ACTE lu, SCÈNE V
Et c'était, vojeZ'TOUs, mes troupes les meilleures. Je me battis encor pendant trente-six heures : Enfin, je fuis, toujours disputant le terrain ; De fleuve en fleuve, ainsi, j'arrive jusqu'au Rhin ; J'y saule tout armé ; je viens dans l'espérance De trouver un asile et des secours en France.
0 ciel! est- il passible ? en croirai-je mes yeux ?
GÉLON
Hais j'ai mis à proBt des moments précieux : J'ai choisi dans la France une centaine d'hommes. Oh ! mais, de braves gens, comme vous et moi sommes; Ils sont prêts à partir, et moi, je pars demain. Je veux tenter encor, là-bas, un coup de main ; Car je ne manque pas de soldats qui m'attendent : . Je manque... vojez-ïous, de chefs qui les commandent. Dix mille hommes, avec des officiers français, Moi, je les mène au diable, et réponds du succès. Mais, pour mon lieutenant, j'avais besoin d'un homme: Je l'ai trouvé, Raimond, et c'est vous que je nomme.
SjLIUOND.
Hoi, Monsieur?
GÉLON
Vous, mon cher. J'ai de bons yeux ; allez, Je m'^ cannais, je sens toul ce que vous valez: Ahl diable 1 la valeur et la prudence unies I..,
Hais...
GÉLON
Je puis même offrir à vous deux compagnies, Pour deux de vos amis : disposez ; maintenant, Vous voilà toul armé ; marchons, mon lieutenant.
11 est tout étourdi de ce conte bizarre.
RAiaOND (à put).
La botte est vigoureuse, il faut que je la pare.
GÉLON
Vous balancez, Raimond î
Oh! non. C'est lui, c'est lui!
C'est moi, sans doute.
RAIMOND
Enfin 1 je rencontre aujourd'hui l'asswati'Oglm!...
■ALICE POUR HAUCB.
Cet ennemi mortel de toute ma Tamille t
GÊLON.
Hoi, l'ennemi?...
KArHOND.
Toi-même, oui, vainqueur inhumain !
Cinq frères que j'avais, ont péri de la main ; Un autre, échappé seul à cette boucherie. M'est venu raconter ce trait de barbarie. De douleur, en mes bras, mes jeux l'ont vu mourir ; Et moi, dans ce moment, je jurai de périr, Ou de venger sur toi mes six frères.
GÉLON
Qu'enlends-joî Dieu 1 tu me fais frémir par ce récit étrange. i'aurais eu le malheur, Haimond, de l'arracher ?...
Oui, cruel ! Je parlais, et je t'allais chercher. Et fOt-ce au bouldu monde... Enfin, je lo rencontre; El, par le ciel vengeur !. .. vengeur, car il le montre. Je ne le laisse pas échapper.
GËLOH.
Jeune ami I
BAIHOND.
Ton ami, monstre affreux ! toi, qui m'aa tout ravi. Bourreau de tous les miens l...
GËLON.
Vous vous trompez, sans doute.
Écoatez-moi, de grâce ; il faut. . .
HAIUOHD.
Toi-même; écoute.
L'occasion ici s'of^e, et je la saisis : J'ai quatre piatolets : ils sont chargés ; choisis.
Viens h trente pas : la nuit est belle et claire ; Viens, donne-moi la mort, ou reçois ton salaire. Hé bien?
GÉLOK.
Moi, de sang-froid jamais je n'atlaquai.
BAIHOND.
Défends-toi.
ACTB III, SCÈNE V.
N'es-tu pas, en deux mots, Passioan-Oglou i
GËLON (reprend lan accent naturel).
Non, certes :
C'est un déguisement.
RAIUOHD.
Ah ! lu te déconcertes.
GÉLON
Eh 1 non, j'ai pris ma part d'un jeu fort innocent ..
Oui I tu Teux, je le vois, déguiser ion accent, Afin de te soustraire à nia juste querelle.
Je reviens, au contraire, à ma voix naturelle. C'est un tour, je vous dis, qu'on voulait vous jouer, CherRaimond; et moi-même, il le faut avouer,...
RAIUOND.
Barbare 1 c'est ei
GÉLON
Je ne suis point barbare.
Je suis un bon enfanl, et je voua le déclare, Habitant d'un castel voisin, dans le vallon, Ami de la famille : on m'appelle Gélon.
KAIUOMD.
Quoi ! tu ne serais point Passwan-Oglou?
GÉLON
Je meure, Si je ne suis Gélon 1