuivre dans les n° 1, 4, 5, 6, 8, 12, 13, 16, 17, 18. N’en contenaient pas les n°* 2, 7, 9, 10. En conséquence, l’examen de 14 boîtes de conserves de petits pois prises au hasard a fait reconnaître, la présence du cuivre dans 10 d’entre elles.

Je crois pouvoir, en outre, affirmer que toute personne, après quelquès minutes d'exercice sur des échantitiis convenablement choisis, pourra reconnaître avec certitude, à la simple inspection du contenu des conserves de petits pois, celles qui contiennent du cuivre et celles qui n'en. contiennent pas. Toutes les fois que les petits pois conservés offrent, même à un très faible degré, la teinte verte des petits pois naturels, on peut être assuré qu'ils

renferment du cuivre. Au contraire, {oute conserve qui a une teinte jaunâtre,

non mélangée de vert, n'en contient pas.

D’après mes propres observations, et aussi sur des renseignements pris à

bonne source, je crois pouvoir dire en toute confiance que, dans l’état actuel de l’industrie des conserves alimentaires, il n'existe pas de procédé qui per-

mette de fabriquer des conserves de petits pois avec teinte verte plus ow moins

prononcée de ces derniers, sans addition d’un sel de cuivre.

L'étude à laquelle je me suis livré a permis de reconnaître que le liquide

qui baigne les petits pois renferme toujours du cuivre quand les petits pois en renferment eux-mêmes, mais en quantité très faible; le cuivre se fixe particulièrement à l'état insoluble dans la matière solide des petits pois et notamment dans leur partie légumineuse, sous l'enveloppe corticale extérieure.

Les numéros des conserves précédentes qui renfermaient le plus de cuivre sont les n° 1, 4, 5, 12, 16, 17, 18.

Les n°° 6,8 et 13 en contenaient beaucoup moins.

La quantité totale de ceux qui en contenaient. le plus n'atteignait pas.

1/10.000 du poids total de la conserve, abstraction faite du RE qui baigne les petits pois.

Je dois ajouter ici, à titre de renseignement, que M. le D' Galfppe! prépa-

rateur des cours d” hisioire naturelle à l'École supérieure de pharmacie de

Paris, a publié en 1875 une Étude sur le cuivre et ses composés dans laquelle il essaie de démontrer « que les composés du cuivre ne sont pas aussi vénéneux qu'on l’a prétendu jusqu'à ce jour, et que l’empoisonnement mortel par ces composés est, sinon impossible, au moins extrêmement difficile à réaliser, dans les espèces animales qui peuvent vomir ». Mais je m’empresse d'ajouter qu’en supposant même que des expériences nouvelles viennent confirmer les

conclusions du travail de M. Galippe, l'Administration n'en devrait pas moins proscrire le traitement des conserves alimentaires par les sels de cuivre. Qui dit petit pois, dit un produit naturel donné par la végétation, et où le cuivre t absent. La tolérance ne pourrait jamais être admise qu’à la condition obliger le fabricant et le vendeur à intituler leurs boîtes : Conserves DE 7S POIS VERDIS PAR LES SBLS DE CUIVRE. Dans ce cas, la tolérance reviendrait prohibition absolue, car il n’est pas probable qu’un consommateur quel- Die é'accommedit d'un aliment portant cette suscription. Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon respect.

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