‹ ŒuvresChapitre 148 sur 429 · SCENE XVI M. DE CRAC, SAINT-BRICE · texte numérisé non relu

SCENE XVI M. DE CRAC, SAINT-BRICE

BAINT-nniCB.

Vous avez pour voisins des gens pleins de mérite.

H. DE CRiC.

La peste! je lé crois : du pays c'est l'élite.

Gentilshommes, Dieu sait ! tous deux sont mes vassaux.

Vous voyez que pourtant je les traite en égaux.

Mais quoi I cour m'amuser j'aimè bien mieux descendre.

Et je n'ai point l'orgueil dé ce jeune Âlésandre,

Qui pour rivaux, dit-on, né voulait que des rois :

Comme dé vrais amis nous vivons tous les trois.

SAINT-BRICE

Le plus jeune des deux me paraît Tort aimable.

Verdac est d'une humeur encor plus agréable. II vous écoute au moins,

SAINT-BEICK,

Et surtout il vous croit.

U. DE CRAC

Au lieu que Franchéval est souvent distrait, froid.

SAIHT-BRICE.

Il paraît empressé prés de mademoiselle.

M. DE CRAC

C'est bien gratuitement qu'il soupiré pour elle. Ha flile né veut pas du tout se marier.

SAINT-BHICE.

Est-il possible?

H. DE CH&C

Eh 1 oui, rien n'est plus singulier :

Lucile a réfusé vingt partis d'importance ;

(a ronlUe.) Lé fils du gouverneur. Là-dessus je la tance : Je né puis davantage ; et l'honneur mé défend Dé faire violence au cceur dé mon enfant.

li faut que je l'avoue.

Je né puis la louer ; mais j'aime qu on la loue.

H. DE CRAC

C'est qu'elle a tout, monsieur : elle est belle d'abord ; Elle a les plus beaux yeux !

H. DE CRAC

Oui, j'en tombe d'accord.

Verdac, petit flatteur, dit qu'elle mé ressemble.

11 a raison : elle a de vos traits...

Oui, l'ensemble.

Sa mère était aussi d'une rare beauté.

Vous jugez si ma femnie était dé qualité ; Ses aïeux rémontaient aux comtes àé Bigorre. Dans cet essaim d'amans qu'elle avait fait éclore, Les Gaston, les dé Foix, surtout les d'Armagnac,

(U.-...™dril.)

Clotilde démêla lé chevalier dé Crac.

Mais tous, l'un après l'autre, il mé Tallut les vattre, Et Conquérir mon bien, comme Gt Henri-Quatrc. Si j'avais un trésor, il m'avait. bien coûté.

Celui-là ne pouvait trop cher être acheté. Si de la mère, au moins, je juge par la flUe. Ludle est, je le vois, toute votre famille?

U. DE CHAC

Eh non, vraiment, monsieur; j'ai dé plus lé bonheur D'avoir un Bis, un flis qui mé Tait grand honneur.

Bon ! il est donc absent?

H. DE CRAC

Il sert coDtré lé Russe; Mais il sert tout dé bon. Ah! lé feu roi dé Prusse Savait l'apprécier ; et lé grand Frédéric, En tait d opinion, valait tout un public. 11 admirait mon fils : J'en ai plus d'une marque. Et j'ai, sans vanité, reçu dé ce monarque Des lettres... que jamais personne né verra. Il m'écrivait un jour : « Votre cher fils sera Lé plus grand général qu'ait jamais eu l'Europe. » Je pensé que l'on peut croire â cet horoscope.

Oui, sans doute.

U. DE CHAC

11 commence à se vérifier.

A mon fib dépuis peu l'on vient dé confier

SGËHE XTl.

Un beau, mais en revanche un trëa-pëiilleux poste.

SAINT-BKICB, i part.

Ah ! le papa ment bien : il faut que je riposte. On len - "

Son nom de famille est dé Crei; :

Hais daua toute l'Europe on lé nommé d'irlac.

SAIHT-BHICB.

Ahl c'est mon ami.

H. DB CRAC

Ouol!...

Ma surprise est extrême.

D'irlac votre fils ?

H. DE CBAC.

C'est un autre moi-même.

J'en faisais très-grand cas. Jeune encore il servait Dans mes gardes.

H. DE CRAC

Dans vos...?

SAINT-BRICE, ffignant de se reprend».

Partout il me suivait.

HélHs ! pauvre d'irlac 1 sans doute Vous Bavez... pour servir voilà ce qu'il eu coûte l

Quoi...?

Vous l'ignorez 7

SÂlMT-BRICE, très-myiléneusemeill.

Contre son colonel 11 vient derniëremenl de se battre en duel.

H. DE CRAC

Et mon fils !

SAINT-BBICE.

Aussitôt votre fila s'est caché.

Quoi! mon fils se cacher! Pour mon nom quelle tache! C'est la première fois, sandis I qu'un Crac se cache.

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