‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 62 sur 180 · RAPPORT SUR LES AGRÉGÉS-PRÉPARATEURS · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES AGRÉGÉS-PRÉPARATEURS

der octobre 1858.

Monsieur l’Inspecteur général,

En 1846, M. le conseiller Dubois, chargé de la direction de l'École, demanda, sous l'inspiration et avec l’appui de M. Thenard, si bon juge en matière d'enseignement scientifique, qu’il fût créé à l’École Normale trois places d’agrégés-préparateurs. Cette création coïncida avec la translation de l’École dans le local qu’elle occupe aujourd’hui. Les agrégés-préparateurs devaient être chargés de conserver les collections et d’assister MM. les professeurs de physique, de chimie et d'histoire naturelle dans les travaux de manipulation qu'ils font exécuter aux élèves. On peut dire que cette institution des agrégéspréparateurs était indispensable au moment où l’École Normale entrait en possession de vastes laboratoires et de collections incomparablement plus riches que celles qui lui servaient au vieux collège

de Plessis. Mais à côté de l’utilité pratique de linstitution, il y en a

une autre pleine d’avenir qui n’avait point échappé à MM. Thenard et Dubois, que je vais essayer de mettre en lumière, et qui vous conduira, je l'espère, M. l’Inspecteur général, à faire prévaloir quelques dispositions nouvelles dont vous avez bien voulu déjà approuver les premières bases dans des conversations particulières.

Le premier devoir de l’École est assurément de former des soute seurs pour l’enseignement secondaire: Elle n’a jamais failli à cette mission. De même que nos écoles primaires trouvent leurs meilleurs maîtres dans les écoles normales des départements, de même les professeurs les plus distingués de nos lycées sont sortis de l’École Normale de Paris. Quant à l’enseignement supérieur, il ne se recrute dans aucune école spéciale et il doit en être ainsi. Les chaires de l’enseignement supérieur sont le but élevé auquel aspirent tous les professeurs de talent de nos lycées, et par là elles entretiennent le

1. Extrait d'un Rapport, tiré des archives de l'École Normale et publié in : « L'École Normale supérieure. D'où elle vient — où elle va. Documents réunis par C. BouGLé. Paris (1934), Librairie Hachette, 112 p. in-8&. »

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goût des hautes études dans l’Université. C’est, à mon avis, une fausse idée dont l’application d’ailleurs n’a eu aucun succès, que celle e pourvoir aux chaires du haut enseignement par des concours grégation de Faculté. Je n’ignore pas que c’est par un mode de ce

essous d'elles qu'on puisse comparer à nos lycées pour former ; professeurs ; et je comprends en ce qui les concerne l'utilité de égation de Faculté, comme noviciat des professeurs titulaires. Le able noviciat, au contraire, de l’enseignement des Facultés, dans re des lettres et des sciences, me paraît étre l’enseignement des ses. Ce sont les professeurs les plus distingués de l’enseignement ondaire, ceux qui ont montré de l'aptitude pour les recherches nales, qui doivent être appelés naturellement à composer le nnel de l’enseignement supérieur. Ce qui importe, c’est que la soit possible, c’est-à-dire qu’il y ait toujours dans les lycées un re suffisant de professeurs distingués par leur mérite pour plir les vacances des chaires des Facultés. Or, je crois que l'École ale peut beaucoup faire pour arriver à ce résultat, bien que ignement supérieur ne soit pas directement de son ressort; je que, tout en formant des élèves pour l’enseignement secondaire vement, elle peut entretenir parmi eux, lorsqu'ils ont quitté le goût des fortes études qui mènent aux Facultés. Chacun en d’ailleurs que les lycées seront toujours les premiers intéés à cette féconde émulation

Comment donc l'École peut-elle faciliter à un assez grand nombre ses anciens élèves le travail qui conduit au doctorat et à l’enseient supérieur? Le moyen est très simple dans l’ordre des ces. L'institution des agrégés-préparateurs un peu modifiée et D phai ce but au-delà des espérances que l’on pourrait evoir. Je n’en voudrais d’autre preuve que celle-ci. Tous les teurs de l’École depuis 1846, date de l'institution, à l’exception seul, ont été reçus docteurs, et la plupart sont aujourd’hui profess de Faculté. heureusement, par un abus que je n'ai

de l'École. 11 y en Et 18 si on ne les avait maintenus que nées, temps bien suffisant. 18 docteurs en 13 ans, c’est-à-dire

‘rieur, ce n’est point encore assez. Mais il est facile d'augmenter

beaucoup ce nombré par l'adoption des deux mesures suivantes : porter de 3 à 5 le nombre des préparateurs, et ne les maintenir que deux années en fonction (!).

: L. Pasreur.

[LETTRE A S. E. M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE" ET DES CULTES RELATIVE AUX AGRÉGÉS-PRÉPARATEURS] &@)

Je Paris, le 24 octobre 1858. ' Monsieur le Ministre, FNÉRREE

Votre Excellence m'a ordonné de lui remettre une note écrite sur les modifications qu’il serait utile d'apporter à l'institution ne Agrégés-préparateurs de l’École Normale, aussi bien pour éviter le … renouvellement des abus auxquels elle a été mêlée, que pour se donner toute l'efficacité dont elle est susceptible. |

J'avais déja commencé ce travail lorsque j'ai appris que M. le Directeur de l’École avait adressé à Votre Excellence le Rapport que je lui avais soumis à lui-même pour l’éclairer sur mes propositions. Je ne pourrais que reproduire ici les motifs allégués dans mon Rapport ss à et je prends la liberté de prier Votre Excellence de vouloir bien-y "

1. L'institution dont Pasteur démontrait si clairement l'utilité a été maintenue à FÉcole. Le nombre des agrégés-préparateurs a atteint 10 en 1930; deux agrégés-répétiteurs ont été nommés pour les lettres. 7.

Dans un Rapport pour la préparation du budget de 1931, M. Vessiot proposait une a « mesure qui rendrait des services précieux, non seulement au secrétariat et à la surveil- | lance, mais aussi à l’enseignement de l’École; et qui aiderait, dans les disciplines littéraires, à la formation de jeunes savants.

« Il s’agit de créer des postes d'agrégés-répétiteurs. Ces agrégés-répétiteurs seraient destinés à jouer, auprès des élèves de la section des lettres, le rôle d’initiateurs et d’entraineurs, qui est, dans la section des sciences, celui de nos agrégés-préparateurs. On compléterait leur service de répétiteurs par des services de secrétariat, de surveillance ou de bibliothèque, qui suppléeraient, à ces divers points de vue, à l'insuffisance de l’organisation actuelle.

« En ce qui concerne l’enseignement, cette création consoliderait l'institution d'exercices . pratiques, ébauchée par M. Lanson, et dont le succès nous a déjà conduits, M. Bouglé et moi, à le renforcer, en faisant appel à notre agrégé-surveillant et à notre agrégé-bibliothécaire, spécialement rémunérés à cet effet. C’est là, du reste, une forme d'enseignements auxiliaires dont la Faculté des Lettres de l'Université de Paris a reconnu la nécessité pour ses élèves. C'est ce qu’on peut appeler l’organisation du travail par équipes.

« Je considère que cette création définitive d'agrégés-répétiteurs rendrait les plus grands services à l'École, à l’enseignement et à la recherche. » (Note de C. Bouglé.)

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