DES VIANDES DE MOUTON CONGELÉES DE LA PLATA
Gi : Paris, le 20 février 1880.
ÿ Ronmieur le Préfet,
vrier courant, j'ai été chargé d'examiner de la viande de mouton d'Amérique par le navire « Le Paraguay », chargé de dix mille des meilleurs troupeaux de La Plata. Les moutons avaient été ë 17 LE au 7 novembre 1879. Parti du lieu d’abatage le
itillon envoyé par M. l’Inspecteur principal de la boucherie était né d'un Rapport très favorable émané de cet Inspecteur. Suivant > de la viande de ces moutons ne laisse rien à désirer. Cependant
Rapport ne 64, de 180. Inédit. (Note de l'Édition.) | MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES. 8
pour mouiller complétèement plusieurs doubles de papier dans lequel elle était enveloppée. Son goût était, pour les parties superficielles, aigre et désagréable. Evidemment la viande en se dégelant et en restant exposée à l'air pendant trois jours au moins était devenue mauvaise, et si je n’avais eu entre les mains que le morceau prélevé le 2 février par M. l’Inspecteur principal, j'aurais dà faire beaucoup de réserves sur la qualité de cette viande.
Mais le hasard a voulu que je fusse mis en mesure d’examiner d’autres ] |
échantillons de la viande apportée par le même navire. Un ingénieur de la marine m'expédia, en effet, à deux reprises, du Havre des gigots congelés et non congelés et ultérieurement des côtelettes congelées prises au marché des Carmes. Ces nouveaux morceaux ont pleinement satisfait toutes les personnes qui en ont mangé, et en définitive mon opinion n’est pas moins favo-
rable que celle de M. l'Inspecteur principal de la boucherie sur la valeur et
la qualité de cette viande.
Toutefois, on peut induire, de ce qui s’est passé pour l’échantillon adressé
par l'Administration, que cette viande, qui arrive dans le meilleur état sur
le marché de Paris, doit être débitée et mise en consommation assez pren tement. Dans ces conditions, elle ne laisse vraiment rien à désirer. Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon respect.