‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 83 sur 180 · AE · texte numérisé non relu

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enseignements du Muséum et de l’École Polytechnique n'ont nt rien perdu de leur éclat. Ces établissements ne forment plus de savants d'avenir, et ils les formaient tous autrefois. Voilà où se ent, à mon avis, la décadence et le danger.

je ne me trompe, c'est sur ce point capital de la production que que l'Empereur doit porter particulièrement sa sollicitude. améliorations diverses peuvent contribuer puissamment à la supériorité de la France. Les hommes ne manqueront pas, es institutions sauront les faire surgir.

e se au premier rang des améliorations tout ce qui concerne boratoires, plus généralement tout ce qui concerne les moyens | riels dont les savants peuvent disposer. Sur ce point, notre infévis-à-vis des autres nations est si palpable, que je ne m'arrêterai la démontrer. La plupart de nos laboratoires sont dans un état ble. J'ai élevé naguère, à ce sujet, des plaintes douloureuses une petite brochure intitulée : Le Budget de la Science (!).

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Le cumul est une autre plaie de nos grandes institutions scien fiques. Lorsque la notoriété arrive pour un savant, comme en géné c'est l’époque de sa vie où se multiplient pour sa famille les besoi matériels, à une position il en ajoute une seconde, quelquefois à troisième. Il en résulte que ses loisirs disparaissent, précisément. moment où ils devraient s’accroître. La situation est inverse à l’étran: Lorsque les travaux d’un savant allemand viennent illustrer son nc bientôt des Universités diverses briguent à l’envi l'honneur de le séder. Maître des conditions de sa carrière future, dominé d’ail par la noble ambition de tous les inventeurs, notre savant d’outrese décide pour l’Université, quelle que soit l’importance de cell qui offre les ressources les mieux appropriées à la poursuite de travaux. Aussi nous apprenons à chaque instant qu’un savant émir a passé de telle petite ou grande Université dans telle autre, sou condition expresse de la construction ou de la dotation plus élevé d’un magnifique laboratoire : magnifique! non pour l’architectur moins qu'un certain orgueil national n’intervienne, ce qui se voit & vent et ce qui est une marque de l'estime qui s’attache en ces pa la gloire scientifique), mais pour le nombre et la précision des ins ments et pour les allocations propres à féconder les grandes en prises. En outre, les savants étrangers ont leur demeure jointe à le laboratoires ou à leurs collections. Il ne faut pas que l’on puis représenter Cuvier éloigné de son cabinet et des richesses du Musé les de Jussieu habitant loin de leurs herbiers et de leurs bibliothèque Arago quittant le matin une demeure, placée peut-être de l’autre de la Seine, pour se rendre au cabinet de physique de l'Observatoire.

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Efforçons-nous donc de remédier à cette fâcheuse nécessité « cumul. Je crois que l’on y parviendrait dans une très large mesure la création de directions de laboratoires rétribuées. :

En dehors de ses fonctions officielles, le savant, à la rigueur, ne doit rien à l’État. Pourtant il passe sa vie dans son laboratoire ou dan ses collections, au plus grand profit et au plus grand honneur de to Quoi de plus légitime que de rémunérer le travail de la directio d’un laboratoire ? Quoi de plus profitable si l’on parvient à supprim

| par cette mesure le double enseignement auquel le savant se voit contraint pour apporter l’aisance à son foyer domestique ? On doublerait | | ainsi les forces, en doublant les loisirs.

$ De l'application de cette mesure résulterait un autre bienfait. Le bre des titulaires dans le haut enseignement se trouvant accru une grande proportion, l'avancement serait moins précaire. Pour re aujourd’hui la carrière des sciences, il faut avoir de la fortune e dominé par une passion invincible. Les vacances d'emploi, dans ou telle direction déterminée du haut enseignement, ne se prét souvent que tous les quinze ou vingt ans.

