‹ ŒuvresChapitre 117 sur 202 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

« Soldats, s'écria-t-il, qui voudriez priver

« Une reine du rang qu'elle doit conserver,

« A la foi catholique êtes- vous tous rebelles?

« N'ai-je devant les yeux que de vils infidèles?

« A leur sort malheureux qu'ils soient abandonnés !

« Mais, chérissant la loi dans laquelle ils sont nés,

« Si quelques uns de vous redoutent Tanathème

« Lancé dans cet instant par la voix de Dieu même,

a Qu'ils repoussent loin d'eux d'inévitables maux,

« En quittant à l'instant leurs coupables drapeaux ;

« Je leur promets de Dieu réternelle clémence,

« Ou viens leur annoncer pour jamais sa vengeance/»

Les timides esprits que la réflexion

Ne défendit jamais contre l'illusion,

Frappés de cette voix qui leur faisait entendre

De vains discours auxquels ils auraient dû s'attendre,

Crurent d'un ange même avoir reçu l'arrêt.

Et leur désertion en fut l'affreux effet.

Northumberland, Guilfort, en vain de l'éloquence

A la raison unie essayaient la puissance ;

Le vulgaire a besoin de ne pas concevoir

Les ressorts que l'on fait agir pour l'émouvoir;

A ce qu'il n'enteni pas il se soumet d'avance, ;

Et le mystère accroît la crainte et l'espérance.

Quelque temps de Luther les disciples zélés,

Les amis que la peur n'avait point ébranlés.

Seuls ont encor tenté d'obtenir l'avantage ;

Mais le nombre a vaincu les efforts du courage.

Northumberland voulait combattre pour mourir.

Son fils a su de lui cependant obtenir

Qu'il vînt dans sa maison de troupes entourée.

Aux soldats de Marie en défendre l'entrée.

Un tel assaut ne peut long-temps se soutenir,

Et mon cœur abattu craint tout de l'avenir. JANE GRAY. Il nc pcut uous ôtcr le soutien du courage. CLABTCE. Ah ! de Marie au moins fuis, évite la rage ;

Viens en France ; permets qu'attachée à ton sort. . . JANE GBAY. Mou dcstiu cst cclui quc choisira Guilfort,

Avec lui laisse-moi décider de ma vie ;

Va, je sais me fier au cœur de mon amie...

642 JANE GBAY.

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