‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 98 sur 180 · PENDANT L'EXERCICE · texte numérisé non relu

PENDANT L'EXERCICE

Messieurs,

Un des articles de nos statuts exige qu’il y ait tous les ans une réunion générale de la Société de secours des amis des sciences, pour entendre le rapport de son Conseil d'administration.

Vous avez encore présent à l'esprit l’attrait que savait donner à l'exposé des travaux du Conseil son secrétaire si dévoué, M. Boudet. Empêché aujourd’hui par la maladie, il m'a prié de le représenter auprès de vous. Sa parole discrète et persuasive se plaisait à marquer chaque année en quelques traits, souvent éloquents, la vie et les mérites des savants admis au glorieux mais triste honneur de faire partie des pensionnaires de la Société.

Je suis persuadé qu’à cette heure sa pensée est avec nous, et qu FAT

1. In : Société de secours des amis des sciences. Compte rendu de la XVITI: séance pare annuelle, tenue le 81 mai 1877. Paris, 1877, typogr. Lahure, in-80; p. 9-15.

ÿ est même pleine de profonds regrets. Pour la première fois, mesrs, votre Conseil s’est vu dans la pénible nécessité de refuser tes les demandes qui lui ont été adressées. Étaient-elles donc, ces landes, en dehors des sages prescriptions de nos statuts ? Nullement. t triste à dire, mais ce sont les ressources qui nous ont fait défaut. les revenus disponibles de la Société sont absorbés désormais les secours affectés aux pensionnaires des années précédentes, et > nombre de nos souscripteurs ne devait plus s’augmenter, malgré es bienfaits qu’il a déjà dispensés en votre nom, le Conseil de la été, condamné à l'impuissance, ne serait plus que l’inutile spectade souffrances imméritées et sans cesse croissantes. le me hâte cependant de calmer votre sollicitude, à vous les fidèles de la science, en ajoutant que notre Société n’a rien perdu de sa érité; mais cette prospérité est restée stationnaire pendant que infortunes que nous avions mission de secourir se multipliaient re mesure. | | Quoi qu'il en soit, une pareille situation ne peut se prolonger. La iité de la science et de l’industrie françaises y est intéressée. Il ue l'esprit de charité et de bienfaisance prenne promptement une tante revanche. Cette année même des hommes de cœur nous ont ert la voie. Il en est un dont le nom honoré et respecté sera inserit ettres d’or dans les annales de la Société : c’est celui de l’homme > que la reconnaissance de tous les savants réunis à Nantes, il y a ans, acclamait à la présidence de l’Association scientifique fran- M. d’Eichthal a fait à la Société, en 1876, un don de dix mille

Ïn chimiste de talent, M. Mialhe, vient d’imiter le noble exemple otre cher et sympathique collègue, M. Wurtz, a donné autrefois lauréats de l’Académie des sciences. À l’occasion du grand prix al que l’Institut lui a décerné pour ses admirables découvertes mie organique, M. Wurtz avait généreusement offert à la Société somme de mille francs. M. Mialhe à son tour vient d'abandonner fit de notre œuvre la totalité de la récompense que l’Académie sciences lui a décernée naguère « en souvenir des services qu'il a dus à la science par ses travaux de physiologie et de chimie biolo- ». Ce sont les paroles mêmes de notre grand physiologiste

ur. + .

. Vous applaudirez avec plus de chaleur encore et d'émotion le don e mille francs que M** Mannheim a fait à la Société, par hommage vers la Providence, après le rétablissement de la santé de son mari :

touchante initiative qui révèle dans une âme le double trésor de l’affection conjugale et d’un vif intérêt pour la science et qui devait nous être donnée par ce sexe charmant, toujours le premier par la délicatesse du cœur et l'élévation des sentiments.

Grâce à tous ces dons précieux, j'ai la satisfaction de vous informer, au nom du Conseil, que nos recettes en 1876 ont dépassé de 2.462 francs celles de 1875, et que notre capital s’est accru de 10.239 francs, ce qui” l’a porté, au 1°" janvier 1877, à la somme de 471.263 francs.

En présence de ces chiffres, pourquoi donc, direz-vous, n'avoir accueilli aucune des demandes légitimes formulées depuis notre dernière assemblée générale ? C’est que la prévoyarice de l’illustre fondaz= teur de la Société nous oblige de réserver uné partie des recettes pour augmenter notre capital. Aux termes des statuts qui sont notre règle immuable, nous ne pouvons attribuer aux secours d’une année que les revenus du capital, joints aux trois quarts du produit des souscriptions de cette même année. Les secours distribués en 1875 avaient été de 31.600 francs. Ils se sont élevés en 1876 à 35.500 francs. Mais toute cette somme a dû passer aux anciens pensionnaires de la Société.

Vous le voyez, ce sont de nouveaux souscripteurs qu’il nous faut, sans quoi toute libéralité nouvelle de la Société serait tarie dans sa source.

Est-il donc si difficile de les obtenir, ces nouveaux souscripteurs ? Trouvons-les ensemble, je vous prie. Que chacun de nous avise dans le nombre de ses parents, de ses amis, de ses connaissances une personne, une seule, qui ait pour la science assez d'estime, d’admiration ou de reconnaissance pour prélever sur ses ressources une somme de dix francs, et voilà le nombre de nos souscripteurs doublé.