ferai la remarque que je ne demande point la suppression du ssorat pour les savants. Outre le service rendu par l’enseignement ommes les plus éminents dans les sciences (car il se mêle à leur tion, soit de leurs propres travaux, soit des travaux des autres, sève et une force que l’on ne saurait trouver ailleurs au même ), il faut considérer que l’enseignement public est très nécessaire vant lui-même. Les savants qui n’ont pas professé, ou qui ont eu leur carrière de professeur une interruption prolongée, ont éprouvé n’est pas impunément que l’on ne professe plus pendant de es années. Un cours public oblige à embrasser successivement, leurs relations entre elles ou avec les autres sciences, toutes les de la science dont on s'occupe. Les travaux personnels reçoivent l'influence salutaire de rapprochements et d’aperçus nouveaux. un enseignement est utile à celui qui le fait, du moins pendant nées les plus viriles, deux ou trois paralysent complétement les

aurait lieu de porter également une grande attention sur les ons des établissements scientifiques de la province. Si Paris ait des savants, autant qu’il est besoin pour une grande nation, il ait pouvoir en reverser le trop plein sur les Facultés départemen- Or, présentement, non seulement nos Facultés de province prot très peu de travaux originaux, mais dès qu’un homme de talent tre, il n’a qu’une ambition, celle de revenir à Paris. Ce serait néanmoins une idée bien inexacte des goûts généralement très

modestes des savants, ce serait également se faire une idée erronée des conditions des recherches expérimentales, que de considérer les observateurs comme ne pouvant s’accommoder de la vie de la province ou comme ayant besoin de l’excitation de Paris dans l'intérêt même d leurs recherches. C’est la thèse contraire que l’on pourrait raisonnas= blement soutenir. Dans le séjour paisible de la province, on suit am plus de calme et souvent avec plus de fruit des idées nouvelles. Si hommes de talent dans les sciences désertent les Facultés départem tales, cela tient principalement à ce que rien n’a été préparé pour le retenir. Les traitements y sont insuffisants. Les hommes et les éta plissements y sont, pour ainsi dire. étrangers aux municipalités. Sans qi Le l'État abandonne rien de ses droits, il faudrait s’efforcer d’intéres davantage les villes aux travaux et à la gloire de leurs établissemer scientifiques. Il faudrait, par les dénominations d’Université de Paris de Lyon, de Strasbourg, de Montpellier, de Lille, de Bordeaux et Toulouse, formant par leur faisceau l’Université de France, introdt entre les cités, et leurs établissements d’enseignement supérie quelques-uns des liens qui rattachent les Universités allemandes aux localités qu’elles honorent. Pourquoi les municipalités ne parti raient-elles pas aux conditions matérielles de l'avancement sur pl

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réclame le Dr des sciences dans notre pays.

Il en est d’autres qui, pour être plus simples et plus faciles à mett en pratique, ne seraient pas moins salutaires. Une institution féconde, qui a fait preuve d’une vitalité roma ii dans ces dernières années, est celle des jeunes maîtres de l'École Normale supérieure qu’on désigne sous le nom de répéliteurs où d’agrégés-préparateurs. Elle consiste essentiellement à maintenir à Paris, durant deux et trois ans, avec défense de cumul, cinq ou six des anciens élèves de cette École, choisis parmi les meilleurs. Cette création devrait être imitée par l'École Polytechnique et BA d’autres éta- Dipemens f L

1. Voici des noms, déjà chers aux amis des sciences, qui montreront tout ce qu'on peut attendre des plus modestes institutions, rendues fécondes par une volonté ferme de servir le. pays. Par son institution des agrégés-préparateurs, l'École Normale a formé, pour la science.

On déveait y ajouter l'entretien, pendant un temps limité, dans les plissements scientifiques de l’étranger, d’un certain nombre de s gens d’un mérite reconnu.

fin, l'administration universitaire devrait placer au nombre de s chères prérogatives la mission de découvrir, d'encourager et orer partout les nobles efforts du travail original s’exerçant en s des devoirs professionnels, ce dont l’Université offre tant de x et glorieux exemples.

Mars 1868.

