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INTRODUCTION

Un homme desprit qui na besoin des .

conseils de personne, amateur éclairé du XVIIl^ siècle Jusqu'en ses moindres bagatelles, m* a fait Vhonneur de me consulter sur Vidée de réimprimer ces deu^ petits volumes. Imprimés une pre- , mière fois à Genève, en 1758, à quelques exemplaires, et destinés par V auteur à ne pas sortir dun cercle damis, ils peuvent passer encore aujourd'hui

pour à peu près incormusi et c'est un premier mérite. Ils renferment tf ailleurs asse:{ d'observations délicates et ^finement exprimées pour plaire à ceux qui goûtent partout la justesse. Enfin, ils éclairent d'un rayon déplus un côté toujours amusant du XVIII* siècle, la manie de la dissertation prêcheuse : les principes, les mœurs, la sensibilité, tous ces mots caractéristiques de lépoque, abondent à chaque page; c'est un aimable monument du ridicule d'un temps qui s'est montré impitoyable pour tous les ridicules, et flatté plus qu'aucun autre de n'en avoir aucun. Nous avons pensé, et l'éditeur a cru comme nous, qu'on pouvait hasarder sans trop de risque celte publication, en la relevant de l'élégance et du soin qui conviennent à ces précieuses raretés.

Avec toute la galanterie dont je suis

(vn)

capable, je ne saurais, en vérité, ranger M^ ctÉpinqy parmi les écrivains dont il nest permis de rien ignorer. Cepenrdant son nom^ rafraîchi depuis cinq ou six ans par la réédition de ses Mé^ moires, est de ceux qui excitent la eu-riosité, et il donne quelque prix à tout ce qu'elle a fait. Tout mérite à part, c'est beaucoup pour elle de s être accrochée \ en passant à un grand homme. Que \ serait-elle, malgré l'énorme roman doù \ . Von a extrait la matière de ce qu'il est convenu d appeler ses Mémoires, sans ses relations avec Rousseau? Et ces Mémoires eux-mêmes, avec l'agrément qu'on ne peut refuser d'y reconnaître et les nombreuses qualités que certains critiques y ont complaisamment découdvertes, combien l'intérêt en serait dimi-nué s ils ne se rattachaient à la crise la

plus décisive de la vie du philosophe de I. a

( vin )

Genève! AT"® dËpinay a le bonheur dêtre partie au procès dans lequel éclate la grande scission de l'esprit philosophique; elle a eu l'heureuse idée de rassembler, elle aussi, bien entendu pour se donner gain de cause, les pièces du dossier. Elle a composé son plaidoyer comme Rousseau, et les personnages qui figurent dans l'un figurent aussi dans l'autre; elle lutte avec Rousseau de courage dans les confidences; elle porte comme lui la franchise jusqu'à l'héroïsme, — les impertinents disent jusqu'au cynisme, — en prenant toutefois, comme lui, habilement ses mesures pour ne pas se faire tort et pour se parer des mêmes vertus. Sauf le génie de ïécrivain, ses Mémoires sont la contre-partie des Q)nfessions, et c'est asse\ : cette concurrence la grandit infiniment, et consacre, en quel-

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