‹ ŒuvresChapitre 423 sur 429 · ACTE lu, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE lu, SCÈNE V

Et c'était, vojeZ'TOUs, mes troupes les meilleures. Je me battis encor pendant trente-six heures : Enfin, je fuis, toujours disputant le terrain ; De fleuve en fleuve, ainsi, j'arrive jusqu'au Rhin ; J'y saule tout armé ; je viens dans l'espérance De trouver un asile et des secours en France.

0 ciel! est- il passible ? en croirai-je mes yeux ?

GÉLON

Hais j'ai mis à proBt des moments précieux : J'ai choisi dans la France une centaine d'hommes. Oh ! mais, de braves gens, comme vous et moi sommes; Ils sont prêts à partir, et moi, je pars demain. Je veux tenter encor, là-bas, un coup de main ; Car je ne manque pas de soldats qui m'attendent : . Je manque... vojez-ïous, de chefs qui les commandent. Dix mille hommes, avec des officiers français, Moi, je les mène au diable, et réponds du succès. Mais, pour mon lieutenant, j'avais besoin d'un homme: Je l'ai trouvé, Raimond, et c'est vous que je nomme.

SjLIUOND.

Hoi, Monsieur?

GÉLON

Vous, mon cher. J'ai de bons yeux ; allez, Je m'^ cannais, je sens toul ce que vous valez: Ahl diable 1 la valeur et la prudence unies I..,

Hais...

GÉLON

Je puis même offrir à vous deux compagnies, Pour deux de vos amis : disposez ; maintenant, Vous voilà toul armé ; marchons, mon lieutenant.

11 est tout étourdi de ce conte bizarre.

RAiaOND (à put).

La botte est vigoureuse, il faut que je la pare.

GÉLON

Vous balancez, Raimond î

Oh! non. C'est lui, c'est lui!

C'est moi, sans doute.

RAIMOND

Enfin 1 je rencontre aujourd'hui l'asswati'Oglm!...

■ALICE POUR HAUCB.

Cet ennemi mortel de toute ma Tamille t

GÊLON.

Hoi, l'ennemi?...

KArHOND.

Toi-même, oui, vainqueur inhumain !

Cinq frères que j'avais, ont péri de la main ; Un autre, échappé seul à cette boucherie. M'est venu raconter ce trait de barbarie. De douleur, en mes bras, mes jeux l'ont vu mourir ; Et moi, dans ce moment, je jurai de périr, Ou de venger sur toi mes six frères.

GÉLON

Qu'enlends-joî Dieu 1 tu me fais frémir par ce récit étrange. i'aurais eu le malheur, Haimond, de l'arracher ?...

Oui, cruel ! Je parlais, et je t'allais chercher. Et fOt-ce au bouldu monde... Enfin, je lo rencontre; El, par le ciel vengeur !. .. vengeur, car il le montre. Je ne le laisse pas échapper.

GËLOH.

Jeune ami I

BAIHOND.

Ton ami, monstre affreux ! toi, qui m'aa tout ravi. Bourreau de tous les miens l...

GËLON.

Vous vous trompez, sans doute.

Écoatez-moi, de grâce ; il faut. . .

HAIUOHD.

Toi-même; écoute.

L'occasion ici s'of^e, et je la saisis : J'ai quatre piatolets : ils sont chargés ; choisis.

Viens h trente pas : la nuit est belle et claire ; Viens, donne-moi la mort, ou reçois ton salaire. Hé bien?

GÉLOK.

Moi, de sang-froid jamais je n'atlaquai.

BAIHOND.

Défends-toi.

ACTB III, SCÈNE V.

N'es-tu pas, en deux mots, Passioan-Oglou i

GËLON (reprend lan accent naturel).

Non, certes :

C'est un déguisement.

RAIUOHD.

Ah ! lu te déconcertes.

GÉLON

Eh 1 non, j'ai pris ma part d'un jeu fort innocent ..

Oui I tu Teux, je le vois, déguiser ion accent, Afin de te soustraire à nia juste querelle.

Je reviens, au contraire, à ma voix naturelle. C'est un tour, je vous dis, qu'on voulait vous jouer, CherRaimond; et moi-même, il le faut avouer,...

RAIUOND.

Barbare 1 c'est ei

GÉLON

Je ne suis point barbare.

Je suis un bon enfanl, et je voua le déclare, Habitant d'un castel voisin, dans le vallon, Ami de la famille : on m'appelle Gélon.

KAIUOMD.

Quoi ! tu ne serais point Passwan-Oglou?

GÉLON

Je meure, Si je ne suis Gélon 1

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