PASSES RUES PT ES
la manière dont il fonctionne. L'appareil à chauffage est représenté en B« à l’entrée d’une cave; il est porté sur une brouette et peut être déplacé” par un seul homme ; une pompe à air A, également portée sur une | brouette, sert à comprimer de l'air à la partie supérieure du tonneau T dont on veut chauffer le vin ; un tube adapté à la partie inférieure de « ce tonneau envoie le vin en e dans l'appareil à chauffage B; un autre : tube $S dirige le vin chauffé de l’appareil dans un tonneau vide P'.
Pour faire marcher l’appareil, on emplit d’eau le baïn-marie, on lance le vin dans l’appareil en exerçant une pression avec la pompe ; puis, lorsque le bain-marie paraît assez chaud, on ouvre légèrement le robinet S; le thermomètre monte; dès qu’il atteint 60°, par exemple, on ouvre davantage le robinet, et c’est alors seulement qu'on reçoit le vin dans le tonneau vide. Un homme fait manœuvrer la pompe, pendant qu’un autre soigne l’appareil à chauffage et règle l'écoulement du vin à l’aide du robinet, en surveillant le thermomètre.
Lorsque, l'opération terminée, on veut nettoyer l'appareil, on dévisse. la soupape o (fig. 53) et à sa place on adapte l'extrémité du tube e; un courant de vapeur traverse alors tout l'appareil en sens inverse de la marche du vin, et entraîne les dépôts qui ont pu se former dans les tuyaux.
Voici des nombres qui donneront une idée des résultats écono-
miques de cet appareil : | PRIX NOMBRE
avec tous d’hectolitres chauffés les accessoires. à l'heure à 60°.
Grand appareil . . . . .. 1.200 fr. 10 Appareil moyen. . . . .. 450 5 Petit appareil... .. 220 moins de 1 hectol.
Le grand appareil prenant le vin vers 15°, et le portant à 60°, le refroidit vers 32°. Il dépense 5 kilogrammes de charbon par heure, soit 1 centime 1/2 par hectolitre ; son diamètre à la base est de 02,50, sa hauteur totale 2 mètres. Le poids total de l'appareil avec la pompe et les accessoires ne dépasse pas 230 kilogrammes.
Cet appareil présente les propriétés générales des appareils à bainmarie, à circulation continue avec réfrigérants (p. 279).
Il est très remarquable par un rendement à l’heure considérable, eu égard à son volume : ce n’est pas que les surfaces en soient très développées, puisque la surface de chauffe du grand modèle n’atteint que 0 mètre carré 75, et que la surface des 40 petits tubes n’atteint pas 1 mètre carré; mais la boîte à feu a un volume considérable, égal aux + du volume total du caléfacteur : dès lors le volume V des gaz de la combustion produit dans une heure est très grand, d’où résulte
in fort rendement à l’heure (p. 279), avec une dépense en charbon un u plus forte que si les surfaces se développaient davantage aux pens de la capacité de la boîte à feu. Aussi est-ce un appareil mmode, très portatif, et dont la manœuvre est facilitée par diverses ces accessoires ingénieusement combinées ; il est essentiellement plicable à l’industrie agricole (!). Peut-être cependant n'est-il pas très ile de le faire réparer par un ouvrier peu expérimenté, à cause des rticularités de construction qu’il présente. Peut-être aussi la faible apacité du bain-marie et le petit diamètre des tubes où circule le vin ont-ils un obstacle à la parfaite régularité du fonctionnement de appareil ; enfin il serait à désirer que les surfaces internes des petits bes où circule le vin pussent être étamées avec soin (?).
MM. Perrier frères ont construit, depuis 1869, des appareils du nême genre. Le caléfacteur se compose (fig. 55) : 1° D’un foyer P surmonté de tubes droits FFF, qui communiquent ec la cheminée de dégagement G;
2 D'un bain-marie C de forme cylindrique, qui entoure complétement les tubes et le foyer; . 3° D'un serpentin S' qui communique inférieurement avec le cylindre central M.
La partie principale du réfrigérant R est un serpentin S semblable au serpentin S'. Ce serpentin est compris entre deux cylindres, de # sorte que l’espace compris entre ses spires forme un deuxième ser-
pr parallèle au premier.
4 1. M. Terrel des Chênes fait remarquer avec raison qu’on pourrait, en enlevant le réfri- … gérant, utiliser le caléfacteur pour réchauffer vers 25° le moût de raisin en fermentation
3 lorsque la température est trop basse, et activer ainsi la fermentation. Des essais qu'il a faits
. en Hongrie lui ont donné de bons résultats avec une dépense insignifiante.
