‹ ŒuvresChapitre 105 sur 202 · JANE GRAY, CLARICE · texte numérisé non relu

JANE GRAY, CLARICE

JANE GRAY. Je FCvois ma Clarice après deux ans d'absence,

Tous les biens à la fois combîeat mon espérance ;

Du bonheur loin de toi je ne pouva^'s jouir :

Ah ! te le confier, c'est deux fois le sentir ! CLARICE. J'ai vécu pour t'aimer depuis que je respire,

Et ma raison accroît chaque jour ton empire.

Tu le sais ; orpheline à la fleur de mes ans,

Seule tu captivas mes plus chers sentiments;

Mais conduite à Dublin par la sœur de mon père ,

Je voulais voir en elle une seconde mère ,

Et lui rendais des soins dont la touchante erreur

Me donnait des devoirs à défaut de bonheur;

Libre , hélas ! par sa mort, ma vie est consacrée

A suivre les destins d'une amie aiorée ;

Ton bonheur à mes yeux désormais suffira,

Et mon sort à jamais de ton sort dépendra.

Hier je te cherchais ; mais, dans cette journée ,

A de tristes devoirs je te sus enchaînée.

Edouard ..

JANE GRAY. Il cst Vrai , de ce malheureux roi ,

Hier, j'accompagnai le funèbre convoi ;

J'ai répandu des pleurs sur cette destinée ,

Que les arrêts du ciel ont si tôt terminée.

Mais que fait la jeunesse, à l'instant ou la mort

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