‹ ŒuvresChapitre 179 sur 429 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Eh bien, mon cher monsieur, étes-voua délassé ?

Dès le moment qu'ici j'ai vu mademoiselle....

M. d'ohfeuil.

Pardon si je vous ai laissé seul avec elle.

Vous me flattez, monsieur. 11 est vrai que ma fille Lit beaucoup.

MADEMOISELLE d'oHFEUIL.

Ah ! plutdt j'écoule ce qu'on dit, Mon père, et j'ai grand soin d'en faire mon profit. Tel entretien instruit bien mieux qu'une lecture,

Monsienr t'a donc conté quelque grande aventure 1

J'aime les voyageurs : ils content volontiers ;

El moi, j'écouterais pendant des jours entiers.

Je prends le plus souvent leurs récits pour des fables ;

Car ils ont toujours vu des choses incroyables.

Èies-vous voyageur dans la force du mot?

A quelque chose près.

JUSTISE, ip.rt.

Florville n'est poiut so[.

u. d'orfeuil.

Contez-nous donc, monsieur, quelque étonnante histoire. H. d'orlange.

e voulez rien croire,

11 est bien vrai que je suis prévenu; Hais je ne vous veux pas trailer en inconnu. Allons, je vous croirai -jje le promets d'avance. J[le quel pays, monsieur, âtes-vous?

De Provence.

M. d'oufëoil.

De Provence ? Vojczl je ne l'aurais pas cru : Vous n'avez point l'accent.

En voyageant l'accent diminue et s'efface.

iia LES CflATEAlX EN ESPAGNE.

JUSTINF-, bas isa nutlresM.

11 ment Tort bien.

Avec trop d'aisance et de grâce.

H. d'okfeuil.

Vous avei donc bien vu du pajsT

H. d'orlangb.

Vous rieï, Monsieur; mais cependant, tel que vous me voyez, J'ai déjà parcouru presque l'Europe entière.

ir. d'obfeuil.

L'Europe?

JUSTINE, i part.

n n'a pas vu, je gage, la frontiire.

K. d'orfeuil.

Comment voyagez- vous?

H. d'orlange.

De toutes les Taçons, Suivant les temps, les lieux et les occa^ons ; Par eau comme par terre, à cheval, en voiture, A pied même, pour mieux observer la nature.

JUSTINE

Monsieur semble, en effet, curieux d'observer.

HADEUOISELLE d'oRFEUIL.

Et chacun en cela ne peut que l'approuver: On voit bien mieux de près.

H. d'orfeuil.

Je vous attends à table, Monsieur ; de questions d'abord je vous accable.

H. d'orlange.

De questions, monsieur? ma foi, je mangerai, Je le sens, beaucoup plus que je ne conterai. Grâce jusqu'au dessert.

Espérance bien cfaére !

J'aurais trop de re^et de ne vous voir qu'un jour, Si je n'avais du moins l'espoir d'un prompt retour.

H. d'orfeuil.

J't compte assurément : aussi bien, quand j'y pense, C est le chemin, je crois, pour aller en Provence.

Eh I mais, quand il faudrait se détourner un peu,

, . ,.Cooj^li:

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