TRE A M. LE DIRECTEUR DU JOURNAL D'AGRICULTURE PRATIQUE
> | | [Sans date.] Monsieur le directeur,
Permettez-moi quelques mots de réponse à la dernière lettre que s avez reçue de M. de Vergnette (?), lettre fort singulière assu-
De quoi s'agit-il?
Je rectifie un passage d’un article d’un de vos rédacteurs, M. Gustave Heuzé. M. de Vergnette vous envoie des observations er itiques, dans lesquelles il traite la question de priorité d’invention de Ja méthode du chauffage, en s’appuyant sur une phrase qu'il a pu iée en 1850. Je lui réplique aussitôt que cette phrase est tronquée e qu’il en a, par suite, dénaturé le sens; je lui rappelle qu'il est faux
Dr: Voir p. 363-370 du présent volume.
2. Journal d'agriculture pratique, 1872, LI, p. 91-93. 8. Verenerre-Lamorre (A. de). Ibid., p. 54-65. (Notes de l'Édition.)
qu'il ait jamais conservé des vins altérables par le chauffage, puisqu'il a déclaré formellement, en 1850, que tous les vins d’une santé douteuse sont altérés par la chaleur. Je lui rappelle encore que, s’il avait trouvé, en 1850, le procédé de conserver les vins par le chauffage, il ne m'aurait pas écrit, en 1864, une longue lettre pour m’encourager à « chercher un moyen de conservation, me disant que je donnerais des millions-à la France, si je réussissais.
Au lieu de me répondre sur tous ces points, comme c'était son devoir, M. de Vergnette vous dit, en tournant bride tout à coup: « Je ne veux pas suivre M. Pasteur dans sa polémique; les revendications de priorité n'ont aucun intérêt pour vos lecteurs. » Je ne suis pas de cet . avis. Les questions de priorité intéressent la moralité publique, parce qu’elles traitent de la propriété scientifique, plus respectable encore que toute autre propriété, et qu’il imperte extrêmement que l’opinion publique ne s’égare pas sur les véritables auteurs des progrès scientifiques et industriels. Ç Si M. de Vergnette ne veut pas répondre à ma lettre, c’est tout simplement que je l’ai mis au pied du mur, et qu’il est couvert de cette confusion qu’il a déjà éprouvée devant l’Académie des sciences, lorsque, s’arrêtant dans une citation qui n'avait son véritable sens que dans la phrase suivante, il a refusé obstinément de lire cette phrase. | Le procédé de conservation des vins que M. de Vergnette shell : de mes efforts en 1864 (1), je l'ai découvert, et j'ai donné, en effet, à la”
Bourgogne notamment, des millions qu’elle n’a qu’à ramasser si elle le désire, et dont M. le vicomte de Vergnette, propriétaire et négociant en vins, a déjà largement profité. J'ai réussi dans cette recherche au « delà de tout espoir, ainsi qu’on va le voir de nouveau très prochainement par le procès-verbal de la dégustation qui vient d’être faite dans mon i laboratoire par les membres de la Commission syndicale des vins de Paris, en présence de plusieurs membres de la sé eme d'agriculture (2). È M. de Vergnette, qui a chauffé du vin en 1850, mais sans com-M prendre ce qu’il faisait, voudrait aujourd’hui partager l’honneur de la découverte avec moi, mais je lui déclare qu’il n’y parviendra pas. : Quand il a dépouillé Appert en 1850 d’une manière si audacieuse, « Appert était mort et n’a pu réclamer : c’est moi qui ai revendiqué ses droits. Quant à moi, j'ai le bonheur de vivre encore, et je saurai défendre la vérité. à 1. Voir p. 863-370 du présent volume.