‹ ŒuvresChapitre 118 sur 202 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GUILFORT, JANE GRAY.

GLiLFORT. Halifax du combat fa dit l'événement ; J'en étais averti par un pressentiment : Quand tu n'appuyais pas nos vœux par ta prière, Dieu pouvait-il pour nous se montrer tutélaire ? Pembroke combattait en rival furieux, Et semblait sur moi seul avoir fixé les ytux. J'aurais au même instant satisfait sa colère, Si je n'avais pas dû commander sous mon père. Ah ! de ce père, hélas ! jusqu'où va la fureur, Depuis qu'il ne peut plus douter de son malheur ! Son regard est sans cesse attaché sur la terre : Tel serait du remords l'effrayant carcctère. Eh ! qui peut l'entraîner à cet égarement ? Pour nous sauver pourtant il n'est plus qu'un moment; Marie arrive à Londre, et Pembroke, en une heure, Malgré tous nos amis force notre demeure : Rttirons-nous en France, et qu'un avis secret A ton père, à Dublin, apprenne ce projet : Soyons tous réunis dans un séjour paisible ; Aux orages des cours qu'il soit inaccessible. Ton cœur, qui refusa ce matin le pouvoir, En abandonnera facilement l'espoir ; Et moi, qui, par respect pour les vœux de mon père, A son ambition pliais mon caractère , Quel sera mon bonheur, lorsqu'à mes vrais penchants Je pourrai d^^sormais consacrer mes instants! Ah! lorsque par l'am.our l'ame est si bien remplie. C'est lui qu'il faut charger du destin de sa vie.

jAXE GRAY. Mon cœuF avec transport partage ce désir; Mais ton père à nos vœux saura-t-il conEcntir ?

CiUiLFORT. Quel cœur ne serait pas touché par ta prière V Elle agira, crois-moi , sur Tame de mon pàe. Quand nul autre moyen ne laisse plus d'espoir, D'une touchante voix qui connaît le pouvoir? Ah! moins votre ascendani peut alors se comprendre,

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