‹ ŒuvresChapitre 272 sur 429 · SCENE IV H. DUBRIAGE, a»»; MADAME EVRARD · texte numérisé non relu

SCENE IV H. DUBRIAGE, a»»; MADAME EVRARD

MADAXF. EVRARD, à paît.

Si je puis m'y connaître,

11 est ému. Vraiment, ces enfans sont gentils.

M. DUBRIAGE.

Oui, tout-fc-fail : pour moi j'aime fort leurs babils.

308 LE VIEUX CËLiBATAIBE.

Et leurs capesses donc, naïves, enTantines !

Et puis ils ont tous deux les plus charmantes mines !...

Une grflce, un soiirire ; enfin je ne sais quoi...

Qui me plall, m'attendrit.

M. DUBmAGi:.

Urne touche, aussi, moi.

Qui ne les aimerait ? c«la n'est pas possible.

klADAMË EVRARD.

Je me dis quelquefois : i Monsieur est bon, sensible :

S'il a tant d'amitié pour les enfans d'autrui,

Qu'il aurait donc d'amour pour des enfans à lui I '>

H. DUBRIAGK, idfini-ioii.

Hélas !

HADAUK EVRARD.

Cette petite est le portrait du père.

Oui, vraiment I et Julien, il ressemble à sa mère!..,

A s'î tromper. Ces gens sont-ils assez heureux,

De voir ainsi courir et sauter autour d'eux

Leurs portraits, en un mot. comme d'autres eux-méme '

H. DUUBIAGE.

J'y pensais : ce doit être une douceur extrême.

Je ressemblais aussi beaucoup, je m'en souvien, A mon père... di^ne homme! il était assez bien... Ayant moins de richesse, hélas I que de naissance... On le félicitait sur notre ressemblance : Aussi m'aimaît-il plus que ses autres enfans...

Et puis il m'avait eue à plus de soixante ans . Je Qattais son orgueil autant que sa tendresse : Il m'appelait sauvent l'enfant de sa vieillesse.

H. DUBHIAGR,

A plus de soixante ans !

HÀDAHB EVRARD.

Oui, c'est qu'il était frais !

Et même il a vécu vingt ans encore après. Allons ! TOUS retombez dans votre rêverie.

Il est vrai.

Hais v<

i m, SCENE IV.

Si fait : voua aies triste : oh ! Je le yois fort bien... Au surplus, chacun a ses embarras, aes peines... Moi qui vous parle, eh bien, j'ai moi-même les miennes.

Qui? voua, madame Evrard 1

Ambroise me tourmente : il désire, en deux mots. Qu'avant peu, que demain, je devienne sa femme.

K ÉVR,

Je dis qu'Ambroise m'aime et me veut épouser. Depuis plus de deux ans je sais le refuser. J^éiude chaque jour une nouvelle instance, Crojant que mes délais lasseront sa constunce: Mon ; loin de s'attiédir, son ardeur va croissant. Hais aujourd'hui surtout il devient plus pressant ; 11 insiste ; et vraiment je ne sais plus que faire : Je viens vous demander conseil sur cette affaire.

Eh ! mais, je ne sais trop quel conseil vous donner. Car enfin ce parti n'est pas à dédaigner : Ambroise est, après tout, un parfait honnête homme, Homme d'honneur, de sens, excellent Économe.

Oui, TOUS avez raison ; et, pour la probité, Ambroise assurément sera toujours cité : Mais il parle d'bjmen : la chose est sérieuse. Je crains, je l'avoûrai, de n'être pas heureuse.

H. DUBR1\GE.

Et pourquoi t

Je ne sais... tenez, c'est qu'entre nous, On peut être honnête homme et fort mauvais époux. Ambroise est quelquefois d'une rudesse extrême, Vous le savez : souvent il vous parle à vous-même D'un ton... I

VIEUX CÉLIBATAIRE

Un peu dur, oui ; mais tous l'adoucirez: Voue avez pour cela des moyens assurés.

Quelle tâche ! j'en suis d'arancc intimidée...

Puis... i'aïaia de l'hymen une toute autre idée :

Car j'étais faite, moi, pour un lieu si doux ;

Et... sans l'attachement, monsieur, que j'ai pour vous,

A coup sur je serais déjà remariée.

Dans mon premier hjmen je fus contrariée ;

Et, lorsque l'on m'unit au bon monsieur Evrard,

A mon penchant peut-être on eut trop peu d'égard.

A prendre un tel époux bien ^u'on m'eût su contraindre,

Vous savez cependant s'il eut lieu de se plaindre.

Si je manquai pour lui de soins, d'attention I

M. DUBllUGE.

On vous eût crus unis par inclination.

Eh bien, en pareil cas si je fus complaisante, Ju^eï, monsieur, combien je serais douce, aimante. Si j'avais un mari qui fût... là... de mon choix, Dont l'humeur me convint, en un mot.

M. LUBRIACF,.

Je le crois.

Et je ne parle pas d'un mari vain, volage...

Je n'aurais point voulu d'un jeune homme ; & cet ^e

On ne sait pas aimer.

H. nUBRIAUE.

Je l'ai toujours pensé :

Ce que tous dites lli, madame, est très sensé.

Pour mieux dire, tenez, monsieur, ^e le confesse, Pourvu qu'il eût passé la première jeunesse, Peu m'importe quel âge aurait eu mon époux ; Je parle sans détour : car enfin, entre nous, En me remariant, moi, s'il faut vous le dire. Un, deux enfans^ voilà tout ce que je désire... Il me semble déjà que j'ai là, sous les yeux, Que je vois mes enfants, le père au milieu d'eux, Souriant à noua (rois, allant de l'un à l'autre... Ohl quel ravissement serait alors le nôtre !...

(se «prenSDl,)

J entends le mien, celui du mari que j'aurais; Je parle en général, je n'ai point de regrets :

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