SCENE III
, DUBRIAGE, LADRE.
Ce garçon soulage mes ennuis :
C'est un besoin pour moi dans l'état où je suis.
LAURK, de loin, à pari, Bmepâe pur Ch&rie qui ^e retire^
Je tremble à son aspect... Dieul fais que je lui plaise.
(Baul. ™ ,',..nî.ol.)
Monsieur...
Ah, mon entant, c'est vous ! j'en suis bien use... Je De suis pas fâché de causer avec vous.
Moi même j'épiais un moment aussi doux.
11 est bien naturel que l'on cherche son maître,
Pour le voir, lui parler, se faire enfin connaître.
M. DUBKI&GE.
Vous né pouvez, je crois, qu'y gagner.
LADRE
Ah, monsieur!...
Non, c'est que vous avez le ton de la candeur, L'air sage.
U. DUBRIAGE.
Il est vrai : j'aime à vous voir dans l'âme Ces principes d'honneur, celte élévation.
LAURE
C'est l'heureux fruit, monsieur, de l'éducation : Je le garde avec soin; c'est mon seul héritage.
Oui, c'est un vrai trésor qu'un pareil avantage. Vous devez donc le jour à d'honnêtes parens?
Honnêtes, oui, monsieur; mais non pas dans le sens Quelui donnait l'orgueil ; dans le sens véritahle. Mes père et mère étaient un couple respectable, Placé dans cette classe où l'homme dédaigné Mange & peine un pain noir, de ses sueurs baigné :
jiCTEl IV, SCbl^E 111. Aiï
Où, privé tro^ souvent d'uD bien mince solaire, Un ouvrier utiie çst nommé tnerceaaire, Quand on devrait bénir ses far^ux bienfaisants ; Mes parents, en up piQt, étaient des artisans-
If. ppBBUGE.
Artisans! croye}-vqu^ quun riche oJ^iries vaille? Le plus homme dp men est celui qui travaille. Poursuivez.
LâURE.
Chaque soir, aux heiites de loisirs, A me former le cfeur ils mettaient leiirs plaisirs. Leurs préceptes étaient simples comme leur àme. « Crains Dieu, géra Ion prûcbain, et sois honnête femipe. > C'étaient Iji l^ufs seuls mots, qu'ils répétaient toujours. Leur exemple pai^l^it bien mieux que leurs discours. lU semblaient pressentir, béjas I leur fin prochaine. Depuis qu'ils ne sont plus, j'ai bien eu de la peine; Hais j'ai toujours trouvé dans l'occupation Subsistance jl )a ffti? et consolation.
U. DUBBIAGE.
Je vois que vos parents vous ont bien élevée. Quoi 1 de tous deux déjà vous êtes donc privée ?
Un cruel accident tout à coup m'a ravi Mon père ; et de bien près ma mère l'a suivi.
H. DUBIITAGR.
Perdre ainsi ses parents, de tels parents encore!. .. Car, sans les avoir vus, tous deux je les honore... Ha fille, je vous plains.
LAURE
Quel excès de bonté, Monsieur I Le ciel pourtant ne m'a pas tout 6té : 11 me reste un ami, mais un ami solide, Qui m'a jusqu'4 Paris daigné servir de guide.
M. DDBRIAGE.
Vous êtes de province 2
LAURE
Oui, de bien loin -. aussi J'ai mis dix jours entiers pour venir jusqu'ici.
(On entend une toii du dehors, ipprUnt.)
B Laurel Laure! «
Je crois qu'on m'appelle.
N'importe.
SIC LE VIEUX CHLIBATAIBE
Pour TOUS expatrier, mon enfant, de la sorte, Sans doute tous STiez un motir, un objet 7
LAUBE
Oh, oui, monsieur I voici quel en est le sujet : L'ami dont je parlais, le seul que j'aie au monde, El sur qui désormais tout mon bonheur se fonde, A dans la capitale un très proche parent : Il m'en parlait sans cesse, et toujours eu pleurant, « Oui, me dit'il un jour, vous Êtes vertueuse, Jeune, douce, surtout vous ôles malheureuse ; n doit vous secourir, et je tous le promets. » Je le crus: mon aminé me trompa jamais. Je partis avec lui, croyant suivre mon frère, Regretlant peu des lieux où n'était plus ma mère. Après dix jours de marche, enfln nous arrivons.
Eh bien?,..
Hais quel accueil, ô ciel, nous éprouvons !
M. DUBRIAGE.
Il VOUS aurait reçue avec indifférence 7
Quoi! ce proche parent...?
IS'a pas daigné nous voir.
Que dites-vous ? cet homme a donc un cœur de roche î...
Ce n'est pas le moment de lui faire un reproche. Non, il n^st point cruel ; il est humain et bon ; Et sans des étrangers, maîtres de la maison...
H. DUBRIAGK.
Il est bon, dites-vous ? Eh, c'est faiblesse pure ! Rien doit-il, rien peut-il étouffer la nature? Je veux voir ce parent ; ensemble nous irons : Cet homme est mftexible, ou nous l'attendrirons.
LAUBE
Ah I monsieur, je commence à le croire possible : Je me flatte, en effet, qu'il n'est point accessible ; Et fût-il contre nous encore plus aigri, Oui, nous l'attendrirons : je vous vois attendri!
D,g,ucdb,G00'gIc