‹ ŒuvresChapitre 367 sur 429 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

FOBMONT, D'HÉRICOURT.

n faut que je m'explique avec v Monsieur.

d'héhicourt.

Voua expliquer ? mais sur quoi, je tous prie ?

FOHMONT,

Et sur qui, si ce n'est sur une sœur chérie? Mon cœur est plein, il a besoin de s'épancher. Près de Sophie enfin que venez-vous chercher? Que lui voulez-vous?

b'héhicouht.

Moi? la demande est nouvelle Ce que l'on veut auprès de femme jeune et belle, Lavoir, faire ma cour, le plus souvent...

Oh I oui.

Très souvent, je le vols : car voici d'aujourd'hui Cinq visites, monsieur, seulement...

Je le crois, puisque vous me le dites. Je ne les compte pas, et j'ose me flatter Que votre chère sœur est loin de les cornpler. Partout je vais, je suis accueilli de la sorte :

433 LES ÏICEIIRS DU JOCR.

Si toute femme aimable allait fermer sa porte Aux jeunes gens, près d'elle empressés d'accourir, Ce monde, en venté, serait triste à mourir,

FOBUONT.

Ah I de grâce I laissez tout ce vain badinage.

Simple dans mes actions, et franc dans mon langage,

Je vous donne l'exemple, imitez-moi. — Monsieur !

Si je ne vous voyais prodiguer à ma sœur

Que ces hommages vains, et légers et futiles,

Je vous épargnerais des plaintes Inutiles.

Hais est-ce bien cela dont il est question ?

Et n'est-il pas certain qu'en toute occasion.

Comme si vous pouviez avoir quelque espérance.

Vous mettez à la suivre une persévérance

Qui frappe tous les yeux? Le nirez-vousî

D'HÉmcOUfiT.

Pourquoi ?

Un choix si beau n'a rien que de flatteur pour moi. Si chérir, préférer un objet tout aimable. Est un crime à vos yeux, alors je suis coupable. Mais bon ! tout autrement vous en ]}ourriez juger. Si vous étiez, mon cher, un peu moins étranger Aux usages d'ici ; moins sévère et plus sage, Voussauriez...

FOflMOST.

Oui, je suis peu fait à maint usage.

Mais quoi ? tout étranger, tout campagnard qu'on soit, L'on a du sens, l'on a de bons yeux, et l'on voit... L'on voit où, par degrés, vous voulez nous conduire. Vous n'avez d'autre but ici que de séduire... Séduire ! tendre un piège à la crédulité ! Est-ce de la franchise et de la loyauté 7

En quoi donc, par hasard, seraient- elles blessées? Vous supposez aux gens des arrière-pensées, Des calculs, des complots enfin d'une noirceur... I Moi je cherche à distraire, égayer votre sœur ; J'y réussis.

Cela se peut ; au fait, que m'importe un tel soin ? Je ne redoute pas les maris de si loin.

lant que Qu'elle écoute sa voix, elle entendra la mienne. Oui, je serai toujours entre Sophie et vous. Et je lui parlerai loujours de son époux. Hais contre qui, monsieur, faudra-l-il la défendre 1 Contre vous, son ami, si délicat, si tendre I Vous, en tout autres cas, généreux, plein d'honneur, Vous Toudriezlrouliler, détruire son bonheur ! C'est le sort qui l'aitend : pour avoir su vous plaire, Trop crédule, elle aurait recueilli pour salaire L'abandon, le mépris, des regrets éternels ; Car ce sont là vos jeux, à vous lous ; jeux cruels! Mais vous n'êtes point fait pour de pareilles trames. Eh! monsieur d'Héricourt! il esl tant d'aulres femmes Belles, et qui pourront disposer de leur foi! Laissez en paix ma sœur, et son époux et moi. Ce discours vif, mais franc, ne saurait vous déplaire, Vous diriez tout cela si vous étiez son frère.

Oui, vous avez raison de défendre une sœur. Quand vous y mettriez un peu trop de chaleur, Rien n'est plus naturel, et tout vous justifie.

Mais jugez mieux de moi, jugez mieux de Sophie. (n son.)

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