ACTE III, SCÈNE IV. l
Auprès de voue mon sort est trop digne d'envie ; Le ciel m'en est témoin ; j'y veux passer ma vie : Nul motif, nul pouvoir, ne peut m en arracher.
M. DUBRIAGE.
Qu'un tel attachement est fait pour me toucher!
MADAHE EVRARD.
Vous devez voir pour vous jusqu'où va ma tendresse. Comme au moindre signal, je vote, je m'empresse ; Comme je mets au rang des plaisirs les plus doux Celui de vous servir, d'avoir bien soin de vous. Ce n'est point l'intérêt, le devoir qui me mène ; C'est l'amilié, le cœur : cela se voit sans peine... Enfin sur le motif qui me faisait a^r On s'est mépris... au point de me faire rougir. Oui, monsieur, pour jamais, s'il faut que je le dise, La médisance ici peut m'avoir compromise : Je ne suis pas encor d'&ge à la désarmer. On me soupçonne enfln...
De quoi"?
HAt>.\ui; ëvhaiid.
De vous aimer, De vous plaire... je dis d'avoir touché votre ftme. Charle, en entrant, a cru que j'élais votre femme. Mon amitié pour vous me Tait tout supporter : C'est un plaisir de plus, et j'aime à le goftter... Hais, je vous le demande, avec un coeur sensible, Puis-je épouser...?
Non, non ! cela n'est pas possible ; Amhroise, je le sens, est indigne de vous; Le ciel ne l'a point fait pour être votre époux.
Le croyei-vous ï
Peut-être je me flatte, Et peut-être ai-je l'âme un peu trop déhcate : Lorsqu'on moi ie descends, je ne sais... je me crois Digne d'un meilleur sort. L'état où je me vois M'humilie... Ah! j'ai tort... mais malgré moi j'en plei
Obère madame Evrard I... chaque jour, à toute heure. Oui, je découvre en tous, et je m'en sens frappé,
LE VtEUX CEUBATAIRE.
Qu'est-ce qu'un entrelien, de grâce?... Ah! qne serait-ce. Si je pouvais un jour donner à mes transports *Un libre cours, monsieur I J'ose le dire : alors Combien de qualités vous pourriez reconnatlre. Que ma position empêche de paraître 1
H. di:br[age.
Ah 1 je les entrevois, et je devine assex Tout ce q^ue j'ai perdu... Mais vous me ravissez... Ai-je pu jusqu'ici négliger tant de charmes?
MADAME EVRARD
Si vous saviez combien j'ai dévoré de larmes 1
Combien j'ai soupiré, combattu cette ardeur
Qui me tourmente I Hélas! la crainte, la pudeur. ..
M. DUBRtAGE, KlcTinl et bon de lui.
"^Ah, cieî"' •■'"'■'"'*"■
M. DUBHIAGE.
Je crois qu'où sonne.
MADAME BVRAHU.
Eh biea donc, vous disiez... ? Achevez en deux mots.
M. DUBHIAGE.
C'est Ambroise.
MADAME EVRARD, à paît.
Bon Dieu! qu'il vient mal à propos 1