QUOI LA FRANCE N'A PAS TROUVÉ D'HOMMES SUPÉRIEURS AU MOMENT DU PÉRIL (!)

de même la vie de la France, où les Ésétutiche ont entre si complète solidarité, peut être mise en péril par quelque iffrance dans une des sources de sa prospérité.

er l'existence tolérée d’une nation altière, ambitieuse et fourbe, puis deux siècles, se développe per fas et nefas, à l'égard de.

ut enseignement, dans ces dernières années : MM. Darboux, Didon, Tisserand, pour s mathématiques et astronomiques ; MM. Duclaux, Gernez, Mascart, Raulin, pour physiques et chimiques ; M. Van Tieghem, pour les sciences naturelles. D’ autres

envahissante comme une tumeur malsaine, et qu’un publiciste allemand a flétrie de cette qualification : le chancre prussien. Comme le bandit des grands chemins, elle s’est armée a l'ombre, et, après avoir attiré dans un guet-apens sa trop confiante. rivale, qui ne lui avait rendu que de bons offices, elle s’est ruée su elle à l’improviste pour l’égorger. Celle-ci, dans un suprême effo eût pu sortir victorieuse de l’étreinte. Elle l’a tenté, et ce sera la sauve= garde de son honneur aux yeux de la postérité; mais elle devait suc comber, parce que le poids de ses imprévoyances et de ses fau 1 passées est venu s’ajouter aux coups de son cruel adversaire. Je serais impuissant à rechercher la nature et le nombre de ces fautes ; mais il en est une qui m’a toujours obsédé, si j'ose ainsi parler | que je touche du doigt à chaque moment et à laquelle je rapporte. plus large influence dans nos désastres. Puissé-je attirer sur elle l'attention des hommes publics de mon pays!

Je me propose de démontrer dans cet écrit que si, au moment di péril suprême, la France n’a pas trouvé des hommes supérieurs pout mettre en œuvre ses ressources et le courage de ses enfants, il faut l’attribuer, j'en ai la conviction, à ce que la France s’est désintéressée depuis un demi-siècle, des grands travaux de la pensée, D + ! ment dans les sciences exactes. | Dans un temps de faciles convictions et de prompts et extrêmes jugements sur les hommes et sur les choses, il n’est peut-être pa indifférent d'ajouter que les réflexions qu’on va lire n’ont de nouveau que leur application aux circonstances actuelles. Elles ont dominé m vie depuis vingt ans. J’en pourrais citer de nombreuses preuves : une seule suffira. Dans une lettre écrite à l’Impératrice Eugénie, au mois. de novembre 1868, pour la remercier d’un de ces actes de bonté ingé=. nieuse dont sa vie était remplie, on trouverait ces paroles : « La plus grande œuvre à accomplir en ce moment est d’assurer la supériorité, scientifique de la France. » |

Notre siècle se distingue de tous ceux qui l’ont précédé par un prodigieux développement scientifique et industriel. À aucune époque de l’histoire du monde on ne vit, dans une période aussi courte, une telle accumulation de découvertes, tant d'applications nouvelles aux arts, aux industries, au bien-être matériel des sociétés. La France à pris à ce mouvement une part immense. Elle y a été mêlée avec éclat, et, plus qu'aucun autre peuple surtout, elle l’a préparé; car ce serait

ne grande illusion de croire que des résultats de la nature de ceux que je rappelle pussent être le fruit de rapides travaux ou du concours … de quelques circonstances heureuses. Le progrès dans l’ordre matériel Hossemible à l'épanouissement de la feuille ou de la fleur, qui n’appasent aux regards étonnés qu'après une élaboration lente et obscure toutes leurs parties, même les plus délicates. Les découvertes, aussi, ont leurs germes cachés et invisibles, productifs ou stériles ; la mesure où ils ont été préparés par le génie, le travail, les s efforts, qui sont pour eux les sources de la vie et de la fécondité. Envisagées sous ce point de vue, les découvertes modernes se ratent par les liens les plus étroits au grand mouvement intellectuel a seconde moitié du xvui° siècle ; elles sont nées directement des aux considérables qui, dans toutes les directions, ont marqué les vrès de l'esprit humain pendant cette époque mémorable. L'Acanie sh sciences eut-elle jamais plus d’importance que pendant années où, sur les mêmes bancs, étaient assis Clairault, Lacaille, lembert, Coulomb, Lagrange, Réaumur, Buffon, Daubenton, et, tôt après, Lavoisier, Laplace, Laurent de Jussieu, Legendre, e, Carnot, Delambre et tant d’autres ? car je ne nomme que les illustres.