Il y aurait bien d’autres moyens de nous enrichir. Permettez-moi d’en choisir un et de le soumettre au jugement de mes confrères, de mes confrères les chimistes surtout. J'ai ouï dire qu’en Angleterre, quand un industriel vient demander un conseil à un homme de science, il dépose une certaine somme en rapport avec l’importance de lavis qu’il a reçu. C’est l’usage. Chez nous on agit autrement : nous sommes du pays où est née la chevalerie, et comme il reste toujours quelque chose des anciennes mœurs, il répugne à tous les savants français de faire payer les conseils qu’on vient réclamer de leur science et de leur obligeance. Je Le veux bien; continuons de faire les preux du moyen âge à nos dépens. Mais ne pourrions-nous pas, sans offense à la tradition, exiger de tout industriel qui prend sur notre temps et tient à profiter de nos conseils qu’il fasse partie de la Société de secours des amis des sciences ?

… De cette idée je ne suis pas l'inventeur; elle m'a été suggérée au is d'août dernier par deux négociants pleins d'intelligence, MM. Bout, les chefs habiles de la grande maison du Bon Marché. Ces mes- 1rs, qui font un très noble usage de leur immense fortune, placent ombre de leurs bienfaits l’envoi quotidien à Paris de 150 litres Ilent lait qui est distribué le matin aux pauvres de leur quartier. ant les grandes chaleurs de l’été dernier, malgré les soins les minutieux, il arrivait quelquefois que le lait s’altérait pendant le port de Chamarande à Paris. MM. Boucicaut me firent l’honneur consulter sur ce désagrément. Je m’empressai de satisfaire de nieux à leurs questions, en ayant la pensée de faire accompagner réponse d’un exemplaire du compte rendu de notre assemblée e de l’an dernier, dans lequel, vous vous rappelez peut-être, je un appel chaleureux à l’industrie, à la science, à tous en un mot, s, à un titre ou à un autre, nous sommes les débiteurs de la et des savants. Or, je fus touché plus encore que surpris de ir de ces messieurs, et par le retour du courrier, ce qui est un de plus en cette affaire et une marque nouvelle de la distincces riches industriels, l’annonce que MM. Boucicaut père et fils t de se faire inscrire comme souscripteurs perpétuels de la

ettez-moi de vous faire observer en terminant que mon anecune preuve nouvelle de la vérité du proverbe qu’un bienfait rais perdu. Redites-le autour de vous, ce proverbe béni, et l nous amener beaucoup de dons et de nombreux souscrip-

jesté l'Empereur du Brésil, étant venu inopinément prendre place séance, M. Pasteur a ajouté) :

ferai, messieurs, que continuer la tâche qui m’a été dévolue ciant en votre nom Sa Majesté l'Empereur du Brésil, qui veut rer notre réunion de sa présence. Sa Majesté, pendant son yage à Paris, a été l’un des bienfaiteurs de la Société. Vous sureux de saluer avec moi le premier et plus illustre des amis ence.

ALLOCUTION [PRONONCÉE A LA SÉANCE DE CLOTURE DU CONGRÈS SÉRICICOLE INTERNATIONAL DE MILAN) {!)

Signori, 10 Vi ringrazio in nome dei miei connazionali qui convenuti, in nome di tutta la Francia; io vi ringrazio perchè avete risvegliato nei nostri cuori i piu nobili sentiment.

Quando ritorneremo in Francia, che vi è sorella, Le nostre donne, i nostri figli, i nostri amici, vorrano conoscere cid che maggiormente ei ha colpiti mentre noi eravamo fra voi; ebbene, ecco quale sarà la nostra risposta : Una città grande e bella, personificata in un Sindaco simpatico che tutti i Milanesi rispettano ed amano; una brillante ospitalità per parte del Municipio; un’ accoglienza premurosa e cordiale da tutta la cittadinanza che in noi vedeva rappresentata la Francia; una lealtä à tutta prova nell esposizione dei lavori alle sedute del Congresso ; la più perfetta cortesia nelle discussioni; i destini della scienza compresi, esaltati, applauditi con un ardore espansivo; insomma, lo spettacolo confortante di un popolo che si sente animato da un possente spirito nazionale. Noi diremo loro che i monumenti, le vie, le piazze, fin Varia che si respira, tutto porta l’impronta di un omaggio ai benefattori della patria.

Tali virtù innalzano i popoli dal secondo ordine al primo, e quando essi hanno conquistato il primo posto, la pratica costante di queste virtù pu solo mantenerveli.

Lasciatemi ancore aggiungere che le nostre donne, i nostri figli, i nostri amici, nel numero dei quali si troveranno forse dei compagni d’armi degli eroi di Magenta e di Palestro, applaudiranno le nostre parole e saluteranno con noi la grandezza futura dell Italia.

1. In : Atti e memorie della quinta tornata del Congresso bacologico internazionale tenutosi in Milano, 10-15 settembre 1876. Milano, 1877, in-8°; p. 143-144.