… 2. Pasteur écrivit à M. Terrel des Chênes qui lui avait fait connaître l’appareil dont il vient
d’être question :
__ « Alais, le 4 mai 1868.
— « Monsieur, je recois votre lettre à Alais (Gard) où j'ai continué mes études sur les … maladies des vers à soie. Je vous félicite bien de vous occuper de la question qui m’a occupé
moi-même et d'avoir imaginé un appareil dont vous êtes très satisfait ce qui doit être la … preuve de son efficacité. Votre offre gracieuse d'associer mon nom au vôtre m'a fort touché mais vous connaissez mon éloignement pour tout ce qui franchit la limite scientifique dans les questions auxquelles j'ai consacré mes efforts. Permettez-moi donc de refuser votre aimable invitation.
. La dénomination œnotherme me paraît fort bien choisie et en y ajoutant votre nom seul — rous agirez avec justice et de façon à recommander votre appareil comme il le mérite d’après tous les avantages que vous m'indiquer.
… « Je regrette bien de ne pouvoir causer avec vous plus longuement. Je ne saurais vous dire combien je suis occupé en ce moment.
#4 Veuillez agréer, etc. »
Signé : L. PASTEUR.
(Note de l'Édition.)
par l’entonnoir e. On allume le feu. Le vin, amené à l’aide d’une pompe ou de tout autre moyen dans le réservoir T, est chassé par sam
ti | |
C. Durs Échelle : 1/25°. | FiG. 55. — Appareil de MM. Perrier frères, chauffant 15 hectolitres à l'heure.
propre pression dans l’appareil, pourvu qu’on ouvre le robinet A et les deux robinets 7! r" qui servent à laisser échapper l’air : il pénètre en A dans le serpentin $S, passe de là dans le serpentin S' par le tube de
nmunication B; puis. il monte dans la colonne M ; celle-ci remplie, ferme le robinet r'; le liquide redescend alors entre les spires du pentin du itétant: s ces spires étant remplies, on ferme le inet 7".
- Lorsque l’eau du bain-marie paraît suffisamment chaude, on ouvre èrement le robinet E ; le thermomètre t' monte ; quand il atteint 60°, ouvrant plus ou moins le robinet E, on le maintient à cette tempéture ; mais, comme les premières portions du vin qui sortent n’ont pas bi Vaction de la chaleur, on ne recueille le vin dans les fûts que rsqu'on a laissé écouler une portion de vin correspondant au volume compris entre les spires du serpentin S du réfrigérant. Les flèches arquées sur la figure indiquent suffisamment la marche du vin.
S> L'opération terminée, on ouvre les robinets E, r., r!, r' et on dévisse le tube en À pour vider complétement de vin le caléfacteur et le réfri- “gérant, après avoir eu soin d’éteindre le feu ; on vide le bain-marie par robinet r.
Quelques nombres donneront une idée du rendement de ce système Ppparvile : :
DIAMÈTRE APPAREILS PRIX du cylindre chauffant à 60° CNE en francs du caléfacteur
en centimètres
2 hect. à l'heure » 30
gg — 800 50
dr Au. — 1.200 60 45 — 1.600 85 FRS — » 94 D | ï —— » 115
L'appareil de 30 hectolitres est à serpentin double, celui de 50 à C serpentin triple.
Le vin, entrant dans ces Appareils : à 15° et chauffé à 60°, se refroidit
+ un Terrel des Chênes ; “il produit un peu moins dans le mème temps, à volume égal, bien que les surfaces de chauffe 4 soient
des Chènes, d’un égal rendement; dans le premier cependant, la surface de la boîte à feu est d’environ 1*,50; la surface du serpentin du caléfacteur atteint 2 mètres ; celle du serpentin du réfrigérant 2",50 environ; elles dépassent donc sensiblement les surfaces corres-
pondantes de l'appareil Terrel des Chênes. Cette différence dans les résultats tient au volume de la boîte à feu qui ést relativement"
M DT Il
| Ci
sn Joull
Po ER
Échelle : 1/25e.
Fire. 56. — Appareil de MM, Giret et Vinas, chauffant 10 hectolitres à l'heure.
moindre dans l'appareil Perrier que dans l’appareil qui précède : de là un rendement à l’heure moins considérable, mais aussi une petite économie de combustible par hectolitre chauffé (p. 279).