effroyable bouleversement politique et social qui termina les mières années du xvrr° siècle aurait pu retarder pour longtemps la > des sciences dans notre pays. Non seulement il n’en fut rien, is on les vit même briller bientôt d’un nouveau lustre, grâce à la on de deux établissements qui furent longtemps sans rivaux en , le Muséum d'Histoire naturelle et l’École Polytechnique. Car i le lieu de rappeler ces judicieuses paroles de notre grand physte M. Claude Bernard : « On peut concourir à l’avancement des nces par deux voies distinctes : 1° par l'impulsion des découvertes s idées nouvelles ; 2° par la puissance des moyens de travail et de oppement scientifique. Dans l’évolution des sciences, l’invention t sans contredit la partie essentielle. Toutefois, les idées nouvelles découvertes sont comme des graines : il ne suffit pas de leur er naissance et de les semer; il faut encore les nourrir et les elopper par la culture scientifique. Sans cela elles meurent ou bien s émigrent, et alors on les voit prospérer et fructifier dans le sol > qu’elles ont trouvé loin du pays qui les a vues naître. »

C’est, en effet, au Muséum et à l’École Polytechnique ou à l’ombre de ces grands établissements, de ces institutions nationales, comme on a pu les nommer sans exagération, qu’on vit se concentrer presq tous les efforts de la science française et la gloire si pure dont elle brillé pendant le premier quart de ce siècle. Au Muséum, Geoffr Saint-Hilaire, Cuvier, Haüy, RARE renouvelèrent la face d sciences naturelles.

L'École Polytechnique était à peine sortie des langes de sa créatioll qu’elle put être proclamée dans l’Europe savante le premier des établies s sements d'instruction. À la voix de ses fondateurs, les Lagrange, Laplace, les Monge, les Berthollet, Les Legendre, l’élite de ses élève

Gay-Lussac, Arago, Poisson, Din Fresnel. Toutes 1h natic I étrangères acceptaient notre supériorité, quoique toutes pussent citer avec orgueil de grandes illustrations : la Suède, Berzelius ; PAngleterre, Davy ; l'Italie, Volta ; l'Allemagne et la Suisse, des naturaliste éminents, de profonds géomètres ; mais nulle part ailleurs er

Peu de personnes comprennent la véritablé origine des merveilles de l’industrie et de la richesse des nations. Je n’en veux d’autre preuve en ce moment que l'emploi de plus en plus fréquent, dans le discours, ; dans le langage officiel, dans des écrits de tous genres, d’une expression fort impropre, celle de sciences appliquées. On se plaignait naguère, en présence d’un ministre du plus grand talent, de l’abandon des carrières scientifiques par des hommes qui auraient pu les parcourir avec distinction. Cet homme d’ État essaya de montrer qu ilne.

1 4 conséquences us résulter, dans la pratique, de ces paroles. s sont restées dans ma mémoire comme une preuve évidente de la ssité impérieuse des réformes que réclame notre enseignement rieur. Non, mille fois non, il n’existe pas une catégorie de sciences uelles on puisse donner le nom de sciences appliquées. /! y a la ice et les applications de la science, liées entre elles comme le t à l'arbre qui l’a porté.

> ne sais quelle a pu être la cart du hasard dans la naissance des industriels à l’origine des sociétés, lorsque l’homme s’est montré

ce qui est certain, c’est que, de nos jours, le hasard ne favorise vention que pour des esprits préparés aux découvertes par de entes études et de persévérants efforts.

Les Leu innovations pratiques, les grands perfectionnements de strie et des arts, les changements même dans les rapports des lats sont tous sortis des méditations profondes de mathématiciens ustres, des laboratoires de savants physiciens, de chimistes conmés, d'observations de naturalistes de génie. « Elles ne sont, dit r, ces grandes innovations pratiques, que des applications faciles rités d’un ordre supérieur, de vérités qui n’ont point été cherchées e intention, que leurs auteurs n’ont poursuivies que pour elleses et uniquement entraînés par l’ardeur de savoir. Ceux qui les at en pratique n’en auraient point découvert les germes ; ceux au aire qui ont trouvé ces germes n'auraient pu se livrer aux soins saires pour en tirer parti. Absorbés dans la haute région où leur ntemplation les transporte, à peine s’aperçoivent-ils de ce mouvent, de ces créations nées de quelques-unes de leurs paroles. Ces rs qui s'élèvent, ces colonies qui se peuplent, ces vaisseaux qui nt les mers, cette abondance, ce luxe, ce bruit, tout cela vient 1x et tout cela leur reste étranger. Le jour qu’une doctrine est enue pratique, ils l’abandonnent au vulgaire; elle ne les regarde es:

pouvoirs publics, en France, ont méconnu depuis longtemps e loi de corrélation entre la science théorique et la vie des nations. ne sans doute de son instabilité politique, la France n’a rien fait entretenir, propager, développer le progrès des sciences dans pays ; elle s’est contentée d’obéir à une impulsion reçue ;.elle a

vécu sur son passé, se croyant toujours grande par les découvertes de la science, parce qu’elle leur devait sa prospérité matérielle, mais ne s’apercevant pas qu’elle en laissait imprudemment tarir les sources, alors que des nations voisines, excitées par son propre aiguillon, en détournaient le cours à leur profit et les rendaient fécondes par le travail, par des efforts et des sacrifices sagement combinés. Tandis que l’Allemagne multipliait ses Universités, qu’elle établis= sait entre elles la plus salutaire émulation, qu’elle entourait ses maîtres” et ses docteurs d’honneurs et de considération, qu’elle créait de vastes” laboratoires dotés des meilleurs instruments de travail, la France, énervée par les révolutions, toujours occupée de la recherche stérile de … la meilleure forme de gouvernement, ne donnait qu’une attention dis- … traite à ses établissements d'instruction ApReue 2. Au point où nous sommes arrivés de ce qu’on appelle la civils moderne, la culture des sciences dans leur expression la plus élevée est. … peut-être plus nécessaire encore à l’état moral d’une nation qu'à sa prospérité matérielle.

Les grandes découvertes, les méditations de la pensée dans les arts, dans les sciences et dans les lettres, en un mot, les travaux désintéressés de l’esprit dans tous les genres, les centres d’enseignement propres à les faire connaître, introduisent dans le corps social tout … entier l'esprit philosophique ou scientifique, cet esprit de discernement qui soumet tout à une raison sévère, condamne l'ignorance, dissipe les préjugés et les erreurs. Ils élèvent le niveau intellectuel, le sentiment moral ; par eux, l’idée divine elle-même se répand et s’exalte.

comes tdtapt ana nl mc véliqi

J'ai dit que le Muséum et l’École Polytechnique étaient, pour la partie théorique des sciences, les deux seuls foyers de lumière de la France.

Notre organisation, en effet, n’en a pas comporté d’autres jusqu’à présent. L'École Normale supérieure a été trop longtemps une école presque exclusivement littéraire pour que son influence dans le passé pût être comptée. Naguère encore, l’habile physicien M. Pouillet en était le premier et le seul réprésentant à l’Académie des sciences, tandis que les philosophes, les historiens, les littérateurs qu’elle a formés sont en grand nombre dans les autres classes de l’Institut.

La médecine étant malheureusement un art bien plus qu’une science, l’action des Facultés qui en dispensent les connaissances n’a pu être sensible.

. Le Conservatoire des Arts et Métiers n’a servi que les progrès de ndustrie. Quant à nos Facultés, la vie leur a toujours fait défaut par n des motifs, mais principalement, en ce qui regarde celles. des nces, par l'insuffisance des moyens matériels. Il résulte avec évide cette situation, que je ne juge pas au point de vue de l’orgaion qui l’a créée, mais que je prends comme un fait établi avec | Ne naturelles, il résulte, dis-je, que, sous peine de sance scientifique, l'État eût dû employer tous les moyens de faire ir incessamment du Muséum, de l'École Polytechnique et de ses xes, et de tous nos autres établissements d'instruction, une pépi- > de savants et d’inventeurs.

ce prix seulement, la France pouvait rester à la hauteur de sa 2 et conserver la prééminence qu'elle s'était si justement acquise

1h eureusement, rien de pareil n’a eu lieu. La triste vérité est que Le jum et l'École Polytechnique ne forment plus de savants. Ces deux issements n’ont pas cessé d’avoir pour maîtres des professeurs res ; quoi qu’on fasse, un pays comme la France produira toujours

des individualités scientifiques; mais de ces établissements ne nt plus, comme autrefois, des hommes voués aux libres efforts de isée et à l'étude désintéressée de la nature. Jadis, la plupart des emiers sujets de l'École Polytechnique suivaient la carrière des iences mathématiques et physiques et du haut enseignement. Aujourui, ce fait n’est plus qu’une rare exception. Ce n’est pas que les

ins capables que leurs aînés, les Malus, les Poisson, les Fresnel, Ilustrer leur pays par de fécondes découvertes, mais le cours des s les invite à porter le fruit de leurs veilles dans les opérations dustrie, telles que l'exploitation des en la construction des ins de fer, etc.

> circonstances d’une autre nature, mais qui se rattachent aux »s imprévoyances et aux mêmes erreurs, ont affaibli le Muséum mpromis la fécondité de son enseignement et de ses travaux. ie des ressources matérielles, amoindrissement des situations, “ession de chaires, galeries et laboratoires délabrés, sont autant uses qui ont éloigné des sciences naturelles les aptitudes les plus ées (!).

In trait entre beaucoup d’autres du peu de libéralité témoignée à la science et aux du pays : On a résolu récemment de priver les professeurs du Muséum de leur résidans cet établissement, comme si on eût voulu leur rendre plus pénible l'accès de leurs ions et de leurs laboratoires et ajouter aux difficultés de leurs travaux.

On n’a pas compris que ce déplacement, légitime d’ailleurs, de l'énergie de l’École Polytechnique, créait dans la nation, au préjudice de la science, une immense lacune pouvant avoir les conséquences les plus funestes. Si vous doutez de la vérité de ce que j'avance, demandez aux hommes compétents quel est le nombre des naturalis que le Muséum a formés depuis trente ans, par exemple, et que sont, pour le même intervalle, les mathématiciens, les astronomes, physiciens, les chimistes sortis de l’École Polytechnique. On ose. peine songer à l’état d’abaissement où serait tombée de nos jours science française, si des hommes privilégiés, formés seuls et maîtres officiels, tels que Claude Bernard, Foucault, Lauren Gerhardt, Fizeau, Deville, Wurtz, Berthelot, n'avaient surgi du de la nation, comme autrefois les Chevreul, les Dumas, les Ben gault et les Balard.

Des esprits superficiels ou qu’abuse la passion politique font he mage à l’idée républicaine de toutes les grandes choses accompli par la Convention et le Comité de salut public. L'histoire cond absolument cette opinion. Le salut de la France a été la conséque exclusive de sa supériorité scientifique. Aussi, qu’elle est doul reuse la comparaison des services que la science a rendus à la } pendant la Révolution et pendant la guerre qui vient de fi Combien l'impression en est encore aggravée, quand on songe 7 L 1870, les rôles ont été intervertis au profit de notre ee adversaire !

Les dangers qui menacèrent la France en 1792 parurent un ins au-dessus de tous les efforts : l’Europe entière armée contre elle, blocus rigoureux sur terre et sur mer, la guerre civile, nos arser vides, une armée insuffisante ou hostile. En 1870, toutes les mers ouvertes et une seule nation à combattre. Mais, hélas! la prééminence due à la science s'était déplacée. Sans rien sacrifier du développement de son agriculture et de son industrie, tout en donnant aux tions des sciences le soin qu’elles réclament, cette nation rivale avait su porter la meilleure part de sa considération et de ses sacrifices sur les travaux de l'esprit dans ce qu’ils ont de plus élevé et de plus libre, sur les progrès de la science dans ce qu’ils ont de plus désintéressé, à ce point que le nom de l'Allemagne est lié, en quelque sorte, par une association d’idées naturelle, à celui d'Universités.

Elle a compris, cette nation, qu’il n'existe pas de sciences appli-

s, mais seulement des applications de la science, et que ces ders ne valent que par les découvertes qui les alimentent, tandis que “ Doro constante de nos hommes d’État depuis cinquante ouchant l'instruction publique, a eu principalement pour objet iseignements primaire et secondaire. Ils ont abandonné les hautes , les sciences en particulier, et l'instruction supérieure à la impulsion qu'elles avaient reçue du mouvement de rénovation ier >S au séesl siècle.

is-je mieux appuyer l’exposé des considérations qui précèdent mettant en regard les résultats pratiques nés de la grandeur que de la France au xvin° siècle et de sa déchéance relative

: ps désastres de 1870 sont présents à tous les esprits. Il n’y aurait cune utilité à à les rappeler. Il est malheureusement trop notoire que 1 es supérieurs ont manqué pour mettre en œuvre les immenses s de la one rs aux pragres des sciences dans les cin-

: 58 la victoire.

a Convention, dit Arago, avait décrété la levée en masse de hommes. 11 ne fallait rien moins pour tenir tête à l'ouragan

Depuis longtemps elle a en France pour principale base le salpêtre l’Inde, et l’on ne doit plus compter sur cette ressource.

Les canons de campagne ?

Le cuivre entre pour les 0,91 dans l’alliage dont ils sont formés : mines de France ne produisent du cuivre que dans des pro-

portions insignifiantes, ct la Suède, l'Angleterre, la Russie, l’Inde, | d’où nous tirions ce métal, nous sont fermées. | « L'acier?

« Il nous venait de l'étranger; l’art de le faire est ignoré dans nos ges dans nos usines, dans nos ateliers... : 10

« Dans la première réunion des savants d'élite qui avaient été convoqués, la question de la fabrication de la poudre, la première de toutes par son importance et par sa difficulté, assombrit les espri Les membres expérimentés de la régie ne la croyaient pas soluble. Où trouver le salpétre? disaient-ils avec désespoir. « Sur notre propre sol, répondit Monge, sans hésiter; les écuries, les caves, les lieux bas en contiennent beaucoup plus que vous ne croyez. » Ce fut alors qu ’appré= ciant avec hardiesse les ressources infinies que le génie possède quand il s’allie à un ardent patriotisme, Monge s’écria : « On nous donnera de la terre salpêtrée, et trois jours après nous en chargerons les

canons ! »

Nous aussi, depuis le 4 septembre, nous avons eu de ces exclama tions sublimes, mais comme elles touchèrent vite au ridicule! Celle de Monge, ainsi que le remarque Arago, resta sublime :

« Des instructions méthodiques et simples furent répandues à pro: fusion sur tous les points de la République, et chaque citoyen se trouva en mesure d’exercer un art qui jusque-là avait été réputé très difficile.

« La France devint une manufacture de poudre. ; « Le métal des cloches est un alliage de cuivre et d’étain, mais dans è des proportions qui ne conviendraient pas aux armes de guerre. La. chimie trouva des méthodes nouvelles pour séparer ces deux métaux.

« L’art de faire l’acier est ignoré, on le crée. Le sabre, l'épée, la baïonnette, la lance, la batterie de fusil, se fabriqueront désormais avec : de l’acier français. ie

« La préparation des cuirs destinés à la chaussure exigeait des. mois entiers de travail; d’aussi longs délais ne sauraient se concilier avec les besoins de nos soldats, et l’art du tanneur reçoit des per- ( fectionnements inespérés; désormais des jours y remplaceront des

mois.

« Les ballons n'avaient été, jusqu’en 1794, qu'un ‘sihplé objet à curiosité; à la bataille de Fleurus, un ballon portera le général Morlot dans la région des nuages ; de là les moindres manœuvres de l’ennemi “4 seront aperçues, signalées à l’instant, et une invention toute française |

or rt et D 5 ant re or RS ré rent > Mb mm ms eh se him eos

procurera à nos armes un éclatant triomphe. | Les premières idées du télégraphe aérien, dues également à un

çais, sont perfectionnées, étendues, appliquées, et, dès ce moment, ordres arrivent aux armées en quelques minutes. »

es sont les merveilles que le génie de la science et le patriot enfantées pendant la Révolution française.

membres de l’Institut, Monge et Carnot, aidés par d’éminents es, Fourcroy, Guyton de Morveau, Berthollet, etc. furent de cet immortel ensemble de travaux.

a patrie! Toï qui as tenu pendant si longtemps le sceptre de la pourquoi t’être désintéressée de ses plus nobles créations ? t le flambeau divin qui illumine le monde, la source vive de nds sentiments, le contre-poids à l'entraînement vers les matérielles.

arie native et le farouche orgueil de tes ennemis en ont fait

tu aurais vu apparaître, sous leur inspiration, des organimme Carnot et des capitaines plus habiles encore que les

Mars 1871.

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