TOAST [(PORTÉ, LE 12 SEPTEMBRE 1876 au BANQUET DU CONGRÈS SÉRICICOLE INTERNATIONAL DE MILAN] (!

D aus de la patrie. La science n’a pas de patrie, le savoir est le patrimoine de l’humanité, le flambeau qui

arce que de tous les peuples, celui-là sera toujours le premier archera le premier par les travaux de la pensée et de lintelli-

ns donc dans le champ pacifique de la science pour la préémi-

nos patries respectives. Luttons, car la lutte, c’est l'effort; la st la vie quand la lutte a le progrès pour but.

. In : Congrès séricicole international de Milan. Montpellier, 18:6, Coulet, in-8°; p. 9.

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transformation politique et sociale dont vous donnez au Mon I veilleux spoone Nous, Français, courbés sous la douleur de la

faire surgir les grandes pensées et les grandes actions. Je bois à la lutte pacifique de la science.

DISCOURS [PRONONCÉ AUX OBSÈQUES DE J.-J. PERRAUD, MEMBRE DE L'ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS] {!)

her Perraud, bon et tendre ami, réveille-toi un instant. Je voudrais orter un écho de nos montagnes, les adieux de ce Jura dont tu es meur, de cette patrie de ton enfance où les ailes de ton génie ont leurs premiers battements.

jourd’hui déjà, dans nos riants vallons, les cent voix de la î ée célèbrent ton nom et tes œuvres. Tu seras le sujet des tions attendries dans les longues veillées, et l’on verra pleurer eux ceux qui ont ignoré ou méconnu ta gloire; car il est, dans tre Jura, telles places publiques où s'élèvent des statues faites d’hier ont été confiées à d’autres mains que les tiennes.

pic v'il soit salutaire de rappeler aux cités qui l’oublient qu’elles ent à travers les âges que par le génie ou la vaillance de quelquesleurs enfants, je veux seulement, par l’évocation de ce souvenir ait ta fierté, mieux marquer un des traits de ton caractère et rie le V'avaient oublié parce que la fortune et le bruit attirent la et Free tu marchais apraite, sans autre parure que l’auréole du

rie fut cachée et obscure, c’est que tu la voulais remplie par le etla méditation, afin qu'aux yeux de la postérité elle brillât d’un lus durable.

erts à l’affection de quelques amis, ta maison et ton atelier

ail , sans la voir, par-dessus la tête du vulgaire. is voici l'heure glorieuse et sainte, l'heure de la justice et des

réunis autour de cette tombe, auprès du compatriote et de l’ami dévoué qui lui a fermé les yeux! (1). Vous mesureriez l’étendue de la perte que la France et notre département viennent de faire.

Voyez-les, ces grands artistes, qui personnifient la patrie dans l’une:

de ses plus hautes expressions, courbés par la douleur et pleurant notre compatriote : ils se nomment Dumont, son vieux maître, dont il était l’orgueil et qui t’aimait, cher Perraud, comme on aime l’honneur de sa vie; Thomas, Bouguereau, Cabanel, Guillaume, Baudry, Cavelier,

Garnier, Delehelle, Aubert, Ballu, Normand, André, Louvet, Benouville,

Crauk, Duprato, Villain, Boulanger, Merley, Lebouteux, Gastinel, Lepère, Curson..., les amis de Rome, les amis des jours de la jeunesse virile et des nobles ambitions ; Meissonier, Henriquel-Dupont, Robert Fleury, Paul Dubois, Henner, Chapu, Français, Bazin, Lehmann, Gerôme, Martinet, Delaborde, Bonnassieux, Charles Blanc, Jouffroy, de Chennevières, Frémiet, Maillot, Hesse... Je ne puis les citer tous. Écoutez-les : ils redisent les noms des marbres auxquels son ciseau a donné la vie, le Fauxe, le DÉsespoir, l’Apau, les An1Eux, de ces marbres que lantiquité eût enviés. Tous répètent qu’une des plus hautes cimes de l’art français vient de s’abaisser sous la main de « celui qui. ren dans les cieux et de qui relèvent tous les empires ». |

Toi aussi, cher Perraud, recueille ces discours, ces juge de tes confrères et de tes rivaux, habitués à dicter les arrêts de l'avenir. Ce sont les chants de ton triomphe. Les trompettes sacrées les traduisent, à cette heure, en célestes harmonies, au seuil du temple de l'immortalité. Franchis-en les portiques, la tête haute et les traits embellis par cet aimable, franc et joyeux sourire qui charmaït tés amis ; va L’inonder de l'idéal que tu cherchais toujours et que tant de fois tu as découvert et fixé sur ces chefs-d’œuvre où passe le souffle de Part antique. Dieu avait placé dans ton âme un reflet de sa puissance. Mais en nous quittant, laisse sur la terre quelques-uns des rayons qu'il tavait donnés en partage et qu’à leur divine clarté, Monay, l’obscur village où fut ton berceau, brille au milieu ie nos vertes collines comme une étoile dans les cieux.

Adieu, Perraud, adieu ! non, au revoir!

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