Dans l'appareil de MM. Perrier, la grande capacité du bain-marie,
volume assez grand du serpentin qui contient le vin chaud, la tion assez forte des deux serpentins évitent les irrégularités du uflage. La boîte centrale M de grande capacité, où le vin se rend int d'aller au réfrigérant, contribue encore à cette régularité, en lant toutes les parties du vin chauffé, leur faisant prendre la tempére convenable, et les maintenant à cette température pendant ez de temps pour qu’il n’y ait aucun doute sur la destruction des rmes. Quant au réfrigérant de l’appareil Perrier, il est facile, tant les résultats obtenus que par le calcul des surfaces, de s’assurer il est très énergique. Le diamètre assez fort des serpentins où ule le vin permet de les étamer avec soin, de les a et de les arer assez facilement.
L'appareil de MM. Giret et Vinas, de Béziers (fig. 56), a beaucoup ialogie avec celui de MM. Perrier, et pour la forme et pour les priétés ; il date de 1866.
La boîte à feu P avec tubes F F du caléfacteur C est identique our la forme à celle de l’appareil précédent; il en est de même du i-marie C; mais le cylindre du bain-marie est fixé sur le foyer à de de deux rebords entre lesquels est une bande de toile trempée 15 de la colle de farine : ces deux rebords sont pressés par des ces en fer g; de sorte que ce cylindre peut se démonter facilement. caisse M M où circule le vin a une forme simple qu’il importe de rquer ; elle est formée de deux cylindres concentriques reliés en t et en bas par deux rondelles annulaires.
. Le réfrigérant R R est formé d’un cylindre contenant une caisse térieure N N, identique à la précédente. Le couvercle du cylindre térieur est mobile et fixé au cylindre par une disposition g! semlable à celle qui relie le foyer du caléfacteur au bain-marie, c’estdire à l’aide de rebords et de pinces en fer. Toutes les surfaces en ontact avec le vin sont étamées.
. Lé vin sort du réservoir T par le tube A pour se rendre dans la isse N N, qu'il parcourt de bas en haut; puis il passe par le tube B ans la caisse M M, sort en B/ après avoir été chauffé, rencontre le thermomètre { qui en indique la température maxima, repasse dans le dindre D, où il se refroidit en parcourant de haut en bas la boîte térieure, et sort en r, pour se rendre au tonneau.
. Les robinets r, r!, r, servent à vider l’appareil après l’opération.
… Les tubes terminés par un entonnoir qui prennent naissance en B et en D servent au dégagement de l’air et des gaz.
Les nombres suivants donneront une idée de la valeur pratique de cet appareil :
DIAMÈTRE ne ae éolien US 4 hect. à l'heure 400 »
2 —— 500 20 A —— 700 32 6 — 900 41 sc - — | 1.100 54 10 —- 1.300 56 12 — 1.500 60.
Cet appareil, avons-nous dit, est très comparable au précédent par sa forme, la grandeur relative de ses surfaces, la disposition de ses diverses parties ; aussi les prix, les rendements, les ee en combustible sont très analogues de part et d’autre. ;
L'effet du réfrigérant doit être un peu moindre ici que dans l'appareil Perrier, parce que la surface de séparation du vin qui entre et du vin qui sort est notablement moindre; d’autre part, la portion du
liquide en mouvement en contact avec la surface métallique se renou- . velle moins rapidement dans une colonne verticale que dans un tube
sinueux; à égalité de surface, le serpentin agira donc plus énergiquement que les surfaces cylindriques. Mais, d’autre part, il y a moins de résistances à la circulation du vin dans les boîtes de l’appareil de MM. Giret et Vinas que dans les serpentins de l'appareil de MM. Perrier, à cause des sinuosités que présentent ces serpentins. L'appareil de
MM. Giret et Vinas, de construction simple, se démonte très faci-
lement; l’intérieur peut être visité sans trop de peine; les surfaces peuvent être étamées à nouveau toutes les fois qu’il est nécessaire ; ces boîtes intérieures formées de cylindres concentriques qui distinguent cet appareil nous paraissent donc heureusement | imaginées.
Les trois appareils dont nous venons de parler sont essentiellement industriels ; chacun offre des avantages particuliers, mais différents ; aussi ont-ils été généralement appréciés des praticiens, comme le prouvent les récompenses qu'ils ont obtenues dans divers concours : celui de MM. Giret et Vinas en particulier a obtenu en 1870 le prix de 3000 francs proposé par la Société d'encouragement pour « les meilleurs appareils de chauffage et de conservation des vins(1) ». L'appareil de MM. Perrier a obtenu un prix au concours agricole d'Aix et un
autre à celui de Narbonne en 1869. Trois médailles d’or ont été. décernées dans diverses expositions agricoles à celui de M. Terrel des
Chênes.
1. Voir la note de la p. 272 du présent volume. (Note de l'Édition.)
ON PE ne Ut hé + v —: Nés