L. PASTEUR
>s inédites, écrites en 1858. Elles font partie d’une leçon intitulée : Recherches histola découverte de la décomposition de l'acide carbonique par les parties vertes des En marge de ces notes, Pasteur a écrit : « Voir le Rapport à M. Nisard sur l'utilité hode historique dans l’enseignement ». (Il s'agit du Rapport précédent.) [Note de
faits que j'envisage ici plus particulièrement, ne réclame qu’un petit nombre d'expériences. Mais si l’on cherche à se rendre compte de son origine, si l’on suit avec rigueur les progrès de la science dans ce qui s'y rapporte, on est frappé de la lenteur avec laquelle elle a pris naissance. Elle n’est jamais l’œuvre d’un seul homme et chacun de ceux qui y ont concouru lui ont donné bien des veilles. On peut adopter dès lors dans l’exposition d’une découverte deux méthodes très distinctes : l’une consisterait à énoncer la loi, et, sans s'inquiéter de la manière dont elle s’est fait jour et de ses humbles débuts, à en donner une démonstration claire et précise, sans s'inquiéter des difficultés dont elle est entourée à son origine ; l’autre essentiellement historique consisterait à rappeler les efforts individuels des principaux auteurs qui ont eu une part réelle à l'établissement de la loi, leurs expériences décisives, en adoptant de préférence les termes mêmes dont ils se sont servis, indiquant la disposition de leurs appareils et essayant de reporter par la pensée l’auditeur à l’époque où la découverte a eu lieu.
Cette seconde méthode me paraît avoir de grands avantages sur la première. Elle façonne l'esprit à la manière des inventeurs et devient par là un guide excellent de l'intelligence. Elle montre que rien de durable ne se fait sans beaucoup d'efforts. Elle donne à l'esprit des habitudes de modestie, invite la jeunesse au respect de l’autorité et des traditions, lui inspire le culte des grands hommes, sans faire d’eux des demi-dieux avec des facultés surnaturelles et inaccessibles, mais les
montrant surtout hommes de labeur et de dévoûment, vertus dont
nous sommes tous capables quand une volonté forte nous assiste.
La réimpression des ouvrages scientifiques ne se fait pas. L'éditeur ne pourrait trouver à placer de tels ouvrages. Un gouvernement seul
peut l’entreprendre. Cette réimpression n’existant pas, parce que.
d’autre part l'erreur y est trop souvent mêlée à la vérité, il en résulte que l’on aborde la culture des sciences avec une ignorance complète du passé. On s’imagine que la science est d'aujourd'hui. On ne voit pas que son état actuel n’est qu’un progrès sur l’état d’une période précédente. Ne sachant pas ce qu’une découverte utile a coûté de temps et de labeur, on s’imagine qu’il est bien facile d’en faire, et dans tous les genres, en morale, en politique, en institutions de tous genres.
Qu'on ouvre les ouvrages élémentaires, ceux qui fixent pour la première fois dans notre esprit les premières notions des sciences, on n’y voit jamais la relation de l’historique d’une découverte. Rien qui rappelle l’homme, l’auteur, le labeur ; rien qui éveille le respect pour