JANE GRAY, CLARICE
JANE GRAY. Je FCvois ma Clarice après deux ans d'absence,
Tous les biens à la fois combîeat mon espérance ;
Du bonheur loin de toi je ne pouva^'s jouir :
Ah ! te le confier, c'est deux fois le sentir ! CLARICE. J'ai vécu pour t'aimer depuis que je respire,
Et ma raison accroît chaque jour ton empire.
Tu le sais ; orpheline à la fleur de mes ans,
Seule tu captivas mes plus chers sentiments;
Mais conduite à Dublin par la sœur de mon père ,
Je voulais voir en elle une seconde mère ,
Et lui rendais des soins dont la touchante erreur
Me donnait des devoirs à défaut de bonheur;
Libre , hélas ! par sa mort, ma vie est consacrée
A suivre les destins d'une amie aiorée ;
Ton bonheur à mes yeux désormais suffira,
Et mon sort à jamais de ton sort dépendra.
Hier je te cherchais ; mais, dans cette journée ,
A de tristes devoirs je te sus enchaînée.
Edouard ..
JANE GRAY. Il cst Vrai , de ce malheureux roi ,
Hier, j'accompagnai le funèbre convoi ;
J'ai répandu des pleurs sur cette destinée ,
Que les arrêts du ciel ont si tôt terminée.
Mais que fait la jeunesse, à l'instant ou